Matériel en bon état et tarif abordable : 40 ans d’expérience

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Matériel en bon état et tarif abordable : 40 ans d’expérience

Gilles Blanchard, le président de la cuma de Mias, accompagné par Marjorie Bisquert et Damien Blanchard. (©H. Saveuse)

À Aspremont, dans les Hautes-Alpes, la cuma de Mias alterne l’achat de matériel neuf et d’occasion pour concilier attractivité du matériel et tarif horaire. Plus qu’une gestion comptable, il s’agit d’une philosophie pour son président.

Lorsqu’en 1986, cinq jeunes agriculteurs constituent la cuma de Mias c’est, comme bien souvent, pour obtenir du matériel plus gros et plus performant. Et surtout, en divisant le prix d’achat par le nombre de membres.

Quarante ans plus tard, des sillons ont creusé le visage des fondateurs. Et l’effectif s’est étoffé, puisqu’ils sont maintenant 15 adhérents. Mais la doctrine est restée la même : conserver un tarif horaire accessible pour les jeunes agriculteurs qui s’installent. Tout en maintenant un matériel en bon état.

« L’intérêt de la cuma est d’avoir accès à du bon matériel que l’on ne peut pas se payer seul. Si le tarif horaire est trop haut, on passe à côté de l’objectif. Et si le matériel n’est pas en bon état aussi », synthétise Gilles Blanchard, le président de la cuma de Mias. Sa méthode ? « Pour le gros matériel, nous calculons s’il est plus intéressant de faire les réparations ou d’acheter du matériel neuf, mais pour le petit matériel nous l’achetons toujours neuf », ajoute-t-il.

Achat neuf ou d’occasion : viser un tarif attractif

Sa politique d’investissement est simple : si le prix d’achat d’une nouvelle machine dépasse le prix d’intervention d’une entreprise, « ça ne vaut pas le coup ». L’exemple le plus significatif est certainement celui de la moissonneuse-batteuse, qui fait en moyenne 165  h/an. « Nous devions en changer. Nous avons regardé les tarifs pratiqués par rapport à nos besoins. Changer la moissonneuse-batteuse aurait fait bondir le tarif horaire de 26 €/h TTC à près de 100 €/h, c’était vraiment excessif pour nos adhérents. » Ils ont donc choisi de faire un gros entretien de l’ordre de 7 000 €, avec le changement du batteur pour une augmentation du tarif horaire de 10 €/h sur les trois prochaines années.

C’est ce principe qui a attiré Marjorie Bisquert, une jeune agricultrice installée en polyculture élevage depuis six mois. « J’utilise majoritairement le matériel de la cuma. Sans cela, je n’aurais pas les moyens de travailler et j’avoue que la maîtrise du tarif horaire est un plus. En démarrant, mes moyens ne sont pas extensibles », avoue-t-elle volontiers.

Un service garanti même en cas de panne

À noter toutefois que pour maintenir un matériel en bon état, la cuma de Mias dégage un budget spécifique tous les ans pour l’entretien des machines. Et si le matériel lâche malgré tout, elle n’hésite pas à faire intervenir une entreprise. C’est la cuma qui paye cette dernière, afin ne pas pénaliser l’adhérent. « Malgré les entretiens, il arrive que subissions des pannes. Je me souviens d’une fois où nous dû faire intervenir une entreprise pour que l’agriculteur adhérent ne perde pas sa récolte. C’est la cuma qui a payé la note », explique Gilles Blanchard. Le coût a été réparti sur l’ensemble des adhérents.

Reste à savoir si cette politique d’investissement sera maintenue dans les années à venir car Gilles Blanchard ayant pris sa retraite il y a quelques mois, il se prépare à quitter la présidence de la cuma.

Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com

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