Premier robot de désherbage en cuma : c’est dans la Drôme !

En région
Un robot de désherbage en maraîchage acheté en commun par cinq adhérents de cuma.

Cinq adhérents de la cuma se partagent le travail du robot de désherbage Oz de chez Naïo Technologies sur environ 5 ha.

06/12/2018 - 17:00

La cuma des Marais s'est équipée d'un robot Naïo permettant d'automatiser le désherbage et de diminuer la pénibilité du travail. Un choix correspondant à un besoin de libérer du temps pour le consacrer à d'autres tâches.

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Un exemple regardé de près dans d’autres secteurs, où par exemple les installations de jeunes agriculteurs ou les reconversions professionnelles dans le domaine du maraîchage sont de plus en plus nombreuses, et la pénibilité du travail est rarement prise en compte dans les projets.

La toute jeune cuma des Marais à Loriol (Drôme) a pour sa part décidé de confier à un robot les tâches les plus ingrates. Ses 9 adhérents travaillent en maraîchage, arboriculture et grandes cultures semencières, à 90 % en agriculture biologique. Le désherbage est donc une étape cruciale, qui prend beaucoup de temps.

La création de la cuma, début 2017, a été initiée par deux exploitants, qui en ont ensuite cherché d’autres pour les rejoindre. Dix structures ont adhéré à la cuma dont une SAS qui cultive des fruits et légumes et qui appartient à une entreprise de conditionnement de fruits et légumes bio.

Le résultat, c’est « une équipe de porteurs de projets différents, qui donnent des idées aux autres », raconte Jean-Yves Vignal, son président. Le point de départ a été l’achat du robot Naïo. Un investissement qui s’élève à 23 000 € dont 30 à 40 % devraient être subventionnés. L’utilisation est facturée aux adhérents à l’heure, sur la base d’un forfait de 100 heures.

La cuma est aujourd’hui encore en évolution. Après le robot sont venus des palox et une rigoleuse. Un tracteur devrait être acheté début 2019. Certains de ses membres ont des outils vieillissants et s’interrogent sur un investissement en Cuma plutôt qu’à titre personnel. L’embauche d’un salarié n’est pas à l’ordre du jour mais pourrait s’envisager, l’achat d’un deuxième robot aussi.

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10h d’autonomie

La première fonction du robot est l’automatisation du désherbage mécanique. « Avec l’avantage qu’il est aussi efficace en maraîchage qu’en grandes cultures », explique Jean-Yves Vignal.

Mais il peut embarquer d’autres outils : un broyeur, une herse étrille, un cultivateur… Il sert aussi d’assistant pour les récoltes maraîchères. Attelé avec une remorque, il suit l’avancée de la cueillette, ce qui permet de déposer les produits au fur et à mesure dans des caisses, qui sont acheminées en bout de rang. La pénibilité de la récolte s’en trouve considérablement diminuée.

Entièrement électrique, le robot dispose d’une autonomie de 10 heures. Il désherbe un hectare en 8 heures environ et peut travailler même de nuit. Sauf pour le désherbage, puisqu’il a besoin de détecter la couleur verte des plantes.

En revanche, il ne peut pas travailler sous la pluie et son usage implique des contraintes de cultures : avoir un terrain plat, non motteux, sans enherbement et, bien sûr, portant. Il impose en outre des contraintes d’espacement des lignes : 65 cm, ou 1,20 m et dans ce cas le robot fera deux passages pour désherber chaque inter-rang.

Pour Bastien Boissonnier, animateur à la Fcuma de la Drôme : « il s’agit d’un projet porteur de développement sur le territoire qui permet aux adhérent de se partager du matériel performant. Même si actuellement les adhérents se trouvent sur un secteur limité à quelques communes, les administrateurs ont ouvert la circonscription territoriale à tout le département de la Drôme et à une partie de l’Ardèche dans l’optique d’un développement de la cuma et de l’accueil de nouveaux adhérents dans quelques années ».

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Une première importante dans un contexte de développement de la robotique agricole. Voir également la Forum internationale de la robotique agricole (Fira), qui se déroule le 11 et 12 décembre à Toulouse, dont Entraid est partenaire.

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Par Emmanuelle Bordon et Raphaëlle Poissonnet
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