Le tracteur de tête coûte cher

Le réseau cuma, en lien avec des établissements d’enseignement*, a enquêté auprès d'une centaine d’éleveurs sur leur équipement en tracteurs. Ceux-ci demeurent très majoritairement propriétaires de cet outil phare de l’exploitation. La mise en commun ou la délégation des travaux exigeants en puissance de traction à un prestataire, restent rares malgré les économies potentielles.

30% des charges de mécanisation sont liées directement à l'achat du tracteur.

Les agriculteurs sont très majoritairement propriétaires de leur tracteur. Ce qui est logique pour les tracteurs utilisés quotidiennement sur l’élevage. C’est plus anachronique pour le tracteur de tête doté d’une forte puissance. « En exploitation d’élevage, la durée moyenne de traction tourne autour de 15 à 20 h/ha de SAU. Sur ce nombre d’heures, on considère que le besoin de forte puissance de traction ne représente que 3 heures» explique Benoît Bruchet, directeur de la fdcuma de Mayenne, qui précise le caractère souvent saisonnier des travaux qui requièrent de la puissance : le transport (bennes, tonnes à lisier, épandeurs, …), la récolte des fourrage (fauche, pressage …)  et l’implantation des cultures (déchaumage, labour,  …). Pour éviter la fréquente sous-utilisation d’un tracteur de forte puissance sur l’exploitation, deux pistes principales se distinguent: le mettre en commun ou opter pour des chantiers clé en main via un prestataire.

Méconnaissance des coûts de traction

Autre enseignement : 84% des personnes enquêtées ne connaissent pas le coût horaire de leur tracteur. Généralement, ils ont en tête le montant de l’annuité. Mais beaucoup sous-évaluent le montant exact des coûts d’entretien et de maintenance. Les agriculteurs sont également convaincus des économies d’échelle systématiques consécutives à l’agrandissement de leur exploitation. Mais la réalité n’est pas si simple. Il existe des effets des paliers de surface qui conduisent parfois l’agriculteur à réinvestir dans une gamme de puissance plus élevée et dans le train d’outils correspondants. Au final, cette montée en gamme annule les gains d’échelle attendus. Enfin, rappelons que le tracteur de l’exploitation véhicule pour certains un signe extérieur de réussite apparente. Ce facteur influence encore certaines décisions d’achat.

40% des coûts de mécanisation

30% des charges de mécanisation sont liées directement à l’achat du tracteur. 40% si l’on y ajoute les charges correspondant au carburant et à l’entretien-réparation. Dans une conjoncture tendue, investir dans un tracteur neuf revient à bloquer un capital financier important, susceptible de fragiliser l’exploitation concernée. Le recours à la location annuelle ou ponctuelle d’un tracteur (démarche de plus en plus fréquente) apparait comme une alternative à l’immobilisation de capital. L’agriculteur va aussi plus facilement connaître le coût de revient total de son tracteur.

Des coûts qui augmentent

Raisonner parfaitement son équipement en traction est d’autant plus nécessaire que les coûts d’équipement  augmentent : prix d’achat plus élevés, coût des pièces en augmentation, heures de de mécano plus onéreuses. Il est donc essentiel  de calibrer, seul ou à plusieurs, son choix de tracteur en cohérence avec la quantité et la nature des travaux (comme le besoin d’adhérence pour certains travaux), mais aussi avec le savoir-faire et le temps disponible pour la conduite et l’entretien. Le recours à des outils de diagnostic tel que le logiciel Mécaflasch, ou de simulation de stratégie tel que Mécagest, peuvent éclairer ces choix qui engagent généralement l’agriculteur sur de longues années.

Infographie tracteur

 

(*) MFR Val de l’Indre à Sorigny (Indre et Loire), Centre de Formation de la Futaie à Port Brillet (Mayenne), MFR de la Charmellière à Carquefou (Loire-Atlantique), Lycée agricole de Laval ( Mayenne, Lycée agricole Val de Sarthe à Sablé (Sarthe).

 

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