En quête de paille en 2020

La diminution des surfaces de récoltes de céréales en 2020 aura un effet sur l’approvisionnement en paille, prévient le Bureau commun des pailles et fourrages.

Le marché de la paille n’est pas à l’abri de tendances spéculatives en période de rareté, comme on le pressent en 2020. D’où l’opportunité d'anticiper ses besoins.

– 4% de céréales en paille en 2020, et même -7,5% pour le blé tendre: tel est le volume de baisse évalué par Agreste. Dans ces conditions, les représentants du Bureau commun des pailles et fourrages (BCPF) redoutent une tension sur le marché facilement «inflammable» de la paille. La disponibilité en 2020 devrait souffrir aussi des conditions climatiques printanières, rapporte cet organisme. La sécheresse qui a sévi dans certaines régions françaises ayant freiné le développement de la biomasse.

«Fin avril, lors d’une réunion du BCPF, nous avons constaté aussi le faible niveau des stocks de pailles et de fourrages disponibles dans les élevages», complète Patrice Auguste, qui suit l’actualité du BCPF. Les années successives de sécheresse qui ont frappé certaines régions comme l’Auvergne ont compromis en effet la reconstitution de stocks abondants dans de nombreuses exploitations, asséchant aussi leur trésorerie.

Nouveaux usages

D’autres créneaux que la litière ou le fourrage captent aussi une partie de production. A côté des traditionnelles champignonnières, des besoins nouveaux émergent. L’extension du réseau de chaleur de l’agglomération de Poitiers, par exemple, qui va dorénavant consommer 6000 tonnes de paille par an pour fonctionner.  On voit aussi se développer des unités de méthanisation, dont certaines ingèrent des cultures céréalières récoltées en ensilage.

Enfin, les céréaliers sont désormais plus enclins, pour des raisons agronomiques, à enfouir une partie des pailles plutôt que de vouloir trop en exporter. A noter, à ce propos, l’existence d’une calculette d’échange paille-fumier disponible sur le site d’Arvalis permettant de calculer les équivalences en termes de valeurs fertilisantes, coûts d’engrais minéraux, charges de mécanisation et de main-d’œuvre. «Il y aurait pourtant suffisamment de volume de paille pour satisfaire l’ensemble des usages, s’il y avait davantage d’organisation de la filière paille, avec pourquoi pas la mise en place de stocks tampon», analyse Patrice Auguste.

Prendre les devants

Pol Griffon, le président du BCPF, avertit: «Il est important de s’organiser pour anticiper au maximum les besoins des différents acheteurs, notamment les éleveurs.» Ce conseil est pertinent dans ce secteur, où la loi habituelle de l’offre et de la demande conduit, en période de rareté, à des variations de prix démesurées! Dans certaines régions, le prix de la paille a culminé l’an passé à 150€/t. Le marché de la paille ne brille pas par sa transparence. C’est pourquoi les bourses d’échange qui se font jour sur internet sont un moyen de mieux réguler les flux d’approvisionnement, à des prix justes.

Les éleveurs en quête d’approvisionnement direct auprès d’agriculteurs vendeurs peuvent s’appuyer également sur des modèles de contrat d’achat (voir le modèle de contrat-type présent sur le site de la chambre d’agriculture du Centre Val-de-Loire) pour sécuriser la transaction.


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