Faucheuse à plat traînée : l’outil de 5,20 m trouve ses publics

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Faucheuse à plat traînée : l’outil de 5,20 m trouve ses publics

D'un prévisionnel de 200 ha/an, la cuma la Renaissance fauche désormais 1 400 ha/an.

Après son lancement en 2018, l’activité de fauche à Ruffiac n’a pas encore atteint son rythme de croisière. Néanmoins la cuma la Renaissance a largement conforté son choix initial de la faucheuse à plat traînée de 5,20 m, aujourd’hui complétée par un module frontal.

La large faucheuse à plat traînée rencontre son petit succès. La cuma la Renaissance, partait de presque zéro en 2018. Elle a coupé l’an dernier plus de 1 400 ha d’herbe, dérobées et autres méteils… Sa dynamique d’investissement constitue un autre révélateur de la réussite en marche. En 2021 : acquisition d’un second matériel. Puis en 2022 : renouvellement à l’identique du premier outil. Enfin, en 2023 : la coopérative d’une centaine d’agriculteurs complète son parc avec un matériel frontal.

Une faucheuse frontale s’ajoute désormais aux 5,20 m traînés

coût chantier faucheuse à plat traînée

La cuma la Renaissance possède deux faucheuses traînées.

Celui-ci se facture à l’heure, 40 €. Pour les deux faucheuses traînées de 5,2 m en revanche, c’est à l’unité, un compte-tours faisant foi. « La volonté était que le coût moyen à l’hectare pour l’outil frontal atterrisse à un niveau équivalent », c’est-à-dire un peu moins de 19 €.

faucheuse à plat traînée à la cuma la Renaissance.

La cuma du Vieux bourg que préside Thibault Monneraye (à g.) réalise la prestation de fauche avec l’outil de la cuma la Renaissance, représentée par Nicolas Jolly (président), Sylvain Rio (trésorier) et Martial Noblet (responsable de la faucheuse).

« À l’origine, le tarif revenait à 25 €/ha », retracent le président Nicolas Jolly et le trésorier Sylvain Rio. À l’achat de sa première Kuhn GMD 5251, seulement quatre adhérents de la cuma la Renaissance s’étaient engagés, pour un total de 200 ha. Sous l’effet du développement de la surface annuelle, ce montant a diminué ensuite. Le président n’exclut pas une baisse future, dans la mesure où la cuma est parvenue à constituer une réserve intéressante qui sécurise son activité encore jeune. Si le volume continue sa progression, « nous devrons peut-être anticiper un renouvellement. Ou acheter une machine de plus », se répondent les responsables toutefois peu inquiets face à de telles perspectives.

La fauche possible en prestation complète

Chez une dizaine d’adhérents, les faucheuses de la cuma la Renaissance interviennent via la cuma du Vieux bourg. Elle est une spécialiste du chantier clefs en main, qui partage les mêmes toits et cour à la sortie du bourg de Ruffiac. Avant 2018, la cuma intégrale portait déjà une activité. « Nous avions une faucheuse de 3,70 m à changer et un besoin de trésorerie. Un de nos salariés était en arrêt aussi… », retrace le président de la cuma du Vieux bourg, Thibault Monneraye. « Nous avons vendu la faucheuse », d’autant plus facilement que la cuma ‘matériels’ disposait de ce nouvel outil convaincant, dont les cumistes saluent aujourd’hui la simplicité d’utilisation.

Faucheuse kuhn sous le hangar de la cuma

Chaque adhérent doit laisser au suivant le matériel prêt à démarrer. Sur les 2 000 € de frais au dernier exercice, 1 400 € sont le fait d’une réparation exceptionnelle.

Le choix de la faucheuse à plat traînée

La faucheuse conditionneuse ? « On a l’impression que c’est un peu une mode. Et en temps de séchage, il n’y a pas tant de gain que ça », résument les éleveurs bretons en avançant leurs raisons de choisir la fauche à plat. « Ça semble plus adapté pour des cultures comme la luzerne. On y gagne sur le plan des frais d’entretien. Le matériel est moins lourd. Il demande moins de puissance. » Les utilisateurs s’accordent : Un tracteur de 110 ch est suffisant pour utiliser confortablement leur faucheuse à plat traînée de 5,20 m. Avec le choix du matériel traîné, la cuma concilie également gabarit modeste du tracteur et grande largeur de travail.

faucheuse à plat traînée

Quatre ans après le lancement de l’activité, la cuma la Renaissance a déjà renouvelé à l’identique et doublé son parc. La faucheuse Kuhn GMD 5251 a convaincu.

8,30 m d’envergure pour l’ensemble de fauche

L’achat de la faucheuse frontale par la cuma la Renaissance doit beaucoup à la présence de la cuma intégrale. Thibault Monneraye poursuit : « Nous réfléchissions au groupe de fauche. Ça n’aurait pas été la logique d’investir alors que la cuma la Renaissance avait déjà un équipement performant. » C’est celle-ci qui a donc investi 18 000 € afin de proposer une solution de fauche en plus grande largeur qui dilue le coût de la prestation. « Le tracteur avec le chauffeur et le carburant, c’est 60 €/h. Donc quand on fauche en 5,20 m, cela revient à 13 €/ha », calcule le président. Avec les 8,30 m de coupe, « nous faisons une moyenne de 6 ha/h. La prestation ne coûte plus de 10 €/ha. »

La faucheuse est à l'hivernage

La cuma qui compte une centaine d’adhérents facture un quart de ce contingent au titre de la fauche, dont « huit ont déjà sollicité la faucheuse frontale », recense son trésorier Sylvain Rio

Pour organiser sa récolte d’herbe, outre l’entrepreneur pour l’enrubannage ou l’ensilage, l’agriculteur doit téléphoner à Martial, le responsable, pour réserver une faucheuse de la Renaissance. Et s’il cherche à orchestrer en fonction des secteurs géographiques pour limiter les déplacements, « c’est en fonction des disponibilités. Il n’y a pas de priorité », assène Martial Noblet. Néanmoins, « au niveau du Vieux bourg, on prévoit le coup », complète Thibault Monneraye : « Quand on réserve pour la fauche, généralement on a groupé plusieurs adhérents. Et on sait également que nous avons le tracteur et un chauffeur »

L’adhérent suivant réceptionne l’outil prêt à l’emploi

À la période, les téléphones n’ont donc pas le droit à la panne. « C’est vrai. Il faut être cumiste », sourient les représentants des deux cuma habituées à travailler ensemble de cette manière sur de nombreux chantiers, dont le lisier. Pour autant, la cuma la Renaissance s’engage dans un test de la réservation en ligne avec ses plateaux fourragers. Selon les résultats, l’usage s’étendra peut-être un jour jusqu’aux faucheuses. Mais les représentants insistent sur les bonnes pratiques : Se prévenir des retards ou avances des chantiers. « Une fois son chantier terminé, on doit porter le matériel propre et prêt à servir chez l’utilisateur suivant. » La procédure intègre la vérification des couteaux (et leur remplacement le cas échéant). « La majorité des gens joue le jeu. » Cela devra continuer dans tous les cas.

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