S’organiser pour une bonne qualité d’ensilage

A la cuma l'Aurore en Ille-et-Vilaine, on prend le temps de réaliser ses ensilages de maïs. Objectif : une bonne maîtrise de la qualité.

La qualité de l’ensilage est particulièrement observée à la cuma l’Aurore de Pleumeuleuc. Ici, Jean-Noël David, le président.

Pour obtenir une bonne qualité de l’ensilage du maïs, tous les adhérents sont convoqués à une réunion sur le planning de l’automotrice. Ainsi commence la saison des ensilages de la cuma l’Aurore, à Pleumeleuc (35). Les responsables réagissent « dès que l’on voit que des fenêtres vont se présenter », explique le président du groupe, Jean-Noël David. Il précise : « Nous préférons devoir organiser une seconde réunion par la suite, que de démarrer la saison avec du retard à rattraper. »

Conserver une marge de manœuvre

Ainsi, pas de retard à l’allumage pour la coopérative d’une quarantaine d’adhérents dont un peu plus de la moitié compte sur l’ensileuse de la cuma pour remplir ses silos. Pour eux, le vrai coup d’envoi se fait même en amont, car à la réunion de planning : « Les adhérents ont fait leurs tours de champs et analyses de matière sèche. Tout le monde sait où en est son maïs », constate le président. Preuve d’un professionnalisme toujours croissant et généralisé à tous les moments clés. Le jour de la récolte n’y fait pas exception. « L’éleveur est le responsable du chantier. Donc c’est à lui de dire quand il y a quelque chose qui ne va pas. Il faut pouvoir prendre deux minutes de temps en temps pour regarder », revendique le président de la cuma, en observant que ses adhérents « le font de plus en plus ».

Réduction des surfaces pour une meilleure qualité

Fabien Lorans, animateur de la fédération des cuma Bretagne Ille-Armor, constate cette réalité. En 2017, il réalisait un suivi de chantier à la cuma l’Aurore. « Ils prennent le temps de faire du bon boulot. C’est une phrase importante que j’ai retenue » et qui a valu à la cuma d’intervenir lors d’une assemblée générale de la fédération. Sébastien Grosmaître, le salarié permanent de la cuma, y a notamment mis en avant une contrepartie positive de la réduction d’environ 30 ha de la surface à faire en 2017 : moins de pression sur la cadence de l’ensileuse permet d’insister encore un peu plus sur la qualité du travail.

Conscient que « la cuma doit faire du boulot irréprochable », Jean-Noël David confirme l’attention de son salarié permanent. Même si la cuma embauche un saisonnier pour l’épauler, c’est lui qui assure la grande partie de la campagne de l’automotrice et, sur l’ensemble de l’année, la conduite d’engins constitue une de ses deux missions principales. « Il a des comptes à rendre aux adhérents », constate encore le président qui salue aussi : « Quand il y a un problème, il arrête pour prendre le temps de le résoudre. » Fabien Lorans assène : « Il est à cheval là-dessus. »

Les adhérents sont rigoureux, le salarié aussi

On doit aussi maîtriser le prix, c’est un équilibre à trouver entre la surface pour réduire le coût unitaire et la qualité de service. Et dans le schéma, le matériel n’a rien d’anodin. Le type de machine doit correspondre. Pour les 450 ha, « nous avons une ensileuse John Deere 8300, 490 ch, alimentée par un bec 8 rangs », pour un coût facturé moyen de 140 €/ha, sachant que le calcul intègre la surface réalisée et le temps passé.

Une nouvelle fois, le mot rigueur qualifie la politique de maintien en état du matériel. Tout d’abord, au niveau du rythme de renouvellement : « Celle-ci entame sa troisième campagne à l’automne 2018. » La précédente n’était restée que deux ans dans la cuma. « Nous avions fait le calcul, une nouvelle génération sortait… Nous étions gagnants à la changer avant qu’elle ne perde trop de valeur. » À l’issue de chaque campagne d’automne, place à l’entretien. Celui-ci passe par une première visite : « Avec le salarié de la cuma, le responsable de la machine chez le concessionnaire vient faire le tour de l’ensileuse », explique le président. L’idée est d’identifier les travaux à faire pendant l’hiver et saisir l’opportunité des tarifs de morte saison. « L’entretien est une autre mission essentielle du salarié », insiste-t-il.

Le stade de récolte, une base de la qualité du fourrage

L’éleveur à la tête d’un troupeau d’une centaine de productrices reconnaît l’importance du stade de récolte : « C’est une base de la qualité du fourrage obtenu avec le maïs. » Avec son œil de responsable, il juge : « On arrive toujours à caler les récoltes convenablement. » Au maïs, l’ensilage semble même « plus souple » qu’auparavant. « Même si les surfaces par exploitation augmentent et que certains doivent récolter en deux ou trois fois », le fait que le nombre de fermes à servir se soit réduit allège le planning. Et la saison s’étale d’autant mieux que, dans le secteur, « nous avons aussi du maïs semé sous plastique qui est fait ».

Jean-Noël David souligne enfin l’importance pour l’activité d’avoir aussi une surface d’herbe à récolter au printemps. « Nous avons un pick-up repliable et l’ensileuse fait une centaine d’heures. » Même si, pour le responsable, l’ensilage est « encore plus stressant à l’herbe qu’au maïs », c’est un facteur non négligeable dans la maîtrise du coût de l’hectare ensilé qui permet de ne pas devoir saturer l’outil sur la seule saison d’automne. 


Jusqu’au bout

Dès la cour de la ferme, là où l’ensemble tasseur s’active lors de cette journée spéciale, le soin apporté à la récolte fourrage s’observe. « Nous avons un ensemble spécialement prévu pour le tassage, que les adhérents peuvent louer », répond Jean-Noël David. Une lame, un tracteur, et entre les deux une masse qui peut se positionner sur un attelage frontal. Le président de la cuma se montre satisfait du système proposé par Althimasse. « C’est un investissement que nous avons fait spécialement pour mettre à disposition des adhérents un véhicule bien équilibré. »

qualité de l'ensilage du maïs

La masse s’accroche sur l’attelage du tracteur et porte la lame, le tout en privilégiant la visibilité pour les manœuvres.


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