Ensileuses: sans aides, des renouvellements ardus

En Creuse, le parc des matériels et notamment des ensileuses en cuma peine à se renouveler en l’absence d’aides financières via le PCAE. Un sujet largement débattu à l’AG de la Fdcuma du 3 mars à Guéret.

Les participants à l’AG de la Fcuma Creuse le 3 mars ont déploré les conditions restrictives du PCAE (2017-2020) qui compliquent le renouvellement des matériels, en premier lieu les ensileuses.

Le représentant du CER France Centre Limousin présent à l’AG a détaillé les résultats économiques par UTH en Creuse et Haute-Vienne. Seulement à 13.889€ en moyenne pour 2018! Ce piètre revenu est en partie lié aux difficultés économiques de la production de viande bovine. Pour rappel, le résultat était à 22.000€ en 2016. Cette faible rentabilité suscite le découragement et même le départ d’agriculteurs avant l’âge de la retraite.

Dans les comptas, la mécanisation pèse lourd: 44.000€ en moyenne par exploitation. C’est le 1er poste de charges fixes selon le représentant du CER. L’analyse montre le faible recours aux travaux par tiers. Les factures d’ETA ou cuma dépassent à peine 5000€, contre 9000€ pour les carburants et lubrifiants. Près de 9000€ également pour charges d’entretien et de réparations et 24.500€ pour les charges d’amortissement. Des marges d’économies existent encore pour certaines exploitations. L’ampleur des ventes récentes de tracteurs neufs de grosses puissances, indique d’ailleurs çà et là des situations de sur-mécanisation, malgré une conjoncture économique maussade …

Quid du renouvellement des ensileuses?

Pour les représentants de cuma présents à l’AG, le PCAE en cours (2017-2020) est jugé trop restrictif en comparaison des anciens dispositifs d’aides existants avant la fusion des régions. Conséquence: cela freine les achats en cuma, alors que la situation économique plaiderait pour inciter davantage à mutualiser les matériels.

Dans le PCAE actuel (4 millions d’euros par an sur la Région), certaines catégories de matériels d’élevage ne sont pas jugées prioritaires. Et les renouvellements de matériels, tout comme les achats d’occasion, sont exclus. Cette situation suscite beaucoup d’inquiétude, en particulier pour la pérennité des activité ensilage (une trentaine d’ensileuses en cuma dans le département). Comment faire pour continuer l’ensilage en cuma compte-tenu de la hausse considérable des prix des machines, de la disparition des petits modèles les moins chers, et de la baisse des surfaces? «On est désormais contraint de rayonner sur plusieurs cantons pour obtenir une surface suffisante, c’est compliqué» explique Laurent Henry, co-Président de la Fdcuma.

Renouvellement des ensileuses

Sébastien Reynier, Président de la Frcuma Nouvelle-Aquitaine et Joëlle Tarico, chargée de mission agroéquipement et agroécologie.

 

L’ensilage, une activité moteur!

Attention! L’impact d’une disparition d’ensileuse peut déstabiliser les cuma, témoignent les présidents et trésoriers présents. L’ensilage est souvent l’élément fédérateur à partir duquel s’enclenchent des dynamiques d’investissements et des organisations collectives de chantiers. Sébastien Reynier, le président de la Frcuma a rappelé les choix qui avaient été retenus dans la négociation du PCAE avec la Région, dans un cadre budgétaire contraint et avec une exigence d’équité pour les 12 départements.  Il invite ses collègues Creusois à s’associer d’ores et déjà aux réunions préparatoires au prochain PCAE programmé pour la période de 2021 – 2025.

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