Une sécurité nommée Strip-till et qui a fonctionné

Dans son changement de système vers le semis direct, Franck Rabouan mise sur la technique du Strip-till pour acclimater ses sols à moins de travail mécanique.

Sous la végétation, le sol de Franck Rabouan évolue vers le semis direct. Les résidus du précédent, un maïs grain, et de la culture intermédiaire, un méteil récolté, sont encore reconnaissables. Ici, deux distributions de granules contre les limaces ont été nécessaires.

Son sentiment d’avoir réussi le semis s’est mué en maïs plantureux. Rencontré en mai à l’occasion de son semis de maïs le lendemain d’un passage de son Inro (lire #Strip-till : raté en 2015, il réussit son semis cette année), Franck Rabouan résumait : « les conditions ont été idéales », pour déposer les graines dans un lit bien grumeleux. De quoi rêver d’un bon démarrage de la culture.

Quelques mois plus tard, il confirme : « la levée a été très bonne. » Elle a aussi été relativement rapide, « environ 8 jours », sachant que « les températures étaient basses. » Pour autant, il n’a pas fallu s’endormir. Car basses, les températures le sont restées, « en mai juin, le maïs a végété », se souvient l’éleveur laitier, et surtout, les limaces ont rodé.

Déjà les fruits du nouveau groupe

Dans le Maine-et-Loire, « nous créons un groupe “semis direct sous couvert”. Pendant une réunion, il a été question des limaces. En rentrant, je suis allé voir mes cultures… » Bien lui en a pris et il a immédiatement mis 5 kg/ha de granulés. Franck Rabouan constate : « même chez les voisins en labour, les limaces ont été un gros problème cette année », et il concède, « c’est un point noir » en itinéraire simplifié, « surtout les premières années », lorsque les populations de prédateurs friands de gastéropodes ne sont pas encore parfaitement installées.

Franck Rabouan regarde sa culture.

Le semis directement après Strip-till a bien fonctionné cette année chez Franck Rabouan qui constate que, au moins jusqu’à la floraison, tout s’est finalement bien passé pour lui.

« Pour une parcelle que j’avais faite en semis direct », car elle est plus avancée dans sa démarche de simplification du travail du sol, « il était trop tard. » Pour d’autres, comme le champ face à l’entrée de la ferme, une seconde distribution d’anti-limaces a été nécessaire. Dans celui-ci, quelques pieds manquent mais sans réelle incidence à attendre sur le rendement qui n’a plus besoin que de pluies en août pour s’approcher des 12 t MS/ha, l’objectif de Franck Rabouan qui conduit ses cultures sans irrigation, avec de moins en moins de travail du sol et une réflexion sur les couverts végétaux de plus en plus poussée.

Ici, le maïs succédait à un maïs grain, avec un méteil récolté en inter-culture. Après l’ensilage, ce sera un blé. « La paille sera broyée », car en système lisier intégral, maintenir de la matière organique dans les champs est un paramètre supplémentaire à intégrer. Et après un couvert alliant certainement graminées, crucifères et légumineuses, reviendra ensuite le maïs, peut-être déjà implanté en direct. Franck Rabouan estime qu’il lui faut « 4 ou 5 ans » de travail du sol en Strip-till pour envisager passer à l’étape supérieure.

Entraid Vidéos

Quand détruire le couvert avant un maïs fourrage?

Un bec pour la moisson du chanvre

Comment se lancer dans le semis direct ?

Agriculture de conservation : les éleveurs ont de gros atouts

A LIRE également

Nos offres
d'abonnements

Papier + 100% numérique

Recevez votre magazine chez vous en plus de l’abonnement numérique

Je m'abonne
abonnement