Couverts végétaux: les semer dans une culture de céréales

Implanter des couverts végétaux non pas après, mais dans une culture de céréales... drôle d'idée? Pas tant que cela. Cette technique a été testée par la Chambre d'agriculture de l'Aveyron. Semis direct, à disques, à la volée, au drone: les nombreuses modalités testées font désormais l'objet d'un suivi.

Dans la Vallée du Lot, une démonstration a été organisée localement par les responsables locaux des Cuma de Villecomtal et Coubisou et la Société Drone vision pro.

La Fdcuma de l’Aveyron, en partenariat avec la Chambre d’agriculture, a organisé le 23 juin dernier une rencontre coin de champ sur les semis sous couverts et l’implantation des couverts végétaux sur céréales.

Sur la première parcelle de blé, une prairie a été implantée au mois de mars avec 3 itinéraires différents, semis direct, semoir céréales à disques et semis à la volée, avec et sans rouleau. Sandra Frayssinhes, nouvelle conseillère agronomie à la Chambre d’agriculture, a réalisé un suivi et fait part de ses observations.

Les 3 itinéraires ont connu un développement différent, mais à ce jour la céréale étant très haute, les semis souffrent un peu de manque de lumière et les plantes sont restées très petites. La prairie s’est bien développée dans les zones où le blé est moins dense. On distingue cependant bien les espèces semées et ceci devrait se rattraper après la moisson.

Profiter de la fraîcheur

Sur une autre parcelle de céréales mélangées, un essai d’implantation d’un couvert végétal a été réalisé, en semant à la volée avant la récolte. Une technique expérimentée en Bretagne depuis plus de 3 ans maintenant  qui a donné des résultats acceptables.

L’objectif est de profiter de la fraîcheur encore présente au sol pour faciliter l’implantation et limiter les coûts. Seulement comment faire pour passer avec un outil au-dessus de la céréale?

Pour ceci, un prestataire est intervenu  avec un drone équipé d’un petit semoir centrifuge. Une première  dans le département. Le modèle présenté par la Société Drone+ pèse près de 25 kg et embarque environ 10 kg  semence.

Avant le démarrage, la parcelle est cartographiée de façon à assurer le guidage de l’engin qui ensuite est en pilotage automatique. La dose réglée à 20 kg par ha comprenait avoine, radis chinois et trèfles d’Alexandrie. Le débit de chantier, 20 à 25 min /ha est intéressant.

Sur une autre partie de la parcelle, le couvert sera implanté après la récolte avec un semoir direct de l’inter-Cuma du Naucellois associée à cet essai. L’intercuma réalise près de 600 ha avec deux semoirs directs, en service simple ou complet. Reste à voir le résultat, rendez-vous est donné à l’automne pour observer les levées.

Dans la Vallée du Lot, une démonstration identique a été organisée localement par les responsables locaux des Cuma de Villecomtal et Coubisou et la Société Drone vision pro. Même si les résultats ne sont vérifiés (il faut attendre l’automne) et que tout n’est pas totalement au point, cette technique suscite de nombreuses réflexions sur ce que l’on pourrait faire avec ce type d’outils.

Déjà les agriculteurs imaginent des applications pour les espaces où les accès sont difficiles pour du semis ou des traitements autorisés avec cette technique.

A lire également: « Le drone ou l’épandeur pour semer le couvert« 

Entraid Vidéos

Semis direct: 14 outils comparés dans la Somme

Quelle sera la place des cuma dans la PAC 2020 ?

Zapping 2019: de Super Mario aux distances de freinage d’urgence

[Interview] Des collectifs pour des actions efficaces

A LIRE également

Nos offres
d'abonnements

Papier + 100% numérique

Recevez votre magazine chez vous en plus de l’abonnement numérique

Je m'abonne
abonnement