Années difficiles pour les fruits et légumes transformés

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Années difficiles pour les fruits et légumes transformés

La récolte 2022 de petits pois était en berne à cause de la sècheresse.

La conjoncture et la météo n'ont pas favorisé la production de fruits et légumes en 2022. Les surfaces restent en berne et la consommation a du mal à repartir. Le point.

« Les agriculteurs sont de moins en moins enclins à cultiver des fruits et légumes », lance Pauline Cuenin, directrice des marchés, études et prospections chez FranceAgrimer. En effet, en 2022, la production de fruits et légumes s’est repliée face à des cultures plus rentables et moins risquées par l’agriculteur. Depuis quelques années, la concurrence entre les cultures est donc importante et fait varier la production de fruits et légumes de transformation.

Production de fruits et légumes en 2022 en berne

En effet, pour les haricots verts de conserve ou surgelés, par exemple, la production a diminué de 11 % en 2022. « Le changement climatique a beaucoup impacté les productions de fruits et légumes en 2022, fait remarquer la directrice qui a suivi l’étude. Les gels tardifs pour les fruits, et la sécheresse en été pour les légumes ont limité les rendements. » À cela s’ajoutent les restrictions d’irrigation qui plombent l’entrain des agriculteurs à produire des fruits et légumes en 2022. Cela couplé avec une réduction des surfaces en faveur d’autres cultures moins risquées et plus rémunératrices.

En fruits, la tendance est la même, avec une baisse des surfaces mais des volumes relativement stables. « Les productions de pommes ont pâti de la sècheresse provoquant des problèmes de conservation des fruits, relate Victoire Cassignol, directrice générale de l’Anifelt, l’interprofession de la filière. Il y a donc eu un gros déstockage en début de campagne, avec des prix bas. Et une pénurie à la fin, avec des prix très élevés. »

Conjoncture difficile

Côté transformation, malgré la volonté des industriels agroalimentaires à vouloir reconstituer leurs stocks après la crise du covid, ils ont vu les volumes en retrait. Surtout en légumes. Avec des fabrications de conserves en recul de 12,8 %, et de la choucroute de 16 %. « En fruits, la tendance n’est pas la même, précise Victoire Cassignol. Grâce à une hausse des fabrications de jus et de confitures. Mais c’est assez trompeur puisqu’ils sont confectionnés avec des fruits importés. »

Dans les rayons, les consommateurs ont un peu boudé les fruits et légumes transformés. « Malgré la hausse des achats de légumes en conserve et confitures, les ventes sont plutôt en retrait, ajoute la directrice de l’Anifelt. L’inflation et l’évolution des achats des consommateurs vers des produits plus riches est l’une des raisons. En revanche, en restauration hors domicile, la consommation a atteint de nouveau le niveau de l’avant covid. » En légumes surgelés, par exemple, la consommation a augmenté de 44 %.

2023, année difficile également

Une bonne nouvelle à mettre en perspective avec les prix de ces produits. De manière générale, l’inflation, qui a débuté en 2022 a été maîtrisée. Avec en moyenne une hausse de 6,8 % des prix des fruits et légumes en 2022. Avec +5 % en conserves de légumes dans la grande distribution et environ 4 % pour les jus de fruit.

S’il est difficile de se projeter pour l’évolution de la filière de fruits et légumes de transformation cette année, on sait que l’inflation pèse sur la consommation de ces denrées. Toutefois, les industriels ont toujours pour ambition de refaire leurs stocks. « Malgré cela et les prix des contrats élevés, les surfaces emblavées restent en retrait », estime Pauline Cuenin.

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