Deux situations différentes, une solution commune
Pour la cuma Sud-Gâtine, un renouvellement sans la fusion se serait probablement matérialisé par l’achat d’une machine d’occasion, avec son lot d’incertitudes. « À la cuma des Ajoncs, nous ne pouvions pas satisfaire les besoins de nos adhérents avec notre organisation passée, déclare Dominique Vivier, son président. Nos sept adhérents utilisateurs de cette machine cherchaient une solution pour faciliter son entretien et sa conduite, et augmenter le débit de chantier. » Avec 300 ha à ensiler, il devenait difficile pour cette cuma de supporter cette activité, et impossible de renouveler l’ensileuse. Un premier projet de fusion des activités ensilage des deux cuma échoue. La cuma des Ajoncs s’y oppose. Par crainte d’un manque de disponibilité des ensileuses, et que ses 7 adhérents ne pèsent pas lourd dans la répartition des priorités face aux 25 adhérents de la cuma Sud-Gâtine.
Un changement approuvé par le terrain
« La cuma Sud-Gâtine emploie trois salariés, qui savent entretenir et conduire les ensileuses, explique Charles Moreau. Ces dernières années, nous avons dépanné la cuma des Ajoncs lorsqu’ils ont déploré des pannes. »
Benoît Marteau, le responsable d’atelier, abonde : « Nous avions toutes les pièces et la main-d’œuvre disponibles, ce qui n’était pas le cas du concessionnaire local. Et le tout pour un prix nettement inférieur. » « En dépannant plusieurs fois nos voisins, nous leur avons prouvé que nous étions capables d’assumer la fusion de nos activités, avec un service satisfaisant pour tous, relate Charles.
Plus que les discours, c’est le terrain qui a parlé. » Du côté de Sud-Gâtine, cette fusion n’a pas suscité de crainte : « ce projet était pour nous une opportunité à saisir, justifie son président. Il ne fallait pas la manquer, sous peine qu’elle ne se présente plus jamais. De plus, nous connaissions bien nos collègues des Ajoncs et savions qu’ils étaient sérieux. »
Un service de qualité
Forte de 7 adhérents et de 300 ha supplémentaires, l’activité fusionnée a permis le récent achat d’une ensileuse neuve, une John Deere 8400 avec un bec 8 rangs. Un modèle choisi en concertation entre les deux groupes. Le tout en contenant l’augmentation du prix d’utilisation facturé aux adhérents.
« Aujourd’hui, nous possédons trois machines. La John Deere de 2024, et deux ensileuses avec bec 6 rangs, une Claas Jaguar 930 de 2014 et une Jaguar 850 de 2004, dénombre Benoît Marteau. La cuma Sud-Gâtine facture autour de 100 €/ha l’ensileuse avec chauffeur, entretien et GNR. Le prix exact sera connu en janvier 2026. »
Un tarif compétitif comparé à ceux des ETA locales. « Sans compter que, pour 12 €/h, les adhérents ont consenti à garder la vieille Jaguar 850, cette troisième machine servant de mulet en cas de besoin, » ajoute Charles. La meilleure assise économique provoque de nouveaux projets pour satisfaire les adhérents. Citons l’achat d’un bec pour maïs en épi, l’étude d’un service d’ensilage de paille…

La fusion des activités ensilage au moment opportun
« Une fusion ne se fait pas du jour au lendemain, témoigne Charles Moreau. La cuma Sud-Gâtine avait l’idée de cette fusion depuis plusieurs années. À la faveur d’un dispositif d’aide à l’investissement attractif, nous aurions pu engager le processus il y a 2 ou 3 ans. Mais le projet n’était pas assez mûr, l’état d’esprit insuffisamment préparé. » La concomitance des besoins de renouvellement pour fin 2024 – début 2025 était le bon moment pour fusionner. Et si c’était à refaire ? « Cette fusion a réussi parce que les parties ont pris confiance l’une avec l’autre, observe-t-il. Le fait que le nombre d’adhérents des Ajoncs soit petit a aussi favorisé la communication. Pour l’instant, c’est un succès. L’opération pourrait inspirer d’autres projets similaires, il ne faut pas rester fermé », conclut le président.
La fusion des activités ensilage en chiffres
La cuma Sud-Gâtine a remplacé une ensileuse par une neuve, une John Deere 8400. La cuma des Ajoncs lui a vendu son ensileuse Claas Jaguar 930. Les adhérents de la cuma des Ajoncs intéressés par l’activité ensilage fusionnée ont pris des parts sociales dans l’activité ensilage de la cuma Sud-Gâtine. Cette dernière facture les frais liés à cette activité aux adhérents des deux cuma.
- Nombre d’adhérents : 80
- Nombre de matériels : une centaine, du travail du sol à la récolte (moisson, ensilage)
- Chiffre d’affaires : 500 000 €
- Bâtiments : 2 hangars avec atelier
- Emploi : 3 salariés, chacun mécanicien et chauffeur. 1 assistante administrative.
- Nombre d’adhérents : 25 adhérents de la cuma Sud-Gâtine, 7 de la cuma des Ajoncs.
- Un responsable, Julien Arcourt, coordonne les chantiers chez tous les adhérents.
- Matériels : 3 ensileuses. Une John Deere 8400 avec bec 8 rangs et pick-up de 4,5 m, une Claas Jaguar 930 avec bec 6 rangs et pick-up de 4,5 m, une Claas Jaguar 850 avec bec 6 rangs et pick-up de 4,2 m (en machine de dépannage).
- Surfaces : 700 ha avant la fusion, 1 000 ha en 2025. 65 % en maïs, 35 % en herbe.
- Tarif : 96 €/ha à Sud-Gâtine et 120 €/ha aux Ajoncs avant la fusion ; autour de 100 €/ha après la fusion.
- Chiffre d’affaires : 70 000 € avant la fusion pour Sud-Gâtine. Environ 100 000 € après la première année de fusion.





