Conflit en Iran : quel impact sur le prix du GNR et les engrais en 2026 ?

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Conflit en Iran : quel impact sur le prix du GNR et les engrais en 2026 ?

La hausse brutale du prix du GNR et de l'agriculture pèse sur la trésorerie au démarrage des chantiers. (©Entraid)

Depuis l'ouverture du conflit au Moyen-Orient le 28 février 2026, il n'y a pas un seul jour sans conséquences industrielles et économiques dans le monde. L'agriculture française n'y échappe pas. L'engrais aurait déjà pris +15 %. Explications.

La guerre elle-même, la fermeture du détroit d’Ormuz, puis les multiples attaques sur les infrastructures pétrochimiques de la région impactent l’activité agricole. Retour sur le choc pétrolier et l’impact du conflit sur le prix du GNR et l’agriculture (prix de l’engrais).

Choc pétrolier : le prix du GNR bondit de 40 % en deux semaines

La première conséquence du conflit, la plus visible et parlante pour l’agriculture, notamment la consommation énergétique du secteur, c’est bien entendu le nouveau choc pétrolier.  Le prix du baril de pétrole Brent, la référence en Europe, passant de 65 dollars avant la guerre à plus de 90 dollars le 7 mars 2026. Puis le cours du baril a brusquement évolué, atteignant les 115 dollars. Il était ce 25 mars à 95 dollars. Ainsi, le prix du GNR subit une énorme hausse. Passant de 1 211 € les 1000 l. le 1er mars 2026 à 1 711 € ce jeudi 19 mars 2026. Une augmentation de 41,29 % en deux semaines et demi. Une mauvaise nouvelle alors que nombre de chantiers démarrent fort et en avance ce printemps. Le prix moyen TTC reste haut ce 25 mars aux environ de 1 800 € les 1000 l.

Coût du carburant agricole : des différence suivant les régions

À l’heure où nous bouclons notre article, la moyenne du prix du GNR s’élève ce 25 mars aux environ de 1 800 € TTC les 1 000 l. Si on se dirige à l’intérieur des territoires, il y a une énorme inégalité en termes de coût du carburant. A titre d’exemple, la région où le prix était le plus bas le 19 mars, était le Nord-Pas-de-Calais avec 1 658 € les 1 000 l. D’un autre côté, le Languedoc-Roussillon était la région la plus chère. Le GNR atteignait les 1 783 € les 1 000 l. Cette augmentation du prix n’a d’abord pas alerté les agriculteurs. Les achats ayant été anticipés.

Vers une inflation durable des intrants dans les prochaines semaines ?

D’expérience, si le conflit se réglait, après un choc de ce type, les courbes de prix des carburants ne retombent jamais au même rythme que leur bond. Il faut donc s’attendre à des conséquences inflationnistes de moyen terme. Logiquement, les trésoreries des exploitations devront être mobilisées sur ce poste à un moment. Mais pas seulement.

En effet, comme l’explique Thierry Pouch, expert en économie aux Chambres d’agriculture, le 11 mars 2026, « il y a la question des engrais. Il faut savoir que 30 % des flux d’urée et 20 % des flux d’ammoniac transitent dans ce détroit d’Ormuz. Et on assiste déjà à une augmentation assez nette du prix de l’urée et du prix de l’ammoniac [Le ministère de l’agriculture évalue à +15 % l’évolution du prix de l’engrais ce 25 mars NDLR]. Si ces hausses ne sont pas compensées par une hausse du cours des matières premières, en particulier des céréales, les céréaliers pourraient retrouver un alourdissement de la dégradation de leur trésorerie. Ça s’est déjà produit en 2023, 2024, probablement en 2025, du fait de l’affaiblissement du prix du blé, par exemple. »

Et Thierry Pouch souligne que le blocage du détroit est à double sens : « 4 % des céréales mondiales y entrent. Huit pays dépendent de ces entrées de grains. »

L’effet ciseau guette à nouveau l’agriculture française

Des hausses d’un côté, des baisses de l’autre. C’est l’effet ciseau qui menace. En effet, outre des approvisionnements plus chers pour cultiver, l’autre conséquence à surveiller est l’inflation sur les prix alimentaires, et donc une baisse de consommation. « Ça a été le cas récemment lors de la guerre en Ukraine, décrit Thierry Pouch. Et nous sommes toujours dans une phase de consommation alimentaire restreinte. Car au-delà des dépenses alimentaires, les consommateurs ont des dépenses d’énergie, de santé, de logement. Ça les incite à effectuer un arbitrage, parfois au détriment de la consommation alimentaire. Si la guerre est amenée à durer, nous sommes à la veille d’un choc économique qui pourrait être encore une fois préjudiciable pour l’agriculture française. »

« Les augmentations de prix auxquelles on assiste, que ce soit sur le pétrole, le gaz ou les engrais, auront un impact sur plusieurs mois. Et il y aura des répercussions sur l’inflation. Même si le conflit s’inscrit dans une période brève, il y aura un effet de durée avant que les prix ne se replient. C’est donc un conflit à suivre. D’autant plus que le risque d’extension pourrait aggraver la situation. » Un présage qui s’est malheureusement révélé exact entre les 18 et 20 mars 2026, avec des ripostes multiples dans la région. Et désormais une extension du conflit. Sans visibilité sur d’éventuels scénarios de sortie.

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