Le strip-till, une méthode agro-climatique

Adepte du strip-till, Olivier Leroux, adhérent de la cuma de la Saire (50), a investi avec deux autres agriculteurs dans le matériel nécessaire à cette pratique culturale. Toujours en phase d’adaptation, il reste néanmoins convaincu par la méthode face aux exigences du réchauffement climatique.

L’agriculture de conservation : voilà le mouvement dans lequel veulent s’inscrire Olivier Leroux et ses deux autres partenaires. Ils sont disciples du strip-till sur couvert végétal permanent. C’est par conviction qu’ils ont décidé d’investir, avec leur cuma, dans le matériel nécessaire à leurs 60 ha de semis de maïs annuels.

strip-till

Olivier Leroux, l’un des trois adhérents de la cuma de la Saire (50) qui pratiquent depuis six ans le strip-till.

 

Pour eux, cette pratique culturale va dans le sens du temps. Elle participe à la réduction de l’impact de l’activité humaine sur le changement climatique, en limitant les émissions de gaz à effet de serre. Ils visent aussi la capitalisation à moyen et long termes de leur patrimoine, c’est-à-dire leur terre.

«A force de travailler trop le sol, on décapitalise la matière organique en laissant s’échapper le carbone dans l’atmosphère. Ici, nous recapitalisons la vie de nos sols en transformant nos parcelles en humus, commente Olivier Leroux. Et de s’expliquer : Plus le sol est couvert, plus le carbone est stocké. Et comme on le travaille différemment grâce au strip-till, on le décarbone peu.»

Le strip-till est aussi, pour eux, un bon moyen de faire face aux périodes de sécheresse de plus en plus courantes. En ne travaillant qu’en profondeur les lignes de semis, l’inter-rang garde toute son humidité. D’autant plus si le couvert fait office de paillage.

Une méthode aussi pour réduire l’impact des crues en limitant le ruissellement de l’eau de pluie. «En labour, dès qu’il pleut, on constate une érosion des sols avec une fuite des agrégats. En strip-till, le sol, non-déstructuré, retient mieux l’eau. Pour preuve, les entrées de champs de nos parcelles en sortie d’hiver ne sont pas gorgées d’eau.»

Une méthode qui préserve le carbone…

Pour cela, les agriculteurs travaillent à trouver le bon process d’implantation du maïs adapté à leur sol, à leur climat. Et aux nouvelles règlementations, dont l’arrêt du néonicotinoïde Sonido. Mais également à combiner les bons couverts végétaux qui vont leur permettre d’activer la vie du sol, de le structurer. Mais aussi d’éviter qu’il soit trop froid pour implanter la graine. Leur choix se tourne pour l’instant vers la féverole (100 kg/ha), mélangée à des céréales (80 à 100 kg/ha) et à des crucifères (1,5 kg/ha) pour l’effet chasse-d’eau.

… et qui évite de brûler des énergies fossiles

Un autre aspect est l’économie de carburant et donc le non-gaspillage des énergies fossiles. Avec un outil qui prépare, sème et localise l’engrais en un seul passage, 15 l/ha suffisent. Et ce, sans solliciter une puissance de traction démesurée.

Bien sûr, ces trois agriculteurs, précurseurs dans leur cuma, essuient encore les bonnes comme les mauvaises expériences. Après six ans de pratique, ce n’est que depuis trois campagnes qu’ils ont acheté, en cuma, un strip-tiller 4 rangs.

Cet outil coupe la ligne de semis tout en la travaillant uniquement en profondeur (15 cm max). Il s’est justifié par rapport à leur assolement. Il leur permet de semer en combiné en un seul passage du maïs sur une prairie.

Jusqu’à présent, la casse financière reste maîtrisée grâce à des charges moins importantes qu’un labour classique (frais d’intervention de 110 €/ha). Et une récolte moyenne de 14 t de matière sèche en maïs ensilage.

Malgré le scepticisme de la profession environnante, ils restent convaincus que le strip-till est un investissement à long terme dans la valorisation du sol. D’ailleurs, leurs meilleurs rendements en herbe derrière une culture de maïs est déjà un signe mesurable. 

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strip-till, test

Un test convaincant

Réalisé par les trois agriculteurs, ce test de motte dont l’échantillonnage est issu de trois parcelles voisines, leur confirme l’intérêt de leur démarche de conservation des sols.

  • Une motte issue d’un champs labouré : le précipité marron clair indique une fuite des agrégats naturels du sol.
  • Une motte issue d’un champ cultivé depuis 8 ans en TCS dont 6 en strip-till : le précipité clair informe que la structure du sol se tient.
  • Une motte issue d’une prairie : avec un sol non travaillé, la structure se tient naturellement.

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