Les craintes de sécheresse s’accentuent partout en France

«Quand mars fait l’avril, avril fait le mars», dit le proverbe. Pourtant, la pluie se fait attendre dans grand nombre de départements. Le manque d’eau commence à inquiéter.

Les précipitations cumulées depuis le 1er septembre 2016 sont inférieures à la normale.

Le mois de mars a été marqué par une douceur exceptionnelle, dans tout l’Hexagone et durant tout le mois. Selon Météo France, «cela place mars 2017 au moins au second rang des mois de mars les plus doux depuis 1900». La pluviométrie a été excédentaire mais de façon contrastée: très déficitaire en Corse, largement excédentaire dans le Sud. Les précipitations cumulées depuis le 1er septembre 2016 sont inférieures à la normale, sauf en Corse (malgré le déficit sur le mois de mars) et dans le Sud-Est.

L’indice d’humidité des sols au 1er avril 2017, est déficitaire dans le Nord, l’Est, en Bretagne et en Corse.

La température moyenne nationale du mois de mars a atteint 11,1 °C, soit 2,3 °C au-dessus des normales saisonnières. Cette douceur, constatée tout le long du mois, a été plus marquée dans la dernière décade. Toutes les régions ont été concernées et c’est dans le Nord-Est que l’écart moyen a été le plus élevé. Au niveau national, les précipitations ont été excédentaires (+8%), mais cette moyenne masque une situation régionale contrastée. La Corse a enregistré le déficit le plus important (-50%), mais les régions Nord-Est et Ouest ont été également déficitaires. A l’inverse, l’excédent de précipitations a été particulièrement important dans le Sud-Est (où il a atteint 81%) et dans le Sud-Ouest. Les pluies ont été particulièrement importantes durant la première décade. Les précipitations cumulées depuis le 1er septembre 2016 sont inférieures à la normale sur la plus grande partie du territoire, sauf en Corse et dans le Sud-Est.

Les nappes phréatiques peinent à se remplir

Au 1er mars 2017, Un faible nombre de nappes phréatiques (28%) affiche un niveau moyen ou modérément haut. La situation montre qu’une partie notable du territoire n’a pas encore commencé à bénéficier de la recharge hivernale habituellement observée dès cette période de l’année.

Seule une faible partie du sud du Bassin parisien et le pourtour méditerranéen présentent des niveaux autour de la moyenne, voire modérément hauts. Le reste du territoire présente des niveaux modérément bas, voire bas. L’Ouest présente, quant à lui, des niveaux très déficitaires en termes de recharge.

En février 2017, la pluviométrie a globalement été proche de la normale sur une grande partie du pays. Elle a été déficitaire de l’Aube aux Ardennes, de l’Ain à la Loire et à la Haute-Loire ainsi que du sud de l’Hérault au Var et localement près des Pyrénées. En revanche, les précipitations ont été souvent excédentaires dans le Sud-Ouest, sur le sud des Alpes et l’est de la Corse.

Sur la période hivernale (septembre à mars), le déficit pluviométrique reste marqué même s’il s’est atténué sur l’ensemble du pays. Il est resté très localement supérieur à 50% le long des frontières du Nord. Il est compris entre 25 et 50% sur la quasi-totalité du pays, sauf de l’Yonne et de la Côte-d’Or au pourtour méditerranéen où la pluviométrie est proche de la normale. En revanche, la pluviométrie a été excédentaire sur les départements de l’Hérault, des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes, des Alpes-Maritimes ainsi que sur la Haute-Corse.

Une situation assez inhabituelle liée à une recharge hivernale faible

L’évolution du niveau des nappes traduit une situation assez inhabituelle liée à une recharge hivernale faible. Le déficit pluviométrique enregistré ces derniers mois sur une grande partie du territoire induit un taux de recharge déficitaire. Les premières pluies d’automne qui avaient commencé à engendrer un premier épisode de recharge, n’ont pas perduré et la situation ne s’est pas beaucoup améliorée au cours de l’hiver. Le nombre de points en baisse (21%) a cependant diminué ce dernier mois et le nombre de points en hausse (52%) est en nette progression.

Sur l’ensemble du territoire, les niveaux des nappes se situent autour de la moyenne, voire plus haute, pour 29% des points suivis; pour 61%, ils sont modérément bas à très bas. Les pluies de la période novembre à mars qui sont attendues pour assurer la recharge hivernale, n’ont, pour l’instant, rempli que partiellement le rôle de remplissage que l’on attend d’elles.

Voir le bulletin de situation hydrogéologique au 1er mars

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