Avec 9 605 méthaniseurs, l’Allemagne est le pays d’Europe précurseur pour le développement de la méthanisation. En 2000, la loi sur les sources d’énergie renouvelables ou EEG met en place un système de tarif d’achat garanti pour encourager la production d’énergie renouvelable. Ces tarifs très attractifs ont entraîné une croissance rapide du nombre de méthaniseurs. Leur nombre était d’environ 1 000 unités au début des années 2000 puis 7 000 en 2011.
Méthanisation en Allemagne : une forte dépendance au maïs
Depuis le début des années 2000, les méthaniseurs allemands ont toujours été dépendants des plantes cultivées et notamment du maïs. La production de biogaz a ainsi englouti environ 1 million d’hectares de maïs dans les premières années. En 2012, plus de 2 millions d’ha étaient ensilés et exclusivement destinés à la méthanisation. Cette année-là, plus de 35 % des surfaces semées en maïs étaient à destination des méthaniseurs.
En plus, le succès de la méthanisation a provoqué une hausse du prix des terres et le développement de la monoculture de maïs. En 2012, une loi oblige à ne pas dépasser les 60 % par an de maïs dans la masse totale entrant dans un méthaniseur. La nouvelle loi sur les énergies renouvelables (EEG) de 2014 revoit à la baisse le tarif d’achat du biogaz ainsi que la suppression d’une prime destinée à la culture du maïs pour la production d’énergie renouvelable. Enfin, depuis 2017, le poids total du maïs ne doit pas dépasser les 44 % dans l’approvisionnement annuel d’un méthaniseur.
En Allemagne, les méthaniseurs compensent l’intermittence du solaire et de l’éolien
La production d’électricité des méthaniseurs allemands est appréciée car elle permet de compenser l’intermittence du solaire et de l’éolien qui représentent 45 % de la production d’électricité en 2025. Par contre, toutes les mesures adoptées au fil des années ont ralenti le déploiement de la méthanisation en Allemagne. La politique actuelle est de faire en sorte que la filière devienne plus durable en limitant encore la place du maïs au profit des effluents d’élevage ou des résidus de récolte.
La nouvelle loi EEG de 2023 favorise l’injection de biométhane en mettant en place des appels d’offres et des bonus. Aujourd’hui, la filière est en phase d’adaptation et trouvera certainement un bon potentiel de relance avec le contexte géopolitique actuel.
Priorité à la production d’électricité en Allemagne
Fin 2025, l’Allemagne comptait 9 315 méthaniseurs qui produisaient de l’électricité par cogénération. Pour l’année 2025, 29 TWh ont été produits à partir du biogaz. Cela correspond à la consommation électrique de 8,8 millions de foyers.
En France, 878 méthaniseurs sont dédiés à la production d’électricité qui atteint 3 TWh, ce qui correspond à 0,6 % de l’électricité consommée sur le territoire en une année.
Du côté de l’injection de biométhane, l’Allemagne dispose de 290 installations qui produisent 12,8 TWh de biométhane. Cela correspond à 1,6 % de la consommation allemande de gaz.
En France, 803 installations produisent 13,5 TWh de biométhane, soit 3,8 % de la consommation nationale de gaz.
Méthanisation en Allemagne : le chiffre à retenir
En moyenne, la taille et la capacité d’un méthaniseur allemand produisant de l’électricité sont 10,5 fois plus importantes que celles d’une unité française. En revanche, pas de différence pour les unités d’injection de biométhane.
Pourquoi on en parle ?
La méthanisation en Allemagne a connu un départ fulgurant au début des années 2000 plaçant le pays à la première place mondiale concernant le nombre d’unités de méthanisation en fonctionnement. Mais où en est la filière ? Son développement est-il toujours à l’ordre du jour ?
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