La roue du numérique tourne, la simplicité du suivi progresse

A la fois pour valider l’intérêt réel de sa solution sur le terrain et pour l’améliorer, Kemtag s’appuie sur des tests de ses capteurs connectés dans une dizaine de cuma. Premier retour prometteur en Normandie.

La remorque d’une cuma du Calvados sert de support pour tester les compteurs de tour et de bennages développés par Kemtag.

Du simple SMS au président, aux systèmes en ligne, en passant par les carnets en papier, la réservation et le suivi des outils à la cuma de Sassy (14) emprunte différentes voies. Rodolphe Lormelet, un de ses adhérents, a même testé une nouvelle solution qu’il juge «plutôt complémentaire que concurrente», de ce qui existe déjà sur le marché des boitiers connectés (et qui est aussi mise en œuvre par la cuma). Car la cuma qui veut un suivi fiable et précis de l’activité de ses matériels n’a plus d’excuse: les outils existent. Par exemple Kemtag.

La solution Kemtag repose sur une application smartphone, une plateforme web et des petits boitiers ronds fixés magnétiquement sur les matériels concernés. «Nous travaillons sur trois sortes de capteurs», posent les représentants de la marque, David Vandenberghe et Solène Liberge. Le compte-tours Ogo, un autre pour mesurer l’activité d’outils animés par prise de force et un système capable de compter les nombres de bennage sur une remorque, d’ouvertures de porte sur une presse à balles rondes.

Kemtag : un premier outil déjà opérationnel

Alors que la phase de R&D se poursuit sur le terrain pour les autres, Kemtag propose déjà son premier compte-tour connecté à la vente. Compter un maximum de 245 € pour une unité (dégressif selon le nombre). «Nous proposons aussi une version avec abonnement, ainsi que la possibilité d’une période d’essai d’environ un mois.» Dans tous les cas, l’application grâce à laquelle l’utilisateur suit son tableau de bord et peut affecter ses activités reste gratuite.

remorque attelée à un tracteur Fendt

L’odomètre Ogo mesure l’activité du véhicule.

Au moment de formuler un retour sur son expérience, Rodolphe Lormelet retient l’accessibilité de la solution. Elle semble relativement simple à prendre en main, à paramétrer et à valoriser. Aussi trésorier de cuma, l’utilisateur normand voit par exemple d’un bon œil que le bilan d’activité régulier arrive directement dans sa boîte mail. «On n’a pas à aller chercher des fichiers sur une plateforme», ni à les mouliner dans un tableur.

Simplifier la vie de la cuma

Pour l’adhérent qui téléphone encore grâce à son fidèle Nokia 3310: pas de panique! L’affectation des activités du matériel pourra aussi se faire via le responsable, puisqu’il a aussi la main pour le faire, ou depuis l’ordinateur de la ferme, en accédant à la plateforme web. Sur cette dernière, Kemtag a développé un onglet ‘agenda’ qui propose notamment la réservation en ligne des matériels suivis. Pour des coopératives qui n’utilisent pas déjà des plannings dématérialisés, «ça peut-être une bonne porte d’entrée pour engager cette évolution», analyse l’agriculteur. De son côté, le développeur affirme l’intention que son système soit aussi compatible avec les suites de planning et comptabilité déjà déployées dans de nombreuses cuma.

Une solution simple pour des matériels ‘simples’

L’idée de départ de Kemtag était de substituer les odomètres à lecture visuelle et les carnets de travaux en papier, avec une ligne directrice: développer une solution simple. La consigne semble donc respectée. «Nos fonctionnalités visent en priorité tous les matériels assez simples que les cuma mettent à disposition ‘en location’», affine David Vandenberghe.

Bien sûr, «je n’imagine pas que ça vaudra vraiment le coup pour des matériels où nous n’avons que six ou sept bons de travaux par an à enregistrer.» Mais Rodolphe confirme que pour d’autres qui consomment presque un carnet par an, passer à un tel enregistrement automatique «sera intéressant. C’est certain.»

Remorque de la cuma de Sassy levée

A terme, l’offre de la jeune entreprise dois comprendre différents modèles de capteurs conçus pour compter différentes actions.

Kemtag : une aide, pas un miracle

Face à l’argument de prémunir les collectifs des erreurs d’enregistrement volontaires, le responsable reste prudent. Ce ne sont pas des outils numériques, «ceux-là, comme les autres», qui résoudront des problèmes humains dans une cuma. «Ils peuvent aider à éviter la fraude.» Ils ne seront en aucun cas un remède miracle. «L’adhérent qui veut tricher trouvera toujours à le faire», les tuyaux ne manquent pas. L’intérêt premier d’outils tels que celui-ci est ailleurs: simplifier un peu la vie de l’adhérent de cuma et faciliter grandement la tâche des bénévoles qui la font tourner.

Capture écran de l'application Kemtag

Sur son smartphone, l’adhérent retrouve un aperçu de son activité. Il a aussi la possibilité de renseigner ses débuts et fins de réservation (@Kemtag).

Rodolphe Lormelet adresse un dernier conseil aux groupes qui voudraient s’essayer, avec succès, à l’utilisation des ces systèmes: le règlement intérieur doit évoluer en même temps que le fonctionnement réel de la cuma. «Si pour un matériel on adopte la réservation en ligne par exemple, il faut noter que c’est l’adhérent qui a réservé en ligne qui est prioritaire. Il faut installer les bonnes habitudes dès le début.»

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