La cuma ou la Scic pour gérer des abattoirs publics

La Cour des comptes a épinglé mardi la gestion des abattoirs publics d'animaux de boucherie par les collectivités locales, proposant de confier leur gestion à tous les acteurs concernés ou de basculer vers l'abattage mobile.

De bonnes intentions non suivies d'effets (©BlackRiv chez Pixabay).

« La situation financière des abattoirs publics d’animaux de boucherie est dégradée. Ce constat amène la Cour à considérer que l’intervention des collectivités locales en matière d’abattage a perdu ses justifications », indique l’institution dans son rapport annuel. L’étude portant sur 80 abattoirs publics, communaux ou intercommunaux, dans neuf régions, montre des équipements « souvent surdimensionnés et sous-exploités, alors que leur production totale ne représente plus que 7% de l’ensemble de la filière ».

Coûteux pour les collectivités

De plus, « les tarifs pratiqués ne permettent toujours pas d’assurer l’équilibre des services et les budgets communaux supportent de lourdes charges qui s’assimilent souvent à des aides économiques consenties à des opérateurs privés », assure le rapport. La Cour souligne que de nombreux abattoirs publics ont été maintenus pour permettre à de petites exploitations locales « d’obtenir les recettes nécessaires à leur maintien » et assurant ainsi « une fonction socio-économique ».

Mais pour la Cour, le soutien public à ces équipements de proximité ne se justifierait que si « la localisation des équipements avait pour conséquence systématique, dans certaines zones, un transport des animaux pendant plus de huit heures, durée fixée par un arrêté du 5 novembre 1996 de ministre de l’Agriculture ». Or « ce n’est pas le cas« , souligne-t-elle.

L’argument de vouloir favoriser les circuits courts ne tient pas non plus, selon elle, car « leur spécificité n’est pas la distance entre le producteur et le consommateur mais le faible niveau d’intermédiation. »

Des solutions de substitution

De nouveaux modes d’abattage et de nouvelles modalités de gestion pourraient permettre de proposer des solutions de substitution, selon la Cour des comptes. Celle-ci rappelle ainsi que la loi alimentation (« Egalim ») a prévu de mener une expérimentation d’abattoirs mobiles permettant un abattage à la ferme. Elle propose également un mode de gestion privé collectif des abattoirs qui associerait tous les acteurs concernés: petits exploitants, bouchers chevillards (grossistes) et même les salariés des équipements, sous la forme soit de coopératives d’utilisation de matériel agricole (CUMA), soit de sociétés coopératives d’intérêt collectif (SCIC).

Crédit photo : BlackRiv, chez Pixabay.

 

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