« 6 tonnes d’engrais économisées en le localisant au semis »

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« 6 tonnes d’engrais économisées en le localisant au semis »

Grâce à sa pressurisation, le trémie Alpego n'émet quasiment pas de poussière.(©Michel Portier)

En Loire-Atlantique, le Gaec de la Forêt pratique la fertilisation au semis depuis quatre ans. Il a remplacé son semoir Rapid par un combiné de semis avec trémie frontale compartimentée pour plus de polyvalence.

« Engagés dans un groupe culture animé par la société Casea, nous avons adopté la localisation de l’engrais de fond au semis en 2022, retrace Mathieu Béziaud, un des six associés du Gaec de la Forêt à Maumusson (44). Jusqu’en 2024, nous travaillions avec une trémie frontale à simple doseur en complément d’un semoir Rapid de Väderstad auquel nous avions greffé une seconde tête de répartition alimentant les descentes d’origine à l’aide de raccords en Y. » Les 350 ha de cultures du Gaec — blé, orge, maïs fourrage et colza selon les années — sont ainsi implantés avec un apport localisé d’un mélange 50/50 de Super 45 et de Patentkali, à 150 kg/ha pour les céréales d’automne et entre 100 et 150 kg/ha pour le maïs en fonction des teneurs du sol en phosphore.

Un gain d’efficacité validé en parcelles d’essai

Mathieu Beziaud

Mathieu Beziaud, agriculteur à Maumusson en Loire-Atlantique : « Le conbiné à trémie frontale compartimentée permet de semer dans toutes les conditions et offre de nombreuses possibilités pour doser l’engrais, les semences et d’autres produits. (©Michel Portier)

« Les essais Casea ont montré qu’en céréales, l’apport localisé améliore l’efficacité de 20 % par rapport à un passage en plein avec l’épandeur centrifuge. L’engrais est plus rapidement assimilable, mais il est aussi mieux réparti. C’est d’ailleurs assez flagrant dans les bordures de parcelles où la culture se développe de manière uniforme », argumente l’agriculteur.

Sur ses sols limono-sableux au potentiel limité (70 à 80 q/ha de moyenne en blé et orge), le Gaec économise 30 kg/ha d’engrais de fond, soit 6,3 t sur la surface céréalière. « Avec un prix moyen supérieur à 500 €/t ces trois dernières années, cela représente plus de 3 000 € par an, de quoi amortir le surcoût d’un semis multitrémie. »

Un combiné herse rotative mieux adapté aux années humides

À l’été 2025, le Gaec s’est séparé de son semoir Rapid de 4 m, pour le remplacer par un combiné de semis Alpego de 5 m. Celui-ci associe une herse rotative et une barre de semis repliables à une trémie frontale Airboost de 2 400 l à trois compartiments, munis chacun de leur doseur.

« Le Rapid est performant, mais sensible aux conditions. En huit ans, il est resté sous le hangar trois saisons humides, au point de devoir racheter un combiné d’occasion pour semer en urgence », note l’agriculteur.

Une trémie valorisée à l’automne et au printemps

semeur à simple disque

Chaque élément semeur à simple disque est alimenté par deux descentes venant des deux têtes de distribution. (©Michel Portier)

En céréales d’automne, l’engrais est stocké dans le compartiment de 1 200 l. Les semences d’orge ou de blé occupant ceux de 1 000 et 200 l. La plus petite trémie peut aussi servir à l’antilimace dans les bords de parcelles humides ou lors des semis de colza. « À la sortie des doseurs, les produits sont envoyés en mélange dans les deux circuits alimentant les deux têtes de répartition de la barre de semis. Les éléments monodisque sont dotés d’une languette qui protège bien la descente du flux de terre et des résidus. On n’a jamais de bouchage. »

Au printemps, la trémie alimente le semoir monograine équipé de fertiliseurs à disques qui localisent l’engrais en dessous et en décalage de la ligne de semis. « Je ne valorise pas la compartimentation puisqu’elle n’embarque que de l’engrais. Et comme il n’y a qu’une tête de répartition, un des deux circuits est bouché », précise-t-il. Les trois doseurs sont en revanche pleinement utilisés pour les dérobées :

  • engrais de fond dans le grand compartiment à 100 kg/ha ;
  • ray-grass (9 kg/ha) et vesce (5 kg/ha) dans le moyen ;
  • deux trèfles à 7 kg/ha dans le petit.

Mathieu Béziaud compte aussi mettre à profit les deux circuits de manière séparée. Le but : implanter ses couverts à deux profondeurs distinctes :

  • la féverole en profondeur sur la première rangée d’éléments ;
  • la phacélie en superficiel sur la seconde.

Une logistique bien rodée pour maintenir le débit de chantier

Bien que plus large d’un mètre, le nouvel ensemble attelé sur un John Deere 6R de 250 ch atteint tout juste le débit de chantier du Rapid. « À 7-8 km/h, j’atteins les 3,5 à 4 ha/h, soit une trentaine d’hectares par jour lorsque les conditions s’y prêtent.

La localisation impose toutefois plus de ravitaillements, d’où l’usage d’un plateau pour transporter big bags d’engrais et semences. »

Le Gaec en chiffres

  • 6 associés, 2 salariés et 1 apprenti
  • 450 ha de SAU
  • 210 ha de céréales (blé et orge)
  • 130 ha de maïs ensilage
  • 110 ha d’herbe
  • 210 vaches laitières produisant 2,1 ml
  • 103 000 € d’investis sur 7 ans pour l’ensemble de semis (29 700 € pour la trémie. 46 500 € pour la herse rotative et 27 000 € pour la barre de semis)

Pas d’azote en localisé pour éviter le piétin-échaudage

« Sur les cultures d’automne, il n’y a pas de réel intérêt à localiser de l’azote sur la ligne de semis. Ce serait même contre-productif car cela augmente le risque de piétin-échaudage, assure Mathieu Beziaud. Nous préférons fractionner nos apports à l’épandeur.  »

L’agriculteur n’apporte pas non plus d’azote au semis de maïs. « Nous préférons épandre de l’urée juste avant le passage du semoir.  » La lutte contre le piétin se traduit aussi par l’absence de fertilisation organique avant les céréales. Le fumier est uniquement épandu avant les dérobés, le maïs et le colza à 25 t/ha brut.

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