Autonomie ne rime pas forcément avec économie

Les niveaux d’autonomie alimentaire dans les élevages ruminants sont globalement élevés. Mais on n’observe pas de relation entre autonomie et coût du système d'alimentation, ni entre autonomie et revenu de l’éleveur.

Quel que soit le degré de dépendance extérieure en matière d’alimentation, le défi est d’atteindre des performances d’élevage cohérentes avec le coût de production et le temps de travail.

L’Idele et les Chambres d’agriculture ont mené conjointement une étude via les réseaux Inosys, sur l’autonomie alimentaire dans tous les types d’élevages ruminants: bovins (viande et lait), ovins (viande et lait) et caprins. Leurs investigations ont concerné à la fois l’autonomie du point de vue de:

  • la quantité annuelle d’aliments produits sur l’exploitation au regard de la quantité consommée, que les auteurs de l’étude désignent par « autonomie massique »;
  • l’autonomie protéique.

Dans les deux registres, le classement par type d’atelier est le même : les plus autonomes sont d’abord les élevages bovins-viande puis ovins-viande, ensuite les élevages bovins-lait puis ovins-lait, et enfin les élevages caprins. Au plan «massique», le degré d’autonomie atteint 89% en bovins-viande pour tomber à 54% en caprins. Au plan protéique, les niveaux d’autonomie se situent un cran en-dessous. Cela commence à 85% pour finir à 47%.

Des bios moins dépendants

Sans surprise, les élevages bio sont plus autonomes que les autres. À noter : la part du maïs impacte le niveau d’autonomie des élevages bovins-lait de plaine. Dans les systèmes fourragers où la part de maïs représente plus de 30% de l’alimentation, le niveau d’autonomie massique est de 79% contre 89% pour les élevages de plaine dont la part de maïs est inférieure à 10%.

L’écart est triple pour ce qui concerne l’autonomie protéique : 57% d’autonomie pour les élevages laitiers à plus de 30% de maïs dans la ration contre 87% pour les élevages à moins de 10% de maïs.  Par contre, on observe aucune différence en matière d’autonomie entre les élevages laitiers en conventionnel et ceux en AOP.

Relative stabilité de l’autonomie

Quelles que soient les années agro-climatiques, les niveaux d’autonomie alimentaire et protéique des élevages herbivores varient peu. Les auteurs de l’étude ont remarqué toutefois un très léger recul du degré d’autonomie, de l’ordre de 1,5 point en autonomie massique et de 0,9 point en autonomie protéique, sur la période 2014–2018.

Une tendance dont on se demande si elle va s’accentuer en 2019 et 2020, compte-tenu des aléas climatiques de ces deux dernières années et notamment des sécheresses sévères qui ont frappé plusieurs régions d’élevage.

Pas de relation avec le coût ou la rémunération

«Quand on inclut le coût de la mécanisation et du foncier, on n’observe pas de relation ente le taux d’autonomie alimentaire et le coût du système d’alimentation»  constate-t-on dans l’étude. Et ceci, dans tous les familles d’élevages, viande ou lait.

Parallèlement, les auteurs observent que «le niveau de rémunération de la main d’œuvre consacré à l’atelier n’est pas non plus lié au niveau d’autonomie alimentaire». En clair, l’autonomie ne rime pas forcément avec économie !

Le défi pour tous les éleveurs étant d’atteindre, quel que soit le mode de conduite, des performances d’élevage cohérentes avec les investissements consacrés dans l’outil de production et le temps de travail. Une nécessité pour gagner en résilience dans un contexte où les prix de vente des produits agricoles, deviennent erratiques

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