Des cuma du Tarn passent les semoirs pour semis direct au crible

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Des cuma du Tarn passent les semoirs pour semis direct au crible

Des adhérents des cuma du Cahuzacois et de Coufouleux se sont renseignés sur les semoirs pour semis direct à Innov'Agri 2026. (©Entraid)

Des adhérents des cuma du Cahuzacois et de Coufouleux, situées dans le Tarn, investiront fin 2026 dans des semoirs pour semis direct. Ils partagent leurs réflexions sur les solutions techniques à choisir.

Quel semoir pour semis direct choisir ? Les cuma du Cahuzacois et de Coufouleux ont arpenté les allées d’Innov’Agri sud-ouest 2026 avec cette question en tête. Ces deux groupes, situés près de Gaillac dans le Tarn, comportent une douzaine d’agriculteurs souhaitant adhérer au dispositif « Objectif SOL ». Mené à l’échelle du bassin versant du Tarn aval, ce programme vise à accompagner les agriculteurs volontaires pour évoluer, sans surcoût, vers l’Agriculture de Conservation des Sols (ACS). « Le dispositif propose des aides en contrepartie d’engagements, explique Sébastien Jalby, animateur de la Fdcuma 81. Il faudra par exemple couvrir les sols au maximum et labourer moins de 10 % des surfaces en céréales et oléoprotéagineux. »

Quel semis direct pour les cuma du Cahuzacois et de Coufouleux ?

Agrisem T-Boss

Les membres des groupes penchent vers des semoirs à dents à suspension individuelle par parallélogramme, comme cet Agrisem T-Boss. (©Entraid)

Intéressés par l’ACS, les deux groupes d’agriculteurs tarnais doivent chacun trouver le semoir adéquat pour semer couverts, céréales, colza… D’abord, l’outil devra permettre de satisfaire les principes de ce mode de culture. À savoir un travail minimal des sols, un allongement des rotations et une couverture maximale des sols au cours de l’année.

Ensuite, il devra remplir ces fonctions tout en étant adapté au contexte des utilisateurs : terroir, reliefs, parc de tracteurs existant, technicité des exploitants…

Semoir à dents plutôt que semoir à disques

Razol Contour Master

Les semoirs visés implanteront d’abord des couverts, des céréales et du colza, avec 20 à 25 cm d’écartement. (©Entraid)

« Nous ciblons des semoirs à dents avec écartements de l’ordre de 20 cm, chacune portée par un parallélogramme », s’accordent les deux cuma. Plus précisément, des dents fines, épaisses de 12 mm.

Pourquoi des dents, plutôt que des éléments semeurs à disques ? « Avec un semoir à disques, c’est plus compliqué de travailler en conditions humides, expliquent les adhérents. De plus, les réglages sont plus difficiles à réaliser. Enfin, nous craignons une usure plus forte avec des disques. » Les dents fines limiteront le foisonnement de terre. Cela réduira les risques de salissement aux abords des sillons.

Dents sur parallélogrammes

Agrisem T-Boss détail

La suspension des dents par parallélogramme favorise des levées homogènes. (©Entraid)

Même consensus pour la suspension indépendante sur parallélogramme. « Cette cinématique favorise le suivi des reliefs. Par conséquent, un parallélogramme aidera à obtenir un semis à profondeur régulière, et donc une émergence homogène avec un bon taux de levées », justifient les agriculteurs.

Or, tous les semoirs à dents pour semis direct n’ont pas de parallélogramme. Innov’Agri Sud-Ouest constitue une occasion pour découvrir les outils s’approchant des cahiers des charges des deux groupes.

Trémie pressurisée

Le type de trémie à graines est un autre point commun entre les souhaits des cuma du Cahuzacois et de Coufouleux. Les groupes prévoient d’apporter jusqu’à trois intrants différents dans un même passage. Toutefois, elles se méfient des semoirs comportant plus de deux trémies : « avec 3 à 4 trémies, cela peut complexifier les ravitaillements », selon les visiteurs tarnais.

La trémie principale sera pressurisée. « Parce que cela limite le tri densimétrique lorsqu’il y a des graines de calibres différents dans la même trémie, analysent-ils. Avec une trémie sous pression, il n’y a pas de Venturi après dosage. Cela évite les variations de débit et facilite le transport des intrants jusqu’aux descentes. »

Châssis porté ou traîné ?

Razol Contour Master

Entre châssis traîné ou porté, les avis des membres des cuma du Cahuzacois et de Coufouleux divergent (ici un Razol Contour Master). (©Entraid)

En revanche, les cahiers des charges des cuma diffèrent à propos du châssis. Lors de sa visite du salon, les adhérents de la cuma de Coufouleux semblait préférer un semoir traîné. « Plus simple à atteler, car notre cuma n’a pas de tracteur avec trémie frontale. »

« Oui, mais l’inconvénient, c’est le poids, près de 3,5 tonnes à vide, rétorquent les membres de la Cuma du Cahuzacois. Nous avons déjà un tracteur avec trémie frontale. Pour le semis direct, nous nous orientons aussi vers un attelage combinant cette trémie avec une rampe de semis portée. Le tracteur sera mieux équilibré, et la trémie davantage rentabilisée. »

Appel d’offres imminent

Pour l’instant, les semoirs capables de cocher de nombreuses cases des deux cahiers des charges ressemblent au Razol Contour Master et à l’Agrisem T-Boss. Les agriculteurs tarnais les ont observés durant leur visite d’Innov’Agri. D’autres, comme le Väderstad Seedhawk, l’Amazone Primera et le Horsch Sprinter figurent dans la liste des prétendants.

« Pour le moment, les groupes se renseignent sur les solutions techniques et les semoirs, décrit Sébastien Jalby.  Ensuite, dans le cadre du dispositif Objectif SOL, nous réaliserons un accord-cadre avec marchés subséquents. Les groupes préciseront leurs attentes lors d’une mise en concurrence des sociétés présélectionnées. » Les bons de commande devraient se signer d’ici la fin 2026.

Objectif SOL finance l’ACS pour préserver la qualité des eaux

Le Syndicat Mixte du Bassin Versant Tarn aval porte le dispositif Objectif SOL. Il promeut la pratique de l’agriculture de conservation des sols (ACS). Selon le syndicat, l’ACS permet une meilleure infiltration de l’eau dans les sols, réduit les ruissellements et l’érosion. Elle aurait un effet positif la qualité de l’eau. Au niveau agricole, elle devrait améliorer  le stockage de l’eau par les sols, le stockage du carbone et la biodiversité, tout en contribuant à l’adaptation de l’agriculture aux effets du dérèglement climatique.

L’Etat (France 2030) et l’Agence de l’Eau Adour Garonne financent l’opération. La fd Cuma 81, avec des intercommunalités et le Département, accompagnent le volet agroéquipement. Pour en savoir plus sur Objectif SOL

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