Avenir de l’élevage : fertilité, énergie et bien-être en ligne de mire

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Avenir de l’élevage : fertilité, énergie et bien-être en ligne de mire

Techniquement, une grande partie des opérations liées à l'élevage peut déjà s'automatiser. (©GEA)

L'élevage a-t-il un avenir ? Aucun des experts interrogés n'imagine un monde sans lui. Certains, comme l'agroclimatologue Jean-François Berthoumieu, en font même un indispensable de l'agriculture. Explications.

C’est le climatologue Jean-François Berthoumieu (ACMG) qui le résume : « Selon moi, l’agriculture, à l’avenir, devra privilégier la polyculture-élevage pour remettre des matières essentielles, carbone et azote en tête, dans les sols. Sinon, l’agriculture ne pourra pas jouer son rôle de régulateur du climat, car n’y a aura tout simplement pas assez de matière organique pour les cultures. Ce sont des phénomènes que l’on constate déjà en France : on a de l’érosion aux endroits où l’élevage a disparu. Je vois aussi l’élevage comme un gros pourvoyeur d’énergie, via la production de méthane », ajoute-t-il. Un point sur l’élevage du futur.

Au carrefour de l’agronomie et de l’hyper-technologie

Les experts interrogés situent l’élevage du futur au carrefour de l’agronomie et de l’hyper-technologie. Si plusieurs modèles sont amenés à coexister, l’intégration de la robotique et de l’intelligence artificielle s’impose comme une réponse majeure au manque de temps des éleveurs, tout en se heurtant encore à des limites techniques, à court terme, et peut-être sociétales à plus long terme.

Déjà, des systèmes expérimentés aux Pays Bas permettent de récolter l’herbe cultivée à proximité et de l’amener directement au troupeau, supprimant le besoin d’intervention humaine pour semer et récolter.

Frein sociétal pour l’élevage du futur

élevage du futur

Le principal frein à l’automatisation totale des fermes-usines ne sera pas technologique, mais sociétal. (©Entraid)

Autre exemple, Béatrice Eon de Chezelles  du Crédit agricole confirme que si le phénotypage 3D est prometteur, « l’analyse de comportement d’un troupeau a encore une grosse marge de progrès ». Entraîner ces IA requiert des milliers d’images, et les premiers projets de recherche révèlent une « très grosse marge d’erreur sur l’identification des animaux ». Les déploiements de l’IA à grande échelle sont plutôt attendus d’ici 5 à 10 ans. À terme, l’innovation s’oriente vers le développement d’un « robot d’élevage comme assistant multitâche » visant à réduire la pénibilité.

Par ailleurs, Jean-Pierre Chanet de l’Inrae prévient que le principal frein à l’automatisation totale vers des fermes-usines ne sera pas technologique, mais sociétal, face aux « oppositions se basant sur les notions de bien-être animal ». La technologie devra donc se concentrer sur l’amélioration des conditions de vie des animaux, et des conditions de travail des éleveurs.

Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :

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