Faible production de maïs grain en 2026
Le premier, connu de tous, est l’été caniculaire qu’a subi le maïs dans toutes les régions de France. Même si le déficit hydrique a été marqué pendant toute la campagne, “la canicule de juin a été la plus dévastatrice, annonce Aude Carrera, ingénieure chez Arvalis. Dans beaucoup de situations, mais surtout dans le sud de la France, les maïs étaient à la transition florale, voire à la floraison, ce qui est le stade le plus sensible au stress hydrique.” Ces jours-là, les besoins en eau de la plante ont pu frôler les 12 mm/jour. Impossible de tenir.
Le maïs grain, mais aussi celui destiné à l’alimentation du bétail ont souffert. “La production de maïs grain est en retrait certes, mais près de 86 % de ce type de maïs a été transféré pour le fourrage, cela représente près de 230 000 ha, précise Aude Carrera. Car pour le maïs fourrager, le rendement est également en retrait à 9 tMS/ha contre 13 en moyenne, soit une réduction de 31 %. Ce qui pose souci reste la question des conditions de conservation. Cette année, il s’agissait de bien évaluer la date d’ensilage.” Certains maïs ont été récoltés sans épis ou avec peu de grains. Là, la valeur alimentaire et la digestibilité du fourrage doivent être évaluées.
Irrigué vs pluvial, des pertes à déplorer
La récolte a été rapide et hâtive et les grains ont été récoltés secs, proches des normes de 15 % d’humidité quelle que soit la région. Fait rare. Toutefois, dès l’été le maïs a laissé entrevoir de fortes baisses de rendements. “En moyenne, le rendement de maïs grain sec s’établit autour des 46 q/ha, annonce l’ingénieure. Que le maïs soit irrigué ou non, toutes les parcelles ont été touchées par une baisse des rendements. Ils sont de 45,9 q/ha en pluvial contre 96,7 q/ha en irrigué. Mais ce n’est pas représentatif, tant les situations diffèrent.”
L’irrigation est déclarée comme nécessité pour sécuriser la production de maïs selon le syndicat. Les résultats de cette année le démontrent. “Cette année encore, nous avons constaté une réelle efficacité de l’irrigation, assure Aude Carrera. Dans nos essais nous avons constaté que 10 mm d’eau apportent en moyenne 3 q/ha.”
Efficacité d’irrigation, forte hétérogénéité
Sur le territoire français, on note davantage d’hétérogénéité. Qui soulignent les possibilités données aux agriculteurs d’irriguer. Selon le type de sol, le volume d’eau à disposition, les dates et fréquences des apports d’eau, les rendements passent presque du simple au double. “Il a fallu, cette année, accompagner la floraison du maïs et ne pas démarrer trop tard l’irrigation”, relate l’ingénieure. Ainsi dans un sol limoneux alsacien, 196 mm apportés ont procuré 123 q/ha tandis que dans un sol de grès en Charentes, 249 mm n’ont procuré qu’un rendement de 80 q/ha. Cela demande tout de même un accompagnement rythmé, et ce, sur le long terme.
Une irrigation qui reste rentable cette année. “Un agriculteur d’une même zone peut produire 123 q/ha grâce à son installation d’irrigation, contre 39 q/ha pour un agriculteur non irriguant”, illustre Franck Laborde, président de l’AGPM.
Vers 2027
Un investissement qui demande toutefois de la visibilité. “En 2027, les éleveurs risquent d’avoir besoin de fourrages, annonce le président. Mais sans assurance multirisque valable, ni d’aides pour relancer la production, les emblavements de maïs, dans les zones où l’irrigation est impossible ou limitée, seront questionnés.”
Le président, comme les autres syndicats de grandes cultures demandent d’ailleurs, une aide de 450 €/ha pour relancer les emblavements de 2027.
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