Tracteur en cuma: simple comme un coup de fil

A la cuma La Louve de Chanteloup (Deux-Sèvres), la diversité des productions et des types de sol élargit les créneaux pour faire tourner les deux tracteurs de 150 ch. L’organisation et la bonne entente entre adhérents font le reste pour atteindre les 750 heures par an. Prix facturé : 18 €/h.

Un des deux tracteurs Claas Arion 620 de la cuma, partagés entre 12 adhérents.

La cuma La Louve de Chanteloup (Deux-Sèvres) possède 3 tracteurs, un 100 ch attelé à demeure sur une débroussailleuse, et deux 150 ch qui travaillent chacun 750 heures par an. Nous sommes en zone d’élevage, avec du lait, de la viande, des volailles. Autant dire que les besoins sont variés. La cuma n’emploie pas de salarié mais l’organisation du groupe ne laisse pas beaucoup de repos aux tracteurs. «Les 12 adhérents sont répartis sur deux zones géographiques, explique Hervé Bernier, le président. Chacun des deux tracteurs est plutôt rattaché à un secteur. Nous bénéficions d’une variété de types de terres, qui permet d’étaler les besoins.» La variété est aussi dans le caractère des utilisateurs, certains sont pressés d’avancer dans les travaux et d’autres ont plus le temps. C’est une bonne chose pour éviter les tensions.

Hervé Bernier président cuma de la louve

Hervé Bernier, président de la cuma.

Un seul calendrier en ligne

Les tracteurs sont gérés ensemble. «Les adhérents réservent auprès du responsable, Philippe Delion, qui tient à jour un calendrier. Depuis une dizaine d’années, celui-ci est en ligne, et tout le monde peut donc le consulter.» Le lycée agricole de Bressuire est adhérent, et un enseignant en informatique a paramétré un simple agenda Google qui s’avère bien utile… et gratuit. Même si ce n’est pas un véritable outil de réservation en ligne. Même en période de pointe, il n’est pas jugé nécessaire de réunir physiquement les adhérents pour planifier les travaux. «Par contre, le responsable peut anticiper et proposer le tracteur à un adhérent quand il sait qu’il est dans une exploitation proche et disponible le lendemain. Cela permet de réduire les pertes de temps sur la route.»

Les deux tracteurs sont employés avec les nombreux matériels de la cuma : charrue, épandeur à fumier, benne, presse à balle rondes, outils de préparation de sol et de semis, etc. «A certaines périodes, nous arrivons à enchaîner chez plusieurs adhérents avec le même outil, par exemple la charrue, ou la benne au moment des moissons. C’est un gain de temps.» Depuis que la taille des haies est interdite entre avril et juillet, le tracteur dédié à la débroussailleuse est disponible pour d’autres travaux durant cette période. Un bon complément pour les travaux pas trop exigeants en puissance. Un des tracteurs de 150 ch est équipé d’un chargeur. Un achat assez ancien. La cuma a investi récemment dans un chargeur télescopique mais le chargeur frontal a été conservé pour augmenter la disponibilité du service en matière de manutention.

tracteur claas cuma de la louve

En juin dernier sur un chantier de foin (photo Francine Cadu Valadeau).

Des modèles simples

Un règlement intérieur régit l’activité des tracteurs mais il ne comprend pas de grosses contraintes. « Nous demandons aux adhérents de disposer d’un filtre en sortie de leur cuve à GNR, car ce sont eux qui fournissent le carburant. Il est également prévu que chacun paie les casses dont il est responsable, par exemple un rétroviseur. » Le choix s’est porté sur des tracteurs simples, faciles à prendre en main. «Nous ne cherchons pas la technologie. Toutefois, à l’usage, il s’avère qu’un pont avant suspendu aurait été une option appréciée.»

Les responsables n’ont pas non plus choisi de prolongation de garantie : «Nous l’avions fait précédemment, et le coût nous a paru élevé par rapport à l’utilisation que nous en faisions.» Par contre, l’entretien est confié au concessionnaire : « Nous ne sommes pas forcément compétents pour le faire nous-mêmes, et nous pensons que c’est un moyen d’obtenir ensuite une meilleure reprise. » Actuellement, cette gestion de l’activité permet à la cuma de facturer 18 €/h les deux tracteurs de 150 ch. Les renouvellements se faisaient jusque-là tous les quatre ans, les deux tracteurs en même temps : «Là, ils ont deux ans et je ne sais pas si nous pourrons les renouveler dans deux ans. Les prix augmentent beaucoup, d’autant plus qu’il faudra passer à une nouvelle génération de moteurs». On n’y est pas encore, rendez-vous dans deux ans pour savoir comment le groupe évoluera.

 


Rayons X

Cet article et ses données sont issus d’un travail d’enquête et d’étude économique publié dans l’univers Rayons X. Six tracteurs sont passés au scanner économique de la rédaction d’Entraid. Les voici :

Fendt 718 Vario S4 : prix d’achat et coût d’entretien

John Deere 6175 R : prix d’achat et coût de détention

Case IH Puma 165 Cvx : prix d’achat et coût de détention

Massey Ferguson 7718 S : prix d’achat et coût de détention

Claas Arion 650 : prix d’achat et coût de détention

New Holland T7.210 : prix d’achat et coût de détention

Retrouvez également toutes les informations nécessaires pour acheter au juste prix ou pour définir le coût de détention de chaque machine en cliquant sur : Rayons X Tracteur 175 ch.

Consultez les autres chantiers passés aux Rayons X

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