Les coops, c’est tendance!

Gestion économique
70 % des répondants agriculteurs-coopérateur au grand débat coopératif organisé par Coop de France, se déclarent proches de leurs coopératives, dont 36 % très proches.

77 % des adhérents interrogés dans le cadre du grand débat coopératif organisé par Coop de France, considèrent que le modèle coopératif répond aux défis de demain. Cet attachement est plus marqué chez les plus de 55 ans, un peu moins pour les 25 – 34 ans.

27/12/2018 - 14:00

Les coopératives agricoles françaises ont tenu leur AG le 19 décembre à Paris. L’occasion de dévoiler les résultats de l’enquête lancée voici un an près des adhérents pour mesurer leur attachement à leur coop

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Non, tout n’est pas rose dans le monde de la coopération agricole. Ici et là, on observe des niveaux de prix médiocres, un éloignement inquiétant de la coopérative avec l’adhérent de base, des modes de gouvernance discutables… Les dissensions apparues récemment au sein du groupe Tereos illustrent les difficultés que traversent certaines entreprises coopératives.

Une enquête plutôt rassurante

Néanmoins, la grosse majorité des 4 761 personnes (élus, agriculteurs-coopérateurs, salariés) qui ont participé au grand débat coopératif démarré en décembre 2017, ont un point de vue positif sur les coopératives. Les chiffres de cette enquête présentés à l’assemblée générale annuelle de Coop de France le 19 décembre sont globalement rassurants. La preuve: 82% des agriculteurs coopérateurs interrogés recommanderaient à un jeune de rejoindre une coopérative! Cet attachement apparaît encore plus fort pour les salariés des coopératives. Dans le même esprit, 77% des adhérents considèrent que le modèle coopératif répond aux défis de demain. Et les deux tiers jugent aussi qu’il est plus avantageux d’être dans une coopérative pour la valorisation de leurs produits (reste un tiers à convaincre quand même!)

Des marges de progrès

L’enquête met en évidence un fort besoin d’accompagnement. En effet, sept adhérents sur dix déclarent qu’ils n’assureront pas leurs productions selon les mêmes méthodes dans cinq ans. Cela justifie un appui de la coopérative près des coopérateurs qui le souhaitent, pour faciliter les changements de systèmes de production. Cette proposition recueille le plus de soutiens dans la consultation. Les adhérents sont preneurs aussi d’aide à la maîtrise de la compétitivité. Exemple : analyse des coûts de revient par filière ou par territoire.
Autre demande revenue avec insistance : l’attente d’une meilleure lisibilité du prix final proposé par la coopérative. Entre acompte, complément de prix, ristourne, autre dispositifs de redistribution… les adhérents peinent parfois à connaître rapidement le prix final payé à l’agriculteur.

Que toutes les voix comptent!

La gouvernance des coopératives apparaît perfectible pour de nombreux adhérents. Un tiers des répondants affirment que leur voix n’est pas assez entendue. Les clés d’une gouvernance réussie passeront sans doute par un effort mené sur la formation encore insuffisante des élus et une ouverture plus grande aux jeunes et aux femmes dans les conseils d’administration.

En adéquation avec les enjeux actuels

Les congressistes de Coop de France ont eu la satisfaction d’entendre, lors de la clôture de leur AG, les messages encourageants de Marc Giget, président du club de Paris des directeurs de l’innovation, et membre de l’Académie des technologies. «Les principes fondamentaux de la coopération sont en parfaite adéquation avec les valeurs et les enjeux actuels autour d’une économie du partage: pouvoir démocratique, engagement vers la communauté, autonomie et indépendance, adhésion volontaire…Les coopératives jouissent d’une très bonne image dans l’opinion!» Autant de motifs qui expliquent sans doute le décollage actuel des coopératives dans différents domaines. De même que l’engouement des jeunes générations pour cette forme d’économie alternative où la recherche de profit n’est pas le seul et unique moteur.


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