Gare aux «coups de foudre»

Sur le terrain
risques d'électrocution agricole : les machines agricoles s'équipent de détecteurs.

L’ensileuse de la cuma de la Croisière en Vendée a heurté une ligne haute-tension au moment de l’ensilage. Mot d’ordre en pareille circonstance : le conducteur de la machine doit rester dans son engin !

15/11/2018 - 10:00

Le 28 août, la nouvelle ensileuse de la cuma de la Croisière en Vendée a malencontreusement heurté une ligne électrique de 20.000 volts! Sans faire de victimes heureusement, mais cela est passé très près … et cela donne à réfléchir!

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Le 28 août dernier, le chantier d’ensilage maïs vient juste de débuter chez un agriculteur du Bocage Vendéen. La nouvelle ensileuse de la cuma la Croisière étrenne ses premiers ha dans de beaux maïs. Pour l’occasion, le conseiller en machinisme de l’Union des cuma des Pays de Loire, Michel Seznec est là. Il a pris place dans la cabine à côté du chauffeur pour observer le comportement de cette nouvelle machine.

«Nous attaquions le 3 ème tour de la parcelle, concentrés sur le travail de la machine, nous n’avions rien repéré d’anormal jusqu’ici. Et soudain: clac!  la goulotte dépliée à son maximum, à 6,55 m du sol, accroche et coupe l’un des 3 fils de la ligne électrique qui traverse la parcelle».

Les deux passagers sont, forcément, saisis de stupeur et d’émoi. Mais, le conseiller en machinisme qui comme par magie avait lu le matin même une info sur les risques d’électrocution avec des matériels agricoles adopte spontanément le bon réflexe: arrêter immédiatement la machine et ne pas en sortir! «C’est ce qu’on est tenté de faire d’emblée pour aller voir ce qui passe. Mais cela peut être un geste fatal car un arc électrique risque de vous foudroyer dès l’instant où vous touchez terre. Surtout que lors des coupures, le courant se ré-enclenche plusieurs fois automatiquement» prévient Michel Seznec. Rester dans la machine est donc impératif pour avoir la vie sauve. Les pneumatiques de l’ensileuse jouent en effet le rôle efficace d’isolants

Rester dans la machine!

La suite, c’est une épreuve de patience. Immédiatement, il faut avertir les pompiers et Enedis, le gestionnaire des lignes. «Dans notre cas, les pompiers sont intervenus rapidement, ¼ d’heure après notre appel, ils étaient là. Par contre, il nous a fallu attendre 1 heure pour que les techniciens interviennent. Ils doivent s’assurer de la coupure du courant et nous permettre enfin de sortir».

Forte de cette expérience éprouvante mais qui heureusement, n’a pas fait de victime, la cuma de la Croisière s’est équipée aussitôt de deux détecteurs de lignes sonores pour chacune de ses deux ensileuses, achetés 3000 € pièce. «Vu le prix de l’ensileuse et au regard du risque mortel encouru au-delà des risques de détérioration électronique, un tel équipement devrait être compris dans l’investissement» insiste Michel Seznec. Il constate que la présence de lignes moyenne ou haute tension sur les parcelles agricoles peuvent générer de graves dangers pour les chauffeurs d’ensileuses. Mais également de bennes au moment du déchargement, de chargeurs télescopiques, de moissonneuses lors de la vidange de grains, de pulvérisateurs lorsque les rampes se déplient, de tuyaux d’irrigation, etc … .

 

risques d'électrocution agricole à ne pas négliger.

Des systèmes de mesures permettent de connaître précisément la hauteur des lignes électriques

«Dans la réalité, les agriculteurs n’ont pas forcément une connaissance précise de la hauteur des lignes, qui d’ailleurs peut varier selon la température, l’âge,…» Dans le département voisin du Maine et Loire, la cuma Loir-Authion a eu un souci similaire avec à la clé, un pneu de cramé! Eux aussi ont acheté un détecteur.

Détection des lignes

Des systèmes de mesures automatiques existent pour connaître précisément la hauteur des lignes. D’autre part, une application sur smartphone est en test. Elle permettrait aux chauffeurs de répertorier en direct le réseau de lignes à proximité. D’ores et déjà, le site www.sousleslignes-prudence.com recense toutes les consignes de sécurité en la matière. Vous pouvez contacter aussi le service Prévention des risques professionnels de votre MSA. Au-delà des équipements ad-hoc, c’est d’abord la vigilance qui s’impose en toute circonstance. Pour éviter le pire!

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Des précautions de base !

La MSA insiste sur les précautions qui s’imposent en présence de lignes à haute tension de 15 à 20 000 volts, car celles-ci ne sont seulement qu’à 6 m du sol, voire moins suivant les conditions !

- Faire passer un engin sous une ligne électrique à haute tension exige de connaître préalablement le gabarit maximal de la machine.
- La hauteur de ligne aux points de franchissement doit au moins être égale à la hauteur des matériels augmentée d’1 m.
- Pour des manœuvre à proximité des lignes haute tension jusqu’à 50.000 volts, la distance de sécurité est de 3 m.
- Le dépôt de produits sous les lignes (fumier, betteraves, ensilage, meule de paille) est à proscrire.
- Les travaux de nuit ou par visibilité réduite accentuent le risque d’accident.
- Lorsqu’il confie le travail à un salarié, l’agriculteur doit absolument l’informer des zones à risques.
- En cas d’accident, le conducteur de la machine doit rester dans son engin. Il ne devra sauter qu’en cas de nécessité absolue et sans la toucher pour éviter la mise à la terre. Et les autres personnes présentes ne doivent surtout pas s’approcher de l’engin susceptible d’être sous tension.

Source : MSA

 

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