Récolte grains et colza: une longueur d’avance

Le chantier des récoltes, un temps suspendu par les précipitations des derniers jours de juin, redémarre. Orges et colza sont déjà bien entamés.

2020 confirme une tendance: les moissons sont de plus en plus précoces...

La maturité des céréales est plus précoce qu’en 2019. Selon France Agrimer, 41% des surfaces d’orges de printemps étaient récoltées au 29 juin 2020, contre 16 à la même date en 2019. Les moissonneuses étaient de sortie, même dans les régions plus au Nord, comme en Normandie et en Hauts-de-France. Un temps d’avance est observé aussi sur le blé dur et l’orge de printemps. Idem sur le blé tendre où l’on a commencé à couper les parcelles les plus avancées dès fin juin. En Occitanie, plus d’un tiers des blés étaient fauchés au 29 juin.

Conditions de cultures médiocres

Les «conditions de cultures» sont en revanche moins bonnes en 2020 que les années précédentes selon France Agrimer. En orge de printemps, la proportion de surfaces jugées «bonnes ou très bonnes», a faibli par rapport aux années précédentes: 2017, 2018 et 2019, année «top». En blé tendre, l’état des lieux des conditions de cultures estimé fin juin n’était guère plus enthousiasmant. Mais cette estimation globale cache de forte disparités selon les régions, et même selon les parcelles avec des premiers résultats en orge désastreux par endroits et honnêtes ailleurs.

Médiocre dans le Sud-Ouest

Dans le Sud-Ouest, on constate aussi un temps d’avance sur le rythme des moissons. Les récoltes d’orge et de colza étant pratiquement achevées fin juin. Les premiers retours de campagne sont décevants pour la coopérative Euralis. Michael Junqua, responsable collecte, se remémore un contexte automnal très peu favorable à l’implantation des cultures d’été, avec des excès d’eau extrêmement préjudiciables. Des difficultés qui se sont prolongées au printemps avec une pluviométrie abondante en mai, suivi de plusieurs journées de grosses chaleur propices à l’échaudage. Bref, de quoi altérer sévèrement la fin de cycle…. Ce contexte explique la diminution considérable des volumes attendus.

Euralis: de 160 000 t à moins de 100 000

Sous l’effet du double facteur, réduction des surfaces et faiblesse des rendements, la coopérative redoute un repli radical de la collecte en céréales d’été par rapport à la très bonne année 2019. On passerait de 160 000 t à moins de 100 000 t ! Dans les deux zones de collecte, le secteur Ouest couvert par la coop (Béarn, Pays Basque, Bigorre…) a été particulièrement affecté par les difficultés d’implantation liées aux excès hydrique de l’automne. En orge, on constate en plusieurs endroits des rendements médiocres qui gravitent autour de la trentaine de quintaux avec un PS à 56… Dans le secteur Est, les rendements évoluent en moyenne autour des 45 quintaux au lieu des 60 les autres années, avec un PS à 62-63 proche de la norme. Des contre-performances qui valent aussi en colza où les scores vont de 15 à 20 quintaux (secteur Ouest) à des résultats hétérogènes de 2-25 quintaux en moyenne (secteur Est), contre 30 à 35 quintaux l’an passé. Désormais, on attend les résultats des blés dont la récolte est repartie en ce début juillet après quelques jours d’accalmie…

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