Un toaster de soja pour les filières tracées

Le 17 juin, environ 80 personnes se sont pressées pour assister à une présentation de machine à toaster des graines protéagineuses (soja, mais aussi féverole et lupin), sur l'exploitation des frères Pérès, à saint-Michel dans le Gers. La Cuma départementale du Gers devrait porter l'achat de cette unité mobile, présentée par les Ets Hervé (Vendée).

Ça sentait bon le pop-corn de soja, ce 17 juin sur l’exploitation des frères Pérès. Avec d’autres éleveurs du Bassin de l’Adour, ils soutiennent un projet d’achat en commun de machine à toaster les graines protéagineuses pour améliorer l’autonomie protéique et économiques de leurs exploitations, toutes inscrites dans des démarches de traçabilité (AB, labels et/ou circuits courts). La machine, en démonstration ce jour-là, permet de traiter thermiquement ces graines contenant des facteurs anti-nutritifs qui diminuent ou empêchent la digestibilité de leurs protéines. Deux solutions existent :
– l’extrusion des graines, la technique la plus répandue, qui a l’avantage de fournir des tourteaux déshuilés mais au prix d’une faible efficacité énergétique (300cv pour un débit de 300kg/h pour les petites unités) et une mobilité quasi-impossible.
– Le toastage est plus efficace (débit moyen de la machine présentée : 1,5t/h pour une consommation de 40l/h), peut comme ici se transporter (la machine est fixée à une remorque) mais ne déshuile pas.

Le point sur les motivations de Philippe Pérès en vidéo :

L’exploitation de la famille Pérès : Une centaine d’hectares en productions végétales : du maïs irrigué, du soja et du blé, qui servent uniquement à l’alimentation des animaux, des canards prêts à gaver (40000/an) et des canards en gavage (10000/an). Jusqu’à présent, ils achetaient le tourteau tracé, avec de plus en plus de difficulté. Ils ont donc réfléchi avec leur technicien d’élevage à la manière de transformer leur propre soja.

Philippe Olivier, David Capdeviel et Richard Proeres, de la Secopalm, ont présenté les données obtenues jusqu’à présent sur les performances des rations incluant ces graines toastées. « La graine de soja toastée ne peut pas être utilisée toute seule, déjà car elle a un niveau de protéine inférieur à un tourteau de soja extrudé. Il est important de l’associer à d’autres matières, puisque la graine toastée ne fera qu’entre 38 et 40% de protéines alors que le tourteau extrudé on est plutôt sur 45-46%. La graine toastée fait aussi des rations très riches en matière grasse, ça peut être limitant sur certaines productions. Notre travail c’est de pallier ces problèmes. Il faut qu’on valide la qualité de ces graines, le comportement des animaux. Pour l’instant on s’est bloqué sur 20%. On ne part pas au hasard : on a mis ce genre de formules en application dans des élevages (canards prêts à gaver), dans lesquels on va aller jusqu’au bout, et on a fait aussi des essais sur poulets bio. Sur les canards, le GMQ est plus important (malgré un accident au départ) avec la graine de soja qu’avec le tourteau. Il faut aller jusqu’à la découpe, mais pour le moment c’est encourageant. Ce sont des produits très appétants. En poulet bio, c’est aussi vraiment encourageant. »

Le projet en chiffres
Aujourd’hui, 17 adhérents sont prêts à s’engager sur cette machine. Eric Figureau, de la fdcuma du Gers, a indiqué que le débit de chantier annuel a été estimé à 1500t, en se basant sur un débit de chantier de 1,5t/h (6 tonnes par jour avec 6 heures d’utilisation par jour) et 150 jours d’utilisation prenant en compte les temps de transport, les jours fériés et la maintenance. L’investissement atteint environ 80000€ (remorque comprise) et le prix de revient a été estimé 10€/t, soit 31€/t de produit (10€/t de prix de revient, 40l/h de gazole). La Cuma devrait pouvoir bénéficier, au titre de l’amélioration de l’autonomie protéique des exploitations et de l’investissement en groupe, d’une subvention à hauteur de 40% de l’investissement (Région + Feader). Le montant du capital social a été estimé à 8€ par tonne engagée (soit 15% du HT).

Techniquement parlant, le projet est porté par la Cuma départementale du Gers (qui couvre le Gers et les Hautes-Pyrénées), à laquelle adhérerait la Cuma Adour-Protéoïl en intercuma (pour les adhérents des Landes et des Pyrénées-Atlantiques. Pour le secteur Landes-Béarn-Pays Basque, l’adhésion d’autres groupes au-delà de la cuma Adour Protéoïl est possible. Des tournées devraient être organisées par secteur pour faciliter la logistique, avec une fréquence de retour trimestrielle (correspondant à la durée de conservation des graines toastées)

 

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