Les tracteurs chinois, produits de l’industrie de la tech, et non plus copies
« Dans les années 2010, relate Michaël Valentin, associé fondateur du cabinet de consulting industriel Opeo, les Chinois ont monté de grosses entreprises de tech, exactement comme dans la Silicon Valley américaine. On les appelle aujourd’hui les ‘Batix’, pour Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi, des champions de la tech chinoise qui étaient l’équivalent des ‘Gafam’ occidentaux (pour Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft). »
La méthode chinoise, en cours pour le développement industriel, prévalait déjà à cette époque : « C’est Darwinien, note Michaël Valentin, quand une entreprise fonctionne, ils la boostent. Aujourd’hui, les Chinois sont en avance sur les États-Unis, notamment sur l’intelligence artificielle et les batteries », estime-t-il.
La Chine en tête sur les batteries
« Les batteries font partie des secteurs explicitement stratégiques du Plan ‘made in China 2025’, tout comme l’automobile et l’agroéquipement », explique Camille Brugier, chercheuse indépendante et fondatrice du cabinet La Chiniste. « Mais dans le cas des batteries, le pays possède à la fois les matières premières (lithium en tête) et les brevets pour les techniques d’extraction, d’où une avance considérable dans ce domaine. »
« Ils sont tirés par la défense et la tech, et ce qui est intéressant, c’est que ça infuse dans le monde physique et l’industrie, décrit Michaël Valentin. À la fois car ils construisent des usines directement compétitives. Et car tout est très fluide. Dans l’Union européenne, vous produisez un cahier des charges que vous présentez à des ensembliers, c’est long, on discute, il y a des allers et retours. L’écosystème chinois va beaucoup plus vite, responsabilise. En quelques jours, vous avez un prototype. Les itérations et mises en marché ainsi que les retours clients sont très rapides. C’est comme ça que s’améliorent les machines. »
Le revers ? Un système autoritaire, une compétition plus que féroce
Ce fonctionnement produit, certes, une émulation incroyable au niveau technologique, alimentée par des compétences pointues. Le revers ? « Il s’agit d’un système autoritaire, cela peut être très violent. Une usine peut fermer en deux semaines », note l’expert.
« Le marché interne chinois est énorme, mais ce fonctionnement crée une compétition féroce entre concurrents chinois. Il produit une guerre des prix dans le pays, ils s’entre-tuent, explique Camille Brugier. Les constructeurs n’ont d’autre choix que de se rentabiliser sur les autres marchés. »
Tracteurs chinois et agroéquipements de Chine : ce que la rédaction d’Entraid a vu à Agritechnica
- Zoomlion a montré un tracteur hybride à Agritechnica, de 350 ch, le DV3504, grâce à un moteur diesel six cylindres de 9,5 l, fabriqué en Chine par le fournisseur Yuchai. Ce moteur est couplé à un générateur qui recharge les batteries du tracteur et permet d’alimenter un moteur électrique qui peut développer une puissance équivalente de 600 ch. Actuellement, cet ensemble est homologué Stage III, mais le constructeur annonce une homologation en Stage V pour la fin de l’année 2026.
- Lovol de son côté a dévoilé le tout nouveau tracteur électrique E1000. Doté d’une batterie lithium-fer-phosphate (LiFePO4) de 27 kWh, le E1000 offre jusqu’à 6 h d’autonomie par charge. Son système de batterie bénéficie d’une protection dite IP67 , pour fonctionner par temps pluvieux ou humide, et « peut fonctionner normalement à des températures aussi basses que -20 °C. »
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