Ensilage de maïs 2017 : « Une année pas trop mal »

Interrogés au vol entre deux chantiers, les responsables et salariés de cinq cuma témoignent d’une saison en avance, avec des rendements plutôt corrects.

La nouvelle machine de la cuma La Meurlette (©Cuma La Meurlette).

Nous avons suivi la carte publiée par Arvalis et pisté les réseaux sociaux annonçant les premières sorties d’ensileuses. Les ensilages de maïs ont démarré durant la première quinzaine d’août

Tarn

La cuma des Eleveurs de la vallée du Girou a commencé le 15 août dans les maïs non irrigués. leur récolte est bien avancée. Les maïs irrigués devraient être bons à ensiler dans les derniers jours d’août. Alexis Lescure-Roux, le chauffeur, juge le rendement comme la qualité “pas trop mal pour l’année”. Quand nous l’avons contacté, il ensilait pour une autre cuma du Tarn dont la machine est tombée en panne de moteur. Pas de chance quand l’ensileuse n’a que 8 campagnes.

Charente

A la cuma de Montembœuf, à la croisée des départements de Dordogne, Haute-Vienne et Charente, la situation se présente mieux que l’an passé. Épargnés cette année par la sécheresse, les éleveurs pourront conforter leurs stocks fourragers. Deux à trois adhérents ont débuté dès la mi-août les premiers ensilages. « Certains éleveurs ont semé des variétés avec des indices précoces leur permettant de récolter tôt et reconstituer rapidement leur stock de nourriture » indique Dominique Lambert, le président de la cuma et qui est aussi l’un des deux chauffeurs saisonniers.

Avec ses deux machines Claas 890 (8 rangs) et 860 (6 rangs), la cuma est parée pour récolter annuellement 500 à 600 ha. Pour les adhérents qui le souhaitent, elle met aussi à disposition de grosses bennes pour le transport (35, 30, 25 m³). La cuma envisage de prolonger la saison d’ensilage jusqu’à fin septembre. Le président reste soucieux toutefois de pouvoir ensiler suffisamment tôt certaines parcelles réputées plus humides avec des mouillères.

Charente-Maritime

A la cuma la Meurlette qui rayonne dans le coin de Surgères en limite Vendée, la situation se présente plutôt bien. Les volumes récoltés devraient compenser les médiocres récoltes d’ensilage d’herbe du printemps et les faibles repousses d’herbe qui s’amorcent en fin d’été. La saison d’ensilage maïs qui démarre est en partie inédite.
Premièrement, la cuma vient d’investir dans une nouvelle John Deere 8200 i (430 cv) qui travaillera aux côtés de l’ancienne New Holland. Au terme des premiers chantiers commencés la semaine du 15 août, les échos de cette machine sont favorables du point de vue de la qualité d’éclatage des grains (nouveau système d’éclateur). Certes, avec le bec rotatif Kemper 445 de 6 rangs seulement, les débits de chantier resteront modérés. Mais si les grains sont correctement éclatés, c’est déjà un point très important pour les éleveurs.

Deuxièmement, la cuma a acheté en même temps que l’ensileuse une interface Geringhoff pour atteler un cueilleur Capello 6 rangs et développer l’ensilage de maïs épi. « Dans une démarche de recherche d’autonomie alimentaire, nous souhaitions densifier la ration de base en maïs, en intégrant à côté de l’ensilage traditionnel de la plante entière, l’ensilage d’épis » explique Herbe Bolteau, éleveur. Le stade optimal pour ensiler le maïs épis intervient deux semaines après celui de l’ensilage de maïs plante entière. Compte-tenu des baisses de surface en maïs grain, la cuma n’a pas fait le choix d’investir dans un nouveau cueilleur qui aurait été réservé seulement à cette fonction. Par contre, une des contraintes de l’ensilage de maïs épis concerne l’avancement de la reprise au tas qui doit être rapide pour éviter les pertes. «C’est pourquoi, nous allons dans notre exploitation récolter l’ensilage d’épis en boudins» précise Hervé.

Deux- Sèvres

De son côté, la cuma de l’Essor près de Niort commence les hostilités dès mercredi et enchaînera 15 jours d’affilée sans pause. Equipée d’une John-Deere 783 8 rangs, la cuma a récupéré une centaine d’hectares en plus à ensiler à proximité de sa zone et n’a donc pas beaucoup de temps morts dans son calendrier. La date de démarrage de la saison d’ensilage est sensiblement la même que les autres années en zone de plaine. Par contre, la maturité des maïs cultivés dans les zones de marais est avancée. Si les pluies de juillet ont été suffisamment généreuses, août a par contre été sec. Les pluies d’orages ayant été irrégulières sur le territoire de la cuma, cela pourrait se ressentir sur les rendements.

Vendée

Mercredi dernier 16 août, premiers tours de la saison 2017 pour le moteur des ensileuses de la cuma la Croisière à la Bruffière. «Nous avons démarré avec 15 jours  d’avance», analyse le responsable de l’activité, Daniel Guichet. «La moisson s’était aussi faite avec cette avance… nous allons tout faire 15 jours plus tôt que d’habitude, finalement.» Dans le secteur, les maïs non irrigués, voire des cultures irriguées très précoces, ouvrent le bal à l’heure où certains irrigants achèvent leur dernier tour d’eau, ce qui laisse envisager que, dans ce coin nord-est de la Vendée, l’activité des récoltes fourragères battra son plein dans une quinzaine de jours.

Bientôt le Finistère

Après quoi, les chemins des deux ensileuses de la cuma la Croisière se sépareront pour la fin de la saison; l’une restant en Vendée pour achever la fin de la récolte des 800 ha d’ensilage et les chantiers de maïs épi; l’autre migrant, comme tous les ans, vers Brest pour ensiler 250 ha de maïs dans le cadre d’une intercuma.
Malgré l’avance de la saison, le responsable ne constate pas de précipitation de la demande. «Les gens sont plutôt sereins, ils ont l’habitude que ça se passe bien, grâce au bon équipement que nous avons», et grâce à l’irrigation qui régule la progression des maturités. Si en culture sèche, il prévoit que les qualités seront hétérogènes, pour les champs irrigués, majoritaires, la récolte devrait être satisfaisante sur ce plan. Quant aux rendements, «je vois ça plutôt d’un bon œil cette année.»

Dans le Maine-et-Loire et le Loiret, c’est parti aussi.

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