La fp cuma 640 propose des solutions sur le travail en commun

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La fp cuma 640 propose des solutions sur le travail en commun

Véronique Lucas (sociologue rurale à l'Inrae), Clément Laucher (cuma Miesposa) et Philippe Frachou (cuma Garralda) ont apporté leurs analyses sur le travail en commun. (©Entraid Médias)

La fp Cuma 640 a consacré une table ronde sur le travail en commun lors de son assemblée générale 2026. Deux présidents de cuma et une sociologue ont apporté leurs retours d'expériences comme autant de solutions.

La fp Cuma 640 a consacré une table ronde sur le travail en commun au cours de son assemblée générale 2026. La fédération du Béarn, des Landes et du Pays Basque avait invité trois personnes pour apporter des retours d’expérience utiles à ce sujet. Clément Laucher, président de la Cuma Miesposa, à Misson (Landes) et Philippe Frachou, président de la Cuma Garralda à la Bastide-Clairence (Pyrénées-Atlantiques), ont témoigné. Véronique Lucas, de l’Inrae, apportait son regard de sociologue rurale. Résumé des échanges en questions – réponses.

Pas de travail en commun en cuma : c’est grave docteur ?

« Dans la cuma, chacun travaillait pour soi, commence Clément Laucher. L’entraide n’existait pas. J’ai souhaité développer le travail en commun. Cela a été dur à mettre en place. »

Désormais, la Cuma Miesposa implante le maïs chez les adhérents selon un système d’entraide efficient. « Tout le monde donne du temps à la cuma, jusqu’au dernier passage de semoir chez le dernier adhérent », illustre Clément. Même topo chez Philippe.

Dans sa cuma locale régnait un état d’esprit davantage clientéliste que coopératif. « La création d’un groupe tracteur à 5 fermes a créé de la cohésion, l’entraide est apparue », se souvient-il.

Le conseil de Véronique Lucas

« Rien n’est forcément spontané dans un collectif. Le travail en commun demande d’apprendre à connaitre les autres. Initier des démarches pour que les collègues goûtent au collectif est à recommander. Ecouter les réalités des uns et des autres oriente vers des solutions de travail collectif : entraide, banques de travail… Développer le travail en commun requiert de composer avec le vécu et la personnalité de chacun. Certains n’ont connu que des relations professionnelles verticales. Ils peuvent ne pas apprécier le système horizontal des Cuma. »

Comment impliquer les adhérents dans la vie de la Cuma ?

A la cuma Garralda, Philippe Frachou s’est appuyé sur le groupe tracteur pour instaurer des réunions, en y favorisant l’expression de chacun. « Nous faisons deux à trois points par an. Une fois nous avons fait l’impasse, les conséquences négatives n’ont pas tardé, sourit-il. Chaque fois l’objectif est de finir d’accord, parfois grâce à des compromis. »

A la cuma Miesposa, la réponse de Clément fuse : « mettre les adhérents autour d’un apéro ou d’un repas, ça crée de la cohésion ! »

Le conseil de Véronique Lucas

« Le concept de réunion rebute certains. Les échanges peuvent passer par des moments moins formels, où l’on donne la parole à chacun. Par exemple, réunir les nouveaux adhérents favorise leur intégration en les mettant en confiance. »

assemblée générale fp cuma 640 2026

 » Travailler ensemble d’accord, mais pas avec les autres ! » Perrine Deza, humoriste et autrice, a introduit le sujet avec humour. (©Entraid Médias)

OK, mais quid des adhérents « opportunistes ». Faut-il faire avec ou sans eux ?

Parfois, « il est difficile de les raccrocher », soupire Philippe Frachou. Pour Clément Laucher, l’implication des adhérents est proportionnelle à la valeur de l’outil partagé « c’est le cas dans les groupes tracteurs », selon lui. La taille du groupe semble importer également. « Travailler en petit groupe favorise la cohésion, les conflits s’y règlent rapidement », complète-t-il.

Une piste qu’étudie la fp Cuma 640 : « nous parions sur la relance de groupes tracteurs avec un nombre réduit d’adhérents, dira Fabrice Casteraa, président de la fédération de proximité, en fin d’AG. Selon nous, ils constituent une solution crédible pour baisser les charges de mécanisation. »

Le conseil de Véronique Lucas

« Il faut faire comprendre que l’avis de chacun compte. Il existe des astuces pour ramener du collectif : demander aux gens peu investis pourquoi ils ne s’impliquent pas plus, recueillir les contraintes de chacun… »

« Attention à ne pas fermer les groupes. La Cuma doit aussi s’adapter à ses adhérents, grâce à l’expression de chacun » précise Richard Finot, directeur de la fp cuma 640.

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