6 préjugés sur les outils interceps en viticulture

Sur le terrain Cultures
désherbage mécanique de la vigne, démonstration travail du sol vigne Gers

17 constructeurs ont présenté 25 outils interceps et 8 épampreuses mécaniques devant une centaine de viticulteurs (© Florent Georges).

17/09/2018 - 10:46

Le 26 avril 2018, la fédération des cuma du Gers organisait une journée technique autour du désherbage mécanique sur le rang et de l’épamprage mécanique, à Sarragachies chez la famille Périssé. Cette journée qui regroupait une grande diversité d’outils, a permis de lever certains préjugés concernant l’utilisation des outils interceps.

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Préjugé n°1: les lames comme unique solution

Dans le choix des outils interceps destinés au désherbage mécanique de la vigne, il faudra miser avant tout sur la polyvalence. Il est important de choisir un constructeur qui propose une batterie d’outils adaptables sur le porte-outil. En effet, selon les conditions d’intervention, les lames ne suffiront pas toujours. Si nécessaire, il faudra utiliser une charrue décavaillonneuse, un disque crénelé, un disque émotteur ou un autre un outil rotatif. Concernant les constructeurs les plus polyvalents, on peut, par exemple, citer Boisselet, Clemens, Braun, Orizzonti-Solemat, Viti méca… Difficile d’être exhaustif. Il suffira de se renseigner auprès de son concessionnaire: avec quelle marque travaille-t-il? Quels sont les différents outils interceps proposés par le constructeur?

Lame Braun

Lame Braun (©Nicolas Macnair)

Préjugé n°2: une faible vitesse de travail

Les outils interceps souffrent d’une mauvaise réputation concernant le débit de chantier. Evidemment, certains outils travaillant en profondeur imposent des vitesses raisonnables pour éviter d’arracher les ceps. Avec une charrue décavaillonneuse, on ne travaillera pas beaucoup plus vite que 3 km/h. Mais d’autres outils permettent d’atteindre des vitesses de travail jusqu’à 7, voire 8, km/h tels que les disques émotteurs ou les disques crénelés concaves qui se généralisent chez les constructeurs.
Les disques émotteurs sont en forme d’étoiles et fonctionnent à la verticale ou légèrement inclinées. Les doigts de ces étoiles sont mis en rotation par la vitesse d’avancement. Pour une bonne efficacité, la vitesse doit être importante: au moins 5 km/h. Ils permettent d’intervenir dans des sols durs où les lames ne sont pas suffisantes. Ils ameublissent le sol et facilitent le passage avec d’autres outils.

démonstration travail du sol vigne

Disques émotteurs Clemens (©Nicolas Macnair).

Préjugé n°3: pas adaptés dans les vignes en pente

La grande majorité des constructeurs proposent, aujourd’hui, une gestion du dévers sur leur porte-outils. De plus, certains outils permettent aussi de limiter les phénomènes d’érosion car ils déplacement peu de terre. C’est le cas des outils rotofils à axe horizontal et des brosses rotatives. Notons que les brosses rotatives s’utilisent sur des sols plutôt meubles qui ont déjà été travaillés et sur adventices peu développées. Elles peuvent toutefois dégager une poussière importante sur sol sec. Les constructeurs Boisselet, Naturagriff et Orizzonti (importé par Solemat) proposent ce type d’outils.

travail du sol vigne

Brosse rotative Orizzonti-Solemat (©Nicolas Macnair)

Attention, si ces outils de travail du sol superficiels s’avèrent intéressants dans les parcelles sensibles à l’érosion, opter pour une stratégie 100% outils rotofils ou 100% brosses rotatives, risque de causer une sélection de certaines adventices qui deviendront difficiles à gérer. Un travail plus agressif en profondeur s’avèrera alors nécessaire. Mieux vaut alterner les techniques.

Préjugé n°4: pas de gestion de l’érosion

Lorsque que le bas des souches se dénude, que faire? Et pourquoi pas des disques émotteurs? Le mouvement de terre provoqué par ces disques impacte le rang de vigne puisqu’il permet de chausser la vigne et de couvrir les adventices au stade plantule. Ils s’avèrent très utiles sur des vignes en pente avec des problèmes d’érosion car ils ramènent de la terre sur les souches.

Préjugé n°5: la tonte à la place du travail du sol

Le 26 avril à Sarragachies (Gers), le choix avait été fait de ne pas présenter de tondeuse interceps. «Les retours d’expérience en Gironde et dans le Languedoc-Roussillon ont montré que les tondeuses interceps ne sont pas une solution en lieu et place des outils de travail du sol. Elles risquent d’amplifier la concurrence hydrique et minérale vis-à-vis de la vigne», insiste Raphaëlle Poissonnet, animatrice à la Fdcuma du Gers. Les tondeuses sont à envisager éventuellement en entretien. Mais il faut être conscient qu’au moment de la repousse, le système racinaire des adventices va aller puiser ses ressources encore plus fortement dans le sol et les racines risquent de se densifier au désavantage de la vigne.

Préjugé n°6: rien que du désherbage

Et pourquoi ne pas combiner épamprage et désherbage avec un outil rotofil à axe horizontal? En effet, l’axe horizontal qui fonctionne par rotation rapide, permet de réaliser un double travail: épamprage mécanique et travail superficiel du rang lorsque le sol est meuble. Si le sol est dur ou n’a jamais été travaillé, on observera davantage un travail de tonte que de travail du sol. Ces outils sont très efficaces sur herbe haute. Aujourd’hui, de nombreux constructeurs proposent des outils rotofils à axe horizontal. Pour faire leur choix, les viticulteurs devront être attentifs à la facilité de changement des fils, à leur solidité et au coût du consommable chez les différents constructeurs.

Travail du sol vigne

Outil rotofil Herbanet de Soreau. ©Nicolas Macnair

Difficile de donner une durée de vie ou d’utilisation des fils puisqu’elle dépendra fortement du type de sol, du réglage de l’outil et de l’utilisation qui en sera faite… Les constructeurs restent d’ailleurs assez vagues sur le nombre d’hectares faits avant de changer les fils. Il est aussi important de se renseigner sur la vitesse de rotation du rotor et sa longueur. Plus, elles seront élevées, plus l’outil sera efficace. En matière d’épamprage, on constate néanmoins que les outils à lanières s’avèrent, en général, plus respectueux des ceps que les outils à fils, parfois un peu plus agressifs sur l’écorce.

Raphaëlle Poissonnet
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