Bien mesurer son retour sur investissement

Gestion économique
Retour sur investissement et prise de risque

L’analyse des projets, décryptés à la lumière du RSI (retour sur investissement), permet dans certains cas de mieux orienter ses choix, en particulier matériels.

26/04/2019 - 15:27

Les investissements constituent une part importante des charges de l’exploitation. Evaluer leur retour avant de signer le bon de commande constitue un acte de bonne gestion.

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Les bénéfices que peuvent générer un investissement peuvent être économiques. Ou bien contribuer à améliorer productivité ou confort de travail, selon le cabinet d’expertise Cogedis. Quoi qu’il en soit, en amont de tout investissement, il est nécessaire que l’exploitant évalue le niveau de rentabilité du projet. Pour l’accompagner dans ce calcul, il peut se fier au “RSI”: retour sur investissement. C’est un indice tout à fait fondamental, qu’il convient de calculer avant de s’engager. Le retour sur investissement (ou ROI, Return on Investment en anglais) est avant tout un indicateur financier qui permet de mesurer et comparer la rentabilité de chaque investissement.

Orienter ses choix d’investissement

Dans le secteur agricole, les investissements sont souvent subis et vécus comme des contraintes, car ils revêtent dans bien des cas un caractère obligatoire: «Le moteur de mon tracteur est cassé, mieux vaut racheter du neuf», «Ma fumière n’est plus aux normes, il faut bien que je l’agrandisse!» Etc. Pourtant, l’analyse des projets, décryptés à la lumière du RSI, permet dans certains cas de mieux orienter ses choix en matière d’investissement, en particulier matériels, afin d’opter pour l’option la plus rentable: acquérir en propre, acheter à plusieurs, différer l’investissement dans le temps ou bien encore choisir de déléguer.

Calculer le temps de retour

Exprimé en pourcentage, le RSI prend en compte l’argent investi pour le comparer à l’argent gagné. Il permet en outre de déterminer «la durée de rentabilité», c’est-à-dire d’estimer à quel moment, en prenant pour point de départ le démarrage du projet, l’exploitant rentrera dans ses frais. Ainsi, l’indicateur concerne principalement les projets d’investissement générateurs de recettes nouvelles sur l’exploitation (nouvel atelier, diversification…) ou encore générateurs de gains de productivité sur les productions actuelles (robot de traite, automatisation de la chaîne d’alimentation…)

Intégrer le facteur risque

Le calcul du RSI est constitué uniquement d’informations économiques, et ne prend pas en compte le risque lié à la nature de l’investissement et aux hypothèses retenues. Ainsi, pour être totalement significatif, il convient de compléter l’analyse du RSI par les notions de risques encourus. Par exemple, un RSI peut être élevé sur un projet et malheureusement dissimuler un taux de risque plus grand en fonction des impacts sanitaire, environnemental, … qu’il induit. Par ailleurs, l’impact sur la productivité, le temps de travail et la qualité de vie doivent être mesurés. Un autre élément d’arbitrage très subjectif est la notion de plaisir qui appartient à chacun.

Et la notion de plaisir…

Par exemple, si un exploitant projette de se lancer dans la vente directe, il aura tout intérêt à finement évaluer l’impact que cette nouvelle activité aura sur son temps de travail. En effet, il va de soi que des temps de disponibilité et de dialogue avec les clients vont s’imposer, voire se révéler indispensables pour la réussite de ce projet de diversification. Idem pour les exploitants qui se tournent aujourd’hui vers la production d’électricité ou de gaz à la ferme (méthanisation, photovoltaïque, …). Au-delà du temps de travail, ces activités nécessitent des compétences nouvelles qu’il va falloir acquérir.

retour sur investissement


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Maud Soulat, cabinet d'expertise comptable Cogedis
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