Pour la valorisation du biogaz, un camion bientôt en tournée

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Pour la valorisation du biogaz, un camion bientôt en tournée

Dans le schéma qu’imagine Sublime énergie, l’agriculteur gère la production du biogaz à l’échelle de son système. Il mutualise la transformation en méthane et en gaz carbonique liquides, ainsi que la valorisation de ces derniers, à l’échelle d’une dizaine d’exploitations (©Entraid).

Du constat que la proximité des réseaux et un volume de production conséquent sont des conditions d’accès à la valorisation d’un biogaz produit à la ferme, Sublime énergie travaille sur une alternative basée sur la mutualisation. Explications avec Bruno Adhémar, le fondateur de la startup.

Bruno Adhémar, fondateur de la startup Sublime énergie, explique comment son entreprise propose de mutualiser la production de biogaz de petits méthaniseurs, notamment en organisant la collecte. on l’interroge autour de la valorisation du biogaz.

Quelle serait l’ambition de votre modèle de valorisation du biogaz ?

L’ambition de notre modèle est de développer un grand nombre de méthaniseurs, qui ne produisent peut-être que 40 à 70 Nm3/h de biométhane chacun, pour valoriser des biodéchets, avec un minimum de transport.

En effet, on transforme la biomasse et on exploite le digestat sur place, seul le biogaz est transporté. Or, on sait qu’aujourd’hui, des projets de cette échelle n’auraient pas de modèle économique adapté dans la filière du biométhane injecté.

Comment cela serait-il possible ?

Avec un hub qui mutualisera pour une dizaine de petites méthanisations, ce qui coûte le plus cher. C’est-à-dire toute la partie de valorisation du biogaz : son épuration, le conditionnement puis la distribution de ce méthane. Mais aussi de ce gaz carbonique issus de l’agriculture. Le producteur n’investit ainsi que dans la partie fabrication du biogaz sur sa ferme.

Ensuite, un peu comme avec le camion du laitier, on organise la collecte sur les exploitations pour alimenter le hub. Cela repose sur une liquéfaction du biogaz brut sur chaque ferme pour pouvoir le transporter. Si des traitements et du refroidissement restent nécessaires sur l’exploitation, les modules sont moins lourds et gourmands que ce qui est nécessaire pour une injection dans les réseaux. De plus, chaque producteur pourra participer à la société d’exploitation liée au hub qui lui achète son gaz et le valorise.

Quand verrons-nous une concrétisation de ce projet ?

En 2019, nous sommes partis d’une technologie qui n’existait pas. Nous avons rapidement construit des démonstrateurs en laboratoire qui prouvent que notre méthode de liquéfaction du biogaz fonctionne. Aujourd’hui, nous achevons la construction du premier démonstrateur dans une exploitation agricole, pionnière de la méthanisation en Bretagne. Nous projetons son démarrage sur le premier trimestre 2026.

L’étape suivante est prévue pour 2028. Elle consistera à rassembler la production d’une dizaine d’agriculteurs aujourd’hui en cogénération sur un hub. Ce dernier produirait ainsi 3 000 tonnes de bioGNL et 5 500 tonnes de bioCO2, sous forme liquide également.

En effet, notre solution propose aux unités actuellement en cogénération, une seconde vie après la vente d’électricité. Nous allons d’abord vers ces producteurs pour le moment. Mais je pense qu’à l’horizon 2030, nous pourrons accompagner dans des nouveaux projets, des agriculteurs qui n’ont pas de méthanisation aujourd’hui, ce qui était d’ailleurs à l’origine, le cœur du projet de la création de Sublime énergie.

Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :

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