Vingt-cinq ans que les cuma travaillent sur le binage

Il y a vingt ans, la cuma départementale investissait dans une désherbineuse quatre rangs et deux houes rotatives. Cela démontre que les coopératives agricoles de proximité n’ont pas attendu les turbulences liées au glyphosate pour travailler sur les alternatives à la protection chimique.

L'usage croissant des matériels de désherbage mécanique illustre concrètement les impacts positifs de l'évolution des pratiques agricoles sur le voisinage. Encore faut-il le faire savoir. (©Clément Mongodin)

Les attraits étaient les mêmes qu’aujourd’hui. Il y a vingt ans, la cuma Cepvil réalisait les premiers investissements en matériels désherbage mécanique. C’était déjà pour répondre aux espoirs d’agriculteurs de réduire leur usage des produits phytosanitaire, et de moins y exposer les opérateurs. L’intérêt agronomique d’un sol aéré qui facilite le développement racinaire et l’absorption de l’eau (et donc limite le ruissellement) étaient également connus lorsque la cuma départementale signait ses bons de commande pour une désherbineuse quatre rangs et deux houes rotatives 3m.

Le désherbage mécanique, doucement mais sûrement

Depuis, cette technique à fait son chemin. Certes, le développement est resté timide pendant longtemps. Les cuma se sont petit à petit équipées de bineuses, de herses étrilles. Mais aujourd’hui, elles ont développé un parc qui couvre l’ensemble du département: n’importe quel agriculteur de la Mayenne est déjà à moins de 15km d’une bineuse de cuma. Sacré atout, à l’heure où la pression sur les produits phyto s’accentue de jour en jour. Et sur cette base, le déploiement de ces équipements accélère, bien aidé par les différentes aides à l’acquisition de matériels spécifiques.

Des outils pour travailler aussi la pédagogie

Entre agriculteurs et riverains, le sujet du pulvérisateur et de ses intrants est souvent épineux. Il véhicule une image d’utilisation abusive et mal gérée. Ici, les matériels alternatifs ouvrent une porte au dialogue. Ils démontrent le souhait des agriculteurs eux-mêmes de limiter leur recours à la chimie. Le message qui explique qu’il est parfois difficile de s’en passer complètement devient plus facilement audible.

Plus de temps de travail, une efficacité qui peut être plus difficile certaines années fait qu’il reste encore des réticences au sein de la profession à prendre en main cette technique. Face à ces contraintes, l’effet groupe fait avancer les choses. En effet, le partage d’expériences, les différentes démonstrations régulièrement organisées et même des nouvelles idées de mutualisation du risque et des investissements (lire ci-dessous) facilitent les passages à l’acte.

Investissements: les cuma vont toujours plus loin

À l’initiative de la cuma de Renazé, une réunion de secteur a posé six cuma autour d’une table le 9 février 2021. L’état des lieux des matériels en place listait deux herses étrille (9m), trois bineuses six rangs, une rotative (6m) et une roto-étrille (6m également). Sur leur territoire, elles offraient donc déjà un panel d’outils intéressant et leurs représentants ont concentré leurs débats sur un nouvel investissement complémentaire qui pourrait être à la disposition de l’ensemble des six coopératives. A

insi, la cuma de Renazé s’est positionnée pour étudier l’achat d’une roto-étrille de 9m. Avec ce type de projets de gestion collective entre plusieurs cuma d’un secteur, c’est une possibilité pour les adhérents d’accéder à des matériels et un service encore plus qualitatifs et diversifiés.

Par ailleurs, les cuma de la Mayenne sont déjà plusieurs à proposer un service de binage clé en main (tracteur + chauffeur + bineuse). Cela répond notamment à la problématique du temps de travail. C’est un moyen avéré de faciliter l’accès et la diffusion de la technique.

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