Changer nos pratiques agronomiques

Travailler moins et mieux la terre, davantage en interaction avec le milieu naturel: les intervenants au forum Mécasol du 22 septembre 2016, avancent des pistes «agro-écologiques».

Forum à Mécasol le 22 septembre dernier à Chenommet en Charente. Des retours d’expériences sur les changements de systèmes de cultures et leurs résultats technico-économiques ont été présentés

Alain Bouthier, Arvalis – Institut du Végétal

Le défi pour l’Institut est de fournir aux producteurs des outils de diagnostic et de gestion durable du sol. Nos travaux portent sur le transfert de connaissances des sols prises en compte dans les OAD (Outils d’Aide à la Décision), le suivi de la fertilité dans les systèmes de cultures et en particulier les systèmes innovants tels que l’agriculture de conservation, l’évaluation et le référencement d’indicateurs de fertilité biologique des sols, d’outils de gestion de la matière organique… Exemples: nous développons des recherches sur la gestion de l’irrigation en volume restreint avec des expérimentations d’apport de 150mm d’eau seulement sur maïs, d’évaluation d’engrais, d’amendements des sols, d’étude d’ impact environnemental des CIPAN ou des couverts de légumineuses, puis leurs conséquences sur les transfert des nitrates. Cette dernière pratique étant toutefois réglementée… Vous pouvez voir ci-dessous l’exposé présenté à Mécasol par Alain Bouthier d’Arvalis – Institut du Végétal.

Diaporama d’Alain Bouthier, Arvalis

Konrad Schreiber, Institut de l’Agriculture Durable

Quand mon sol mange du carbone, il produit de l’azote. Il est important de positionner la matière organique en surface car la litière va alimenter le cycle biologique. D’où l’intérêt de pratiquer la couverture végétale pour la fertilité des sols et de faire attention à garder une bonne structure. Trois à quatre années sont nécessaires en effet pour qu’un sol se régénère (…). J’ai connaissance de résultats dans une exploitation en agriculture de conservation qui est parvenue à un rendement de 100 quintaux de maïs sans aucun apport d’azote minéral…Vous pouvez voir ci-dessous l’exposé présenté à Mécasol par Konrad Schreiber de l’Institut de l’Agriculture Durable   

Diaporama de Konrad Schreiber, Institut de l’Agriculture Durable

Delphine Espalieu – Agence de l’Eau Adour-Garonne

Des pollutions comme celle des pesticides, impactent les usages et les milieux. Que ce soient les eaux superficielles ou souterraines. L’enjeu pour l’agence est d’encourager des solutions efficaces pour une gestion quantitative et qualitative de la ressource. Exemple: la couverture permanente des parcelles agricoles et des techniques culturales simplifiées. C’est pourquoi nous accompagnons le développement de nouvelles pratiques agricoles.

Diaporama de Delphine Espalieu, Agence de l’eau

Christian Marin, agriculteur à Fontclaireau (Charente)

J’exploite avec un salarié à mi-temps, une exploitation de 220ha et je réalise du travail à façon pour une autre exploitation de 90ha. J’ai commencé à faire évoluer mon système de culture depuis 1996. En 2003, j’ai développé des couverts végétaux en m’orientant vers l’agriculture de conservation. Les couverts végétaux (radis, légumineuses…) représentent un point central dans mon système avec un impact sur la fertilisation ou la structure des sols. J’intègre aussi sur mes parcelles tous les ans 1.500 à 2.000t de déchets verts. Bien sûr, j’ai été confronté à des difficultés comme par exemple, les situations de bourrage du semoir à dents en présence de couverts avec de la paille. Visuellement, les parcelles sont en général plus moches à voir chez moi. Et mon système est plus efficient sur certaines cultures que d’autres comme le tournesol où je rencontre des difficultés. J’ai restreint mes charges de mécanisation (un tracteur principal de 115ch), préservé les rendements en quantité et en qualité avec des niveaux de protéines en blé qui atteignent de 12,5 à 16%.

Jean-Michel Boucard, agriculteur à St Jean d’Angély (Charente-Maritime)

J’ai fait évoluer mes pratiques culturales à partir de 1991 qui fut une année de grande sécheresse. En 1994, j’ai commencé le semis direct. Depuis, je fais attention à ne pas tasser le sol tout en faisant évoluer mon système: apports de matières organiques et de BRF (Bois Réal Fragmenté), double-cultures, application d’un seul fongicide, réduction des insecticides et des doses d’herbicide… A ce propos, j’observe que la flore adventice est différente et que les levées sont décalées… Du semis à la récolte d’un blé, je parviens à limiter les charges opérationnelles à 150€. Et grâce à la cuma des Sous verts à laquelle j’adhère, j’ai réalisé ces changements tout en maîtrisant les charges de mécanisation

 

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