Epandage du lisier : à la recherche des solutions

Productions et énergies

Le séparateur de phase de la cuma du Perey permet de gagner 15 % de stockage en retirant la partie solide du lisier. Il traite environ 5 000 m3/an pour un coût horaire de 40 €/ ??.

16/07/2019 - 13:00

Séparateur de phase, épandage sans tonne, réflexion sur de nouveaux matériels, voici quelques techniques encore peu utilisées permettant d’apporter des solutions pour la gestion et la valorisation d’un produit qui prend de la valeur.

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Le gaec de l’Orme à Saint Martin du Mont produit chaque année entre 10 et 11 000 m3 de lisier de porc. « Dans le secteur, nous sommes en zone vulnérable », explique Matthieu Troiano. « Les dates d’épandage sont réduites et, par conséquent, il faut trouver des solutions pour stocker plus longtemps le lisier produit. Ce n’est pas comme du fumier où on peut augmenter la taille du tas. Avec le lisier, quand les capacités de stockage sont pleines, on est coincé. »

epandage-lisier-sans-tonne

L’épandage sans tonne de la cuma l’Ain Composte permet d’intervenir pour le premier apport sur blé. Le débit de chantier peut atteindre 180 m3/h.

Un exemple en savoie

Face à la problématique, « il fallait trouver une solution. » Des réunions ont donc été organisées au niveau du département et l’exemple de la cuma du Beaufortain en Savoie qui possédait un séparateur de phase, a été mis en avant. « Nous avons été assez séduits par le système même si nous n’avions pas beaucoup de recul. » En 2016, la cuma du Perey, dont fait partie le gaec, investit dans un séparateur de phase. Six exploitations font partie du projet.

L’investissement de 77 000 € comprend deux séparateurs montés en parallèle, alimentés par une pompe à lobes et un broyeur installé en amont. A la sortie, un tapis orientable permet d’évacuer et de mettre en tas la partie solide qui, une fois sèche, sera assimilée à du compost. Le tout est installé sur une remorque pouvant être déplacé par un tracteur.

L’objectif était de séparer la phase solide de la phase liquide afin de gagner de la capacité de stockage. Pourtant, difficile de quantifier ce gain. « Par expérience, on estime que la partie solide extraite représente à peu près 15 % du volume traité ce qui représente une capacité de stockage gagnée équivalente. »

Mieux valoriser le lisier

Donner de la valeur à l’azote organique produit. C’était l’autre point de réflexion des exploitations. « Un tracteur et une tonne de 20 000 l, c’est une masse de 35 t. Même avec de bons pneumatiques, on retrouve les passages lors des labours. » L’autre solution est venue avec l’investissement de la cuma l’Ain Composte dans un matériel d’épandage sans tonne. « Celui-ci donne la possibilité de pouvoir épandre, par exemple sur du blé en sortie d’hiver, dans des conditions favorables car le poids de l’ensemble tracteur – rampe à pendillards – enrouleur est d’environ 12 t. Il est donc possible de valoriser le lisier en l’apportant au moment où la plante en a besoin sans matraquer le sol. »

Cette technique permet aussi un travail rapide. Avec un parcellaire bien regroupé autour du stockage, le débit de chantier tourne entre 140 et 180 m3/h en comptant la mise en place. Le tarif de la prestation comprend un forfait déplacement, une facturation au m3, une prise en compte du métrage de tuyau déroulé ainsi que le carburant servant à faire fonctionner la pompe reliée au lieu de stockage. Coût moyen : 2,17 €/m3.

Une gestion globale du produit

A la cuma de Saint-Julien-le Bords de Veyle, « nous sommes plusieurs exploitations à être classées », explique Ludovic Bagne, le président. « En 2021, ce sera donc la fin pour nous de l’épandage avec les buses. Nous recherchons des moyens pour épandre du lisier sur maïs afin de mieux valoriser les effluents. » La solution tonne à lisier avec rampes a été étudiée « mais il faudrait des passages dédiés pour la tonne, on perd de la surface et c’est compliqué à mettre en œuvre ». La cuma est allée voir le système Dua Ferti. Un automoteur Vervaet a aussi été essayé. « Tous ces matériels sont des investissements lourds. Pour les rentabiliser, il faut une organisation solide et que l’économie réalisée sur les intrants compense le surcoût des chantiers. »


Cet article est issu du special Ain de mai 2019.

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