Le lisier sort à l’heure du premier apport

Au Gaec des lilas, le lisier est partiellement utilisé pour fertiliser des céréales à paille. Face à l’économie d’intrants, des questions d’organisation des chantiers, d’agronomie…, se posent. Une démonstration était organisée aux abords du Couësnon, le fleuve où Normandie et Bretagne se rencontrent.

La solution de l'épandage sans tonne se prête bien aux céréales implantées à moins d'un kilomètre d'une fosse à lisier.

60 unités par ha d’azote économisées sur 20 ha de céréales que le Gaec des Lilas a partiellement fertilisés avec son lisier. Cela fait «une réduction d’environ 900 € de la facture d’engrais du Gaec l’an dernier», calcule dans les grandes lignes Valentin Garault, de la chambre d’agriculture de Bretagne. Anaëlle Macquet (animatrice de la fdcuma 35/22 et Ceta 35) glisse que cela laisse une marge de 1€/m3 que l’on peut accorder à l’acte d’épandage, tout en restant gagnant par rapport à une conduite classique. Les organisateurs d’une démonstration sur le bassin versant du Couesnon(1) excluaient de leur calcul les autres vertus agronomiques de l’effluent, ainsi que l’intérêt que trouveront certains élevages à augmenter la surface de leur plan d’épandage avec ces quelques hectares de céréales.

l'éleveur devant l'automoteur

Claude Nicolle, associé du gaec des Lilas, accueillait la journée. La ferme abrite plusieurs ateliers d’élevage et pratique déjà l’épandage sur céréales quand c’est possible.

Trouver de la surface épandable

S’ils parlent de surcoût, c’est que l’intervention pour du lisier est plus lourde qu’une distribution d’engrais minéral. D’autant que sur culture en place, des solutions alternatives à la buse palette s’imposent. «On sera plus sur des systèmes enfouisseurs ou pendillards», agrée Jérôme Damoiseau, animateur du réseau cuma spécialisé sur la question de l’épandage. Sur la parcelle mise à disposition par le Gaec localisé sur le bassin versant du Couësnon, il introduisait aussi une autre question, celle du tassement du sol.

Trouver les équipements adaptés

Ce dernier sujet était au cœur des interrogations de la séquence de démonstration. A côté de la tonne à lisier à pendillards de la cuma de Sacey, les organisateurs avaient sollicité le système sans tonne d’une cuma bretonne et l’automoteur d’une ETA voisine qui s’en sont plutôt bien sortis sur ce point de l’impact lié au passage des roues.

Sans tonne, le poids mis dans le champ est faible et le tassement sera encore plus limité si le tracteur est doté de télégonflage, tandis que «l’automoteur Vervaet dispose de 5 roues qui ne passent pas au même endroit», rappelle Jérôme Damoiseau. Le conseiller apprécie aussi le travail de l’enfouisseur sur une culture annuelle en place: «C’est la première fois que je constate cela. On voit que c’est possible et ça ne devrait pas pénaliser la culture.» Sa collègue, Anaëlle Macquet, complète: «Nous retournerons voir dans quelques semaines et à la récolte, s’il y a des différences liées au tassement ou à une moindre volatilisation de l’azote grâce à l’enfouisseur.»

tonne rampe pendillards

La tonne Samson de la cuma de Sacey intervient pour la fertilisation des céréales des adhérents grâce au pendillards.

Agenda
- Le réseau cuma organise une autre journée sur l’épandage de lisier dans les jours qui viennent. Le 13 mars (14h), à Cigné (Ambrières-les-Vallées, 53), il sera question de rampe pendillards et d’enfouisseur.
- Le jeudi 14 mars, retour sur le bassin versant du Couesnon. 9 agriculteurs proposent une restitution de leurs tests sur la conduite de couverts végétaux, avec une visite sur le terrain l'après-midi. Rendez-vous à la salle polyvalente de Montanel dès 10h30 (buffet rapide sur place).
Le chauffeur de la cuma de Ranée

Cédric Restif est le chauffeur de la cuma de la Vallée de l’Ardenne. En chantier sans tonne, il ajuste la vitesse d’avancement en fonction de la commande de l’adhérent pour épandre la bonne dose. Le débit de chantier va de 50 à 100 m3/h, pour une moyenne proche de 70 m3.

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