Pourquoi j’ai adhéré au service « clé en main » de la cuma

En région
Le service complet, un sujet qui interpelle les adéhrents de cuma et les agriculteurs en général.

Jérôme Fourquet témoignait lors de l'AG de la fédération des cuma des Hautes-Pyrénées, en janvier 2019.

15/02/2019 - 18:00

Jérôme Fourquet, éleveur sur la commune de Saint-Laurent de Neste, dans les Hautes-Pyrénées, témoignait lors de l'Assemblée générale de la fédération départementale des cuma le 18 janvier. Seul à gérer 165ha de SAU, il a fait le choix du service complet offert par la cuma des Vallées à Montégut (Labarthe-de-Neste), pour la préparation des sols, puis pour le semis en combiné.

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« Je suis exploitant sur la commune de Saint-Laurent de Neste, en polyculture-élevage, avec 165ha de SAU, un troupeau de 80 mères vaches Limousines inscrites, une production de broutards vaches grasses, un peu de reproduction, et 40ha de maïs grain, un peu de céréales à pailles autoconsommées et 110ha en herbe. Je suis plutôt éleveur dans l’âme.

J’ai un parcellaire groupé mais coupé par des routes, pas très simple pour mes animaux. Je n’ai l’eau courante nulle part sur mes pâtures donc il faut faire courir de l’eau sur les pâtures tous les matins. Je fais attention aux matériels,  mais qui aujourd’hui avec ma structure d’exploitation, si je devais renouveler, mes charges de mécanisation exploseraient puisqu’il faudrait que j’investisse dans un tracteur plus gros pour travailler plus rapidement.

Seul pour 165ha

J’ai dû affronter une grosse problématique sur mon exploitation fin 2016: mes parents, qui m’aidaient un peu (suivi du troupeau, clôtures, labour) ont eu des soucis de santé. Je me suis retrouvé seul en 2017 à gérer 165ha de SAU. Heureusement je l’avais envisagé depuis un moment. En fenaison je suis équipé, et comme l’année 2017 a été plutôt facile. L’année s’y est prêtée. Par contre, en 2018, j’ai touché mes limites.

Dès 2017, je suis passé à la cuma de Montégut des Vallées à Labarthe-sur- Neste, puisqu’il y avait un groupe tracteur qui s’y était monté avec un chauffeur, une herse rotative. Je suis parti sur le travail du sol.

Ce sont des opérations qui me prenaient beaucoup de temps, notamment parce que j’avais un matériel vieillissant et de petites largeurs (3m), pour faire 40ha. Comme je ne semais pas en combiné, j’était déjà dans une autre cuma (la cuma de Pinas) sur un groupe semoir avec une machine 6 rangs. Je faisais deux passages pour tout faire. ET cette année-là, ça me paraissait déraisonnable de tout faire seul.

Donc j’ai attaqué en 2017 avec le service complet de la cuma des Vallées. Et j’ai poursuivi en 2018, toujours pour les mêmes raisons. Je me suis rendu compte qu’arriver au champ pour semer quand tout est préparé, c’est beaucoup plus facile que quand rien n’est prêt. Un gain de temps, de main d’œuvre puisque je pouvais faire autre chose.

Cette année, je suis resté sur la préparation du sol uniquement. Mais je suis sur le plateau de Lannemezan, donc avec des sols très hydromorphes. On a semé à partir du 20 juin. Avec des résultats pas terribles. Il n’en faudra pas une autre comme ça.

Moins cher qu’avant… et le travail est fait

Donc cette année je m’investis un peu plus à la Cuma des Vallées, puisqu’un semoir en combiné a été acheté. Il n’y avait pas beaucoup de surfaces engagées. Je vais y trouver mon compte parce que sur le secteur, je suis toujours un des premiers à labourer, et un des derniers à semer. Un gain de main d’œuvre. En coût par ha, je suis gagnant.

J’avais un coût de préparation à 56€/ha et le semoir de la Cuma de Pinas me coûtait 33€/ha, en me faisant le travail. Aujourd’hui, avec les surfaces engagées sur le groupe tracteur et semis, je suis à 86€/ha.

Pas plus cher, donc, et je n’ai plus à faire le travail. Ce qui va dégager du temps pour les clôtures par exemple. C’est énorme en termes de main d’œuvre. Je n’ai pas encore assez de recul sur le semis, mais je pense que je vais m’en porter mieux.

Cela me permet aussi d’avoir des échanges avec les autres adhérents et le chauffeur. Ce n’est pas rien. Lui par exemple m’a dit ça serait bien que ça soit rappuyé. Ce sont des ajustements qui m’ont permis de gagner de l’argent parce qu’il a pu travailler plus vite, mieux. Moi je ne me tape pas les fesses sur le labour. Chaque année on progresse un peu. On a par exemple travaillé avec la herse rotative. J’ai constaté des levées plus rapides. J’y trouve mon compte.

Articulation entre petite et grosse cuma

J’adhérais pour les 4/5e du matériel que j’utilise à la cuma de Pinas, ma cuma locale. C’est un petit groupe. Difficile d’envisager un groupe tracteur ou un chauffeur.

Comme j’ai basculé sur la cuma des Vallées pour le semis, cela va engendrer un changement de coût sur le semoir de la cuma de Pinas. Les autres utilisateurs l’ont bien compris, mais cela ne devrait pas changer le tarif du tout au tou: on était sur un semoir acheté d’occasion et quasiment amorti. Et s’il y a des dépenses en début de campagne pour des réparation, je ne serai pas loin. Mais je n’avais pas le choix, par rapport à la problématique de la main d’oeuvre.

Il y avait la solution de l’entreprise, mais je préfère les groupes d’échanges.  L’entreprise a ses limites aussi. Avec la cuma, on se positionne, c’est une bonne entente aussi, il peut y avoir des chantiers qui durent mais en général, quand on se positionne sur un jour, le chantier a lieu ce jour-là. L’entreprise, on ne sait pas trop.

Oui, quand on fait partie d’une cuma, il faut parfois s’adapter. Mais je ne suis pas de ceux qui veulent passer en premier. ça a été nouveau pour moi de se positionner sur un planning. Je me suis demandé si mes terres seraient prêtes. Ce sont des choses qui pariassent compliquées au départ. Et puis on se positionne et ça se fait tout seul.

Puis d’être passé au combiné de semis, ça va me permettre d’être dans les premiers à faire intervenir, les plages de travail sont un peu plus souples. A Labarthe, il y a beaucoup de polyculteurs-éleveurs, il faut terminer les ensilages avant de semer. Alors que je fais juste un peu d’enrubanné, je n’ai pas cette partie cultures dérobées. Ça me permettrait de semer plus tôt avec tout ce qui s’en suit pour une plante comme le maïs. »

 

 

 

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