Pas de pause dans les dossiers

La passation de pouvoir entre Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation et son successeur Julien Denormandie, a eu lieu le 7 juillet. Sans attendre, le nouveau ministre devra s’emparer des nombreux dossiers en cours.

Nomination de Julien Denormandie au Ministère de l'Agriculture. Les organisations agricoles portent de nombreuses revendications susceptibles de redonner de réelles perspectives aux agriculteurs.

Depuis 2017, c’est la quatrième personnalité à endosser les habits de ministre de l’Agriculture sous la présidence macronienne. Après l’éphémère Jacques Mézart, puis Stéphane Traver auquel a succédé Didier Guillaume, c’est désormais au tour de Julien Denormandie d’être ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation dans le nouveau gouvernement de Jean Castex. Ce jeune homme politique de 40 ans était précédemment ministre chargé de la Ville et du Logement. Un poste qui, à première vue, a peu de choses à voir avec l’agriculture et l’alimentation… Sa formation d’ingénieur agronome et son passage à l’ENGREF (Ecole nationale du génie rural, des eaux et des forêts) devraient cependant lui permettre d’appréhender rapidement des dossiers en cours.

Plusieurs dossiers «sensibles» pour le ministre de l’Agriculture

Les turbulences sont fréquentes au sein du ministère de l’Agriculture. Dernier épisode en date: la crise du Covid 19 qui a secoué de nombreux secteurs de l’agriculture et de l’alimentation. La période actuelle n’est pas exempte non plus d’échéances-clé. Comme la détermination d’une nouvelle PAC qui a déjà pris du retard. L’un des premiers challenges de Julien Denormandie demeure celui des revenus agricoles. Ils sont instables et inégalement répartis selon les filières et les situations de chaque exploitation. L’impulsion donnée par les Etats généraux en 2017 sur un meilleur partage de la valeur ajoutée n’a pas encore donné de résultats probants.

Certes, le dossier des retraites a avancé ces dernières semaines avec la revalorisation des pensions. Mais la question du renouvellement des générations est un autre défi majeur. Elle doit mobiliser une action énergique des pouvoirs publics en lien avec les organisations professionnelles pour assurer la transmission des exploitations (la moitié des agriculteurs partiront en retraite dans les 10 ans à venir!).

Enfin, les agriculteurs se sentent incompris et même parfois désavoués par leurs concitoyens. Ceux-ci sont prompts à dénoncer leurs pratiques agricoles. Sans toujours être d’ailleurs bien au fait de la réalité et des contraintes du métier d’agriculteur. Le Ministre devra donc être en situation d’accompagner la transition agro-écologique avec les agriculteurs et non à leurs dépens. Il est attendu aussi sur sa capacité à protéger les agriculteurs français de la concurrence déloyale. A cet égard, un nouveau mot d’ordre semble émerger dans le paysage politique: le retour au principe de souveraineté. Y compris alimentaire. De ce point de vue, la volonté du gouvernement de poursuivre la mise en œuvre d’accords de libre-échange comme le Ceta ou le Mecorsur sera littéralement considéré comme un casus belli par certaines organisations agricoles.

Juger aux actes…

«Souveraineté alimentaire, compétitivité de l’agriculture, soutien d’une nouvelle PAC ambitieuse, promotion du métier, … » telles sont les attentes défendues par les organisation syndicales majoritaires FNSEA et JA à l’intention du nouveau ministre. Du côté de la Confédération Paysanne, on appelle carrément à un renversement de la politique agricole avec la mise en place de «régulation des volumes au niveau européen et une PAC articulée sur l’actif agricole et non plus sur l’hectare, et la relocalisation de notre système alimentaire…». Quant à la Coordination Rurale, la priorité du nouveau ministre et du gouvernement est d’œuvrer très rapidement à des prix rémunérateurs à la production, «… car nous en sommes malheureusement loin …».

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