Retour sur 2 ans d’utilisation du semoir JD 750 A : le semis direct à double performance

Depuis septembre 2018, la cuma la Renaissance (Ruffiac) utilise un semoir SD 750A tout neuf, en version 4 m. Au-delà de ses performances, avec lui s’ouvrent des nouvelles possibilités techniques. Les responsables tablent sur une quinzaine d’adhérents utilisateurs qui vont aussi les imaginer.

Depuis que le semoir Semis direct D John deere 750A déploie sa rampe, les idées germent à la cuma.

Avec l’outil 4 m de la cuma la Renaissance, le groupe d’agriculteurs surfe sur la vague semis direct. De longue date, les adhérents pratiquent ou essaient cette technique d’implantation. Depuis les années 80 avec les couverts puis, pour leurs céréales. Et dans leur progression, ils ont aussi évolué question matériel, en gagnant en précision ces dernières années. L’hiver dernier, le John Deere 750 A attendait ses prochaines sorties sous le hangar en partie en construction. C’est lui qui personnifie cette accélération vers la simplification. Son arrivée à Ruffiac s’était faite « tard dans la saison », en septembre 2018. Pour autant, au moment de gagner sa place d’hivernage, il affichait déjà 450 ha au compteur, de quoi formuler des premiers avis. « Nous ne sommes pas sur un semoir dit ‘rapide’, mais sur un semoir SD. Nous roulons environ à 8 km/h avec », précisent bien Nicolas Jolly, président de la cuma, et Jean-François Guillemot, secrétaire. Néanmoins, il répond à l’objectif de gain de temps, principal but recherché par la vingtaine d’entreprises qui devraient en être utilisatrices.

70.000 euros d’investissement en SD

Face à un investissement qui avoisine les 68 000 €, les adhérents qui s’en sont servis dès la première saison, l’ont fait pour un tarif de 20 €/ ha. Ils ont été une dizaine, principalement pour les mises en place de couverts et dérobées. « Mais c’est aussi un matériel qui fait évoluer les pratiques », constate le président de la cuma. Ainsi, le nouveau semoir a circulé dans des luzernières pour implanter du méteil auquel Nicolas Jolly fixe un double objectif : alimenter son système fourrager avec une récolte supplémentaire et revigorer la luzerne. « J’avais fait un essai l’an dernier, ça avait déjà bien fonctionné. »

Début mai, il était à nouveau optimiste quant à la réussite de l’opération : « Je vois que le mélange est bien parti et il est convenablement développé. Dessous, la luzerne me fait une bonne impression aussi. » En ligne de mire, l’agriculteur espère allonger la durée de vie de sa luzernière. Dans le groupe, un éleveur très orienté pâturage a aussi expérimenté grâce à l’outil. Chez lui, c’est pour régénérer de la prairie en renforçant la présence du trèfle dans sa flore. Certains voudront peut-être essayer d’y faire passer du maïs mais là, le président évoque timidement ce qui n’est encore qu’une vague conjecture.

La réussite croise fer et humain

Bien concrète en revanche est la simplicité d’accès au matériel pour les pionniers. En plus du tarif proposé à l’utilisateur, celui-ci doit intégrer l’activité. Cela implique « une part fixe de 250 €, à verser une fois », détaillent les responsables. Sur les 90 adhérents que compte la cuma, une vingtaine d’agriculteurs s’est ainsi engagée dès le départ. Ce fonctionnement assez incitatif était possible car la cuma avait une idée suffisamment précise du volume d’activité que son semoir devrait au moins atteindre, sans trop d’inquiétude qu’elle n’y parvienne. « Nous avons déjà eu un semoir capable de réaliser des semis simplifiés » et le président se souvient que ce matériel moins précis que l’actuel « avait déjà généré des entrées dans la cuma ». Plus récemment, la coopérative avait observé le même phénomène au renouvellement de tonnes à lisier. « Il y a sept ans. Nous avions acheté des tonnes plus grosses et ça avait attiré du monde ! Dès qu’il y a du matériel neuf, original… ça intéresse », résume Nicolas Jolly.

Cela n’empêche pas la cuma de faire preuve de la prudence nécessaire dans ses innovations. Pour d’autres activités lancées dans un contexte différent, la politique n’a pas été la même. A côté du semoir vert et jaune, une faucheuse traînée de 5,20 m et tout aussi récente attend également son heure. Pour cette activité créée à partir de rien, « il n’y a pas de part fixe, mais un engagement de surface annuelle », expliquent les responsables. Quel que soit le chemin, ils restent convaincus que, pour peu qu’ils fassent leurs preuves, une telle palette de matériels qui intéressent, « ça dynamise le développement d’une la cuma », en rappelant que le fer ne fait pas tout. « Le relationnel joue aussi beaucoup. »


Cet article est issu du spécial Entraid Morbihan de juin 2019.

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