La haie fournit des planches et de l’amendement

Le bois issu des haies bien conduites peut fournir aux agriculteurs du combustible mais aussi du bois d’œuvre et de l’amendement organique. Explications.

La scierie mobile Woodmizer en démonstration au au Salon aux Champs.

Le bois de bocage commence à être valorisé à travers les plaquettes ou les bûches, pour le chauffage et le paillage. L’atelier bois du dernier Salon aux Champs a abordé aussi la question du bois d’œuvre et de l’amendement sous forme de BRF. L’association Terres & Bocages plaide dans ce sens.

Elle accompagne les agriculteurs en mal de savoir-faire sylvicole et qui veulent sortir de leurs haies des arbres valorisables en bois d’œuvre. Choix des essences à la plantation, entretien, sélection… Quelques étapes cruciales doivent être respectées.

Des planches à 70 €/m3

Les beaux sujets peuvent être vendus ou valorisés à la ferme (poutres, bardage, etc.). C’est là qu’intervient un matériel encore rare en cuma: le banc de scie mobile.

Terres & Bocages travaille avec un entrepreneur spécialisé, Steve King. Celui-ci possède une scie Woodmizer. Il a effectué quelques démonstrations durant le Salon aux Champs. Sa scie accepte des grumes à partir de 2,50 m de long et 35 cm de diamètre, et jusqu’à 6 m de long. Il faut bien sûr du bois droit et propre. Le coût moyen du bois d’œuvre ainsi obtenu s’élève à 60-80 €/m3.

Améliorer les sols

Autre créneau de valorisation, cette fois pour le petit bois issu des opérations d’entretien: le BRF (bois raméal fragmenté). Un essai d’apport en parcelle de culture a été réalisé, avec l’appui de l’Inra de Rennes. La dose: 20 m3, soit 8 t, par hectare. Soit ce qu’on peut récolter sur 200 à 400 m de haie.

Les auteurs de l’étude ont tiré leurs premières conclusions: «Nos premiers résultats suggèrent qu’un apport ponctuel de BRF peut contribuer à améliorer à court terme la qualité physique et biologique du sol. Et ce, sans entraîner de baisse de rendement. Cet effet peut être entretenu dans la durée par des apports réguliers tous les 2 à 3 ans.»

Quel broyeur utiliser?

Dans la même veine, le réseau Cuma de l’Ouest et AILE travaillent au retour au sol des bois de taille (moins de 7 cm de diamètre), dans le cadre du programme Bocag’Air. Au lieu d’être comme souvent brûlées, les branches deviennent un amendement organique.

Brûler à l’air libre 50 kg de déchets verts émet autant de poussières fines (PM10) qu’un poids lourd qui parcourt 5.000 km! Des essais ont commencé sur le plan agronomique et en matière de mécanisation du broyage.

En complément : le broyage de branches pour faire de la litière dans une cuma des Deux-Sèvres.

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