Remorquage autorisé ou interdit ?

Réglementation
dolly

Une solution bien pratique (© Cuma Or Noir).

01/07/2016 - 06:30

Les utilisateurs de chariots de type «Dolly» pour remorquer des voitures doivent-ils s’inquiéter ? Une clarification sur ce type d’équipement serait en tout cas nécessaire.

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Lors des chantiers éloignés et qui durent plusieurs jours, il est bien pratique pour les chauffeurs d’engins agricoles de disposer d’une voiture pour rentrer le soir chez eux ou simplement faire une course. D’où l’invention de ces petits chariots à un essieu appelés «Dolly». Mais tout serait trop simple si l’administration ne venait pas s’en mêler, comme l’a constaté René Autellet, ingénieur conseil spécialisé dans les homologations routières. Il a raconté l’histoire dans le numéro 103 de de Sitmafgr Liaison. Extraits.

Fabrication maison

«Souvent fabriqués à la ferme, formés d’une flèche d’attelage et d’un essieu porteur tournant sur lequel vient se placer l’essieu avant du véhicule de chantier, ils sont prévus pour rouler à 25 km/h, signalés généralement par la mise en ‘warning’ des feux clignotants. Tellement pratiques, ces Dolly, que la demande a incité un constructeur à construire et commercialiser un modèle rationnel. Soucieux de rester dans la légalité, ce constructeur a demandé à sa DRIRE de rattachement l’homologation de ce petit engin pour circuler sur route.

Premier avis positif

Réponse du 29 mai 1997 : «…votre véhicule n’est pas soumis à réception préalablement à sa mise en circulation. En effet, en application de l’Article R163 du Code de la route, sont dispensés de réception les remorques ou appareils agricoles dont le poids total autorisé en charge est inférieur à 1500 kg et destinés à être attelés à un tracteur ou à une machine agricole automotrice». Magnifique ! Forts de ce laisser passer qui a satisfait nombre d’agents de la circulation, pas moins de 500 Dolly furent construits et mis en service jusqu’à ce que… le véhicule de chantier évolue au rythme des structures d’exploitation !

dolly forestier

Un exemple où un plateau ne passerait pas (© René Autellet).

Second avis négatif

De la petite 4L ou autre Méhari, le véhicule de service s’est transformé en un gros 4×4 pick-up, franchissant allègrement la barre fatidique des 1500 kg de PTAC pour le Dolly. Nouvelle lettre à cette même DRIRE devenue DREAL, dont les signataires du premier courrier rédigent le 3 mars 2014 la surprenante réponse : «Votre matériel n’entre pas dans la définition d’un véhicule agricole remorqué» !!! (…)

Une clarification nécessaire

Toujours est-il qu’il est difficile de dire à nos agriculteurs si les centaines de Dolly en service sont autorisés à circuler ou non sur la voie publique (…). Seul le véritable plateau semble donc convenir à l’administration. Or, il est non seulement plus cher mais aussi beaucoup moins maniable, surtout quand on sait que des Dolly sont parfois attelés directement sur des tracteurs avec un outil porté. René Autellet conclut ainsi que, faute de clarification, les utilisateurs de Dolly n’allument plus leurs ‘warning’ mais de véritables ‘feux de détresse’…

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