Soufflet-InVivo : un mariage pour quoi faire ?

L’annonce surprise du rapprochement entre le groupe privé Soufflet et le groupe coopératif InVivo a été longuement commentée dans la presse économique qui tente d’en décrypter la logique...

Le nouvel ensemble issu du rapprochement entre Soufflet et InVivo constituera un acteur majeur dans la filière céréales avec près de 10 milliards de chiffre d'affaires.

« Le Groupe InVivo et le Groupe Soufflet entrent en négociations exclusives en vue d’un rapprochement fondateur » : le communiqué paru le 13 janvier a eu l’effet d’un coup de tonnerre dans l’actualité. Cette décision, validée par les administrateurs d’InVivo représentant les 192 coopératives adhérentes, devrait être finalisée en fin d’année après approbation des autorités de la concurrence européenne.

Plus complémentaires que concurrents ?

Pour le quotidien les Echos, «le projet d’acquisition du de 100 % du groupe familial Soufflet permet à InVivo d’entrer dans de nouveaux métiers tels que l’industrie de la meunerie, la transformation de l’orge en malt et la boulangerie industrielle, avec Neuhauser ». Le quotidien économique juge que « Les complémentarités sont plus nombreuses que les points de concurrence, ce qui devrait éviter les restructurations. Un facteur de réassurance pour les plus de 12.500 salariés du nouvel ensemble ».

Dans cette alliance, il est forcément question de gros sous : « Le groupe InVivo, désendetté, disposait de fonds propres confortables, enrichis du produit de la vente en 2018 de Neovia, sa filiale spécialisée dans l’alimentation animale, cédée au géant américain du négoce ADM pour un montant de 1,5 milliard d’euros ». Le média d’information économique en ligne Actu Economie, rajoute : « InVivo a déclaré qu’elle prévoyait de financer l’acquisition sur ses propres fonds, par des prêts bancaires et éventuellement en vendant des participations dans certaines activités à des partenaires ».

Pour la magazine Challenges, il s’agit aussi de « profiter de la soif mondiale pour… la bière ». Le groupe familial Soufflet, étant aujourd’hui devenu le premier céréalier-malteur privé au monde. Or la branche malterie de Soufflet bénéficierait d’une bonne rentabilité, même si la consommation de bière est actuellement en recul pour cause de Covid-19.

Garder la marque Soufflet

Le journal Le Monde a mené également son enquête même si les dirigeants du groupe familial sont réputés peu loquaces : « Fidèle à sa réputation de discrétion, le groupe, qui emploie 6 800 personnes dans 19 pays, ne communique pas le montant de son bénéfice… Michel Soufflet, président du conseil de surveillance du groupe, et Jean-Michel Soufflet, président du directoire, « ne souhaitent pas divulguer le montant de la transaction ».

Le grand quotidien du soir revient sur les raisons de la transmission : « En l’absence d’héritier direct pour prendre leur suite dans l’entreprise, ils ont décidé de chercher un repreneur ». Pour Le Monde, qui reprend les termes du communiqué commun publié par les deux entités, le groupe coopératif s’est imposé comme repreneur dans la mesure où il apporte des gages de pérennité à l’entreprise familiale « En nous rapprochant d’InVivo, notre Groupe familial trouverait une solution franco-française pour pérenniser son identité, assurer la continuité de ses activités et préserver son ancrage nogentais et sa présence régionale » affirme Jean-Michel Soufflet. InVivo, s’est engagé en effet à maintenir la marque et à préserver les effectifs.

 

Photo du sol Soufflet à la Rochelle (crédit photo : Brunswick)

Photo du silo portuaire Soufflet, à la Rochelle. (crédit photo : Brunswick)

Taille « critique »

Ce nouvel ensemble, permettrait, selon le communiqué d’InVivo et de Soufflet «de faire émerger un champion français agricole et agroalimentaire d’envergure internationale de premier plan. Il serait à même de relever les défis et enjeux qui se posent au secteur agricole et agroalimentaire dans les domaines sociétaux, environnementaux, technologiques et de souveraineté alimentaire et d’être créateur de valeur pour les agriculteurs et l’ensemble des acteurs des filières agroalimentaires françaises. Avec un chiffre d’affaires combiné de près de 10 milliards d’euros, dont environ la moitié réalisée à l’international, ce nouvel ensemble rayonnerait tant en France qu’à l’international, dans plus de 30 pays, avec plus de 90 sites industriels, dont 59 en France, et plus de 12 500 salariés ».

Les milieux agricoles ont peu réagi pour l’instant. Dans l’Aube, berceau historique de Soufflet qui est ici un pilier de la collecte de céréales, le Président de la Chambre d’agriculture Alain Boulard, s’est exprimé brièvement sur Facebook. Il se montre pour l’heure circonspect : «Comment va fonctionner demain le monde des céréales en termes de concurrence, de prix ? (…). La diversité des opérateurs amenait un dynamique saine…» Il attend de connaître plus précisément les termes de cet accord pour en mesurer l’impact sur le terrain.

À lire aussi : Les coopératives ont-elles pris un tournant trop capitaliste ? 

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