Bio et non-bio en cuma, ne nous fâchons pas!

Le partage de matériels entre agriculteurs bios et conventionnels s’impose souvent pour des raisons économiques. Un guide donne des conseils pour éviter les contaminations.

Les trieurs de grains font partie des matériels les plus sensibles (photo Fdcuma du Finistère).

La fncuma et la fnab ont publié un guide pour éviter les contaminations lors du partage de matériels en bio. D’un côté les producteurs cherchent à réduire leurs charges de mécanisation. De l’autre, ils doivent vendre des produits irréprochables vis-à-vis de leur cahier des charges. Il leur faut donc prendre leurs précautions quand ils font du partage de matériels entre bios et non-bios.

S’organiser pour moins nettoyer

Premier constat: «le risque de contamination diminue si l’usage du matériel est éloigné de la récolte et du produit final.» Le guide rappelle également l’intérêt des mesures organisationnelles. Autrement dit -quand c’est possible- faire passer tous les utilisateurs en bio d’abord, à la suite, et les conventionnels ensuite. Cette pratique évite d’avoir à nettoyer souvent le matériel. Quand elle n’est pas tenable dans la cuma, pour des raisons de temps passé à nettoyer ou de gestion des tours de rôle, la solution consiste malheureusement à dédoubler le parc de matériels.

risque de contamination bio non-bio selon le matériel

Tous les matériels ne présentent pas le même niveau de risque.

Partage de matériels entre bios et non-bios: des exigences variables

Trois types de matériels s’avèrent les plus exigeants dans ce domaine: semis, pulvérisation et tri. Les semoirs peuvent facilement présenter des résidus de semence, d’enrobage de semence ou d’engrais non certifiés. Le conseil: vider intégralement les trémies, faire tourner à vide, démonter et nettoyer les organes aisément démontables sur les circuits de distribution.

Le cas des pulvérisateurs est encore plus complexe, selon les auteurs du guide. «À réserver aux pulvérisateurs répondant à la norme environnement EN 12761, qui permet entre autres de réduire par conception les fonds de cuve, et équipés d’un système de circulation continue. Pour les matériels ne répondant pas à ces deux critères (cumulatifs), le nettoyage ne semble pas techniquement réalisable, car ils nécessiteraient des démontages nombreux et fastidieux.»

Le nettoyage soigneux du pulvérisateur est impératif pour éliminer les restes dans le «volume mort» de l’appareil. Des kits de nettoyage peuvent aider. Le guide conseille par ailleurs de prévoir deux jeux de filtres, un pour le bio et un pour le conventionnel.

En bio, prudence avec les trieurs et enrobeurs

Pour les matériels de tri et de préparation de semence, les experts se font là aussi restrictifs. «À réserver aux matériels dépourvus d’une unité de traitement (trieur), ou équipés d’une dérivation des volumes triés avant l’unité de traitement (trieur-enrobeur).» Le risque est évidemment accru avec des matériels utilisés pour la semence, puis le tri de la récolte. Là encore, un nettoyage méticuleux s’impose atout au long de la chaîne de transport et de traitement du grain.

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