La mécanique du recrutement aura encore besoin d’huile

L’activité agricole semble avoir un blason à redorer pour attirer des travailleurs. Notamment par la prise en considération des atouts qu’elles ont a offrir à un actif salarié, les cuma ont des clefs du succès.

La cuma de la Vallée de la Joigne (50) a créé le poste de responsable d’atelier qu’occupe David Aubrée (à droite). En 2017 elle avait déjà embauché Camille Hébert (à gauche), son 1er salarié (@Nathalie Pignerol).

Par l’exemple, les cuma de Normandie montrent qu’elles ont les moyens de recruter et sur des postes en évolution. Ce thème était retenu parmi les sujets que la fédération Normandie Ouest a voulu faire travailler en assemblée générale (en visioconférence le 11 février). L’emploi de demain en cuma s’est esquissé à partir du témoignage de deux coopératives qui ont recruté récemment.

Le premier point commun de leur histoire est le développement d’une activité mécanique. Car la tendance ‘emploi’ semble aller vers une diversification des besoins dans le groupe. «Il y aura toujours besoin de chauffeurs», relaye Xavier Linck, responsable dans l’Orne, mais pas seulement. En effet, «si demain le projet Secoppa se concrétise – ndlr ce qui semble en bonne voie – ou que l’abattoir de la Vallée d’Auge voit le jour. Il semble évident que nous aurons des besoins techniques très spécifiques et diversifiés. La bouverie, c’est des compétences différentes de ce qu’on recherche actuellement sur la mécanique», pousse en guise d’exemple Sébastien Allais, cumiste du même département.

Emploi de demain en cuma : la diversité a une capacité d’attraction

«Et pourquoi pas un véto en cuma demain?», la question lancée à la volée montre que la diversité des activités salariées en cuma pourrait aller loin. En cela, le groupe de travail pointe certainement une bonne nouvelle. Car les deux groupes témoins ne seraient pas les seuls à avoir recruté sur des postes ‘pluridisciplinaires’. Sylvain Lebehot (cuma de la Vallée de la Joigne) évalue une répartition «70% en mécanique et 30% de conduite» pour le poste que sa cuma a ouvert en début d’année.

La vie des responsables change

Nathalie Pignerol complète: «nous avons deux cuma qui recherchent pour un poste 100% mécanicien.» Et elles peinent à trouver leur public. Parmi les facteurs à l’origine des difficultés, l’animatrice évoque la concurrence plus directe avec d’autres acteurs de la mécanique. Elle se remémore une conversation récente avec un nouveau salarié de cuma, issu d’une formation en mécanique: «Il m’a dit qu’il avait préféré venir là parce qu’il y avait un peu de conduite aussi.»

À la cuma de la vallée de la Joigne, le nouveau responsable d’atelier a aussi pris en charge la gestion des réservations. «Ça fait un mois qu’il est là, on voit la différence!», complète le représentant de la coopérative. Et pendant que leur deux salariés pourront s’épanouir dans leurs missions respectives et complémentaires, les adhérents de la cuma s’ouvrent les portes de nouveaux services. Par exemple pour faire réparer leurs matériels, ils ont désormais une possibilité d’accéder à un tarif de l’heure contenu à moins de 40€.

Des rendez-vous techniques
Après sa réunion fédérative, le réseau normand donne quelques rendez-vous techniques, notamment sur le désherbage mécanique. Quelques dates :
- 4 mars à Buais (50): démonstration houe et herse avec le Civam mortannais,
- 9 mars à Saint-Laurent-de-Cuve (50) avec LCMA: présentation de roto-étrille Einbock 12m
- Isigny-le-Buat (50) avec Normagri: présentation houe rotative et bineuse Phenix,
- Mars/avril: démonstrations bout de champ - outils en plein, 1 à 2 par département,
- Mai/juin: portes ouvertes sur le binage de maïs - stratégies de groupes (cuma du Don (14) et cuma de la source (14))
- 10 juin sur le secteur de Vitré (35): plateforme du réseau cuma
- Juin à août, dans l’Eure: écimage - fauche et andainage de céréales - essais remorques Gyrax (récupération de menues pailles).

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