[Autonomie] Pour quoi faire? Comment l’atteindre?

Le national
transition agroécologique et autonomie en AuRA.

Se rencontrer, partager ses connaissances, échanger, une démarche incontournable pour entamer un processus de transition agroécologique sur un territoire.

30/08/2018 - 10:00

Lorsque les agriculteurs s’aventurent dans une transition agroécologique, c’est pour développer l’autonomie de leurs systèmes : l’autonomie alimentaire avec l’introduction de légumineuses, l’autonomie énergétique, l’autonomie en matière organique…

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La démarche de transition agroécologique implique une évolution des systèmes d’exploitation

Avec les innovations techniques et technologiques, comme la méthanisation, de nouvelles opportunités naissent et interrogent les pratiques des agriculteurs ou le fonctionnement de leurs systèmes. En effet, la méthanisation est une activité de transformation sur les matières organiques azotées et fournit un azote sous une forme différente, appelé digestat. Le processus peut non seulement apporter des réponses aux problèmes de stockage des effluents d’élevage, mais également inviter à modifier les pratiques d’épandage pour apporter la fertilisation en adéquation aux besoins des cultures.

L’azote fourni par la méthanisation est sous une forme plus minéralisable avec un impact sur le rapport C/N. C’est dans l’objectif de maintenir ce rapport optimum qu’une cuma du Rhône bénéficiant de digestat teste les impacts entre les différents formes d’apports d’azote organique (lisier, digestat, digestat + compost…). L’intérêt de ces expérimentations par les agriculteurs est de valider et d’adapter les connaissances existantes par rapport à leurs systèmes de production et leurs conditions pédoclimatiques.

Echanger pour avancer

La démarche de transition agroécologique implique une évolution des systèmes d’exploitation pour répondre à des objectifs économiques, environnementaux et sociaux. Cette démarche de transition commence par un questionnement, un besoin d’évolution d’un atelier au sein de l’exploitation.

L’agro-écologie n’est donc pas un modèle transférable partout mais une recherche de pratiques diverses et en cohérence avec un contexte local. Le partage de connaissance et l’échange entre agriculteurs sont des moyens incontournables pour réaliser ce travail de recherche. Cette habitude est déjà prise au sein des collectifs cuma en travaillant sur des lieux favorables pour la transition agroécologique. Cette réflexion s’appuie sur des essais portés par les agriculteurs qui favorisent une construction et une appropriation des connaissances et permettent de trouver des réponses adaptées au contexte local : un accompagnement spécifique peut être proposé avec des formations ou dans le cadre de Giee qui financent l’investissement de l’innovation et l’animation du groupe.


Evolution réglementaire de l’épandage

transition agroécologique et autonomie : épandage et règlementation

Des tonnes à lisier équipées de pendillards: une obligation en préparation.

L’objectif de cette future loi est de limiter les émissions d’ammoniac par volatilisation lors de l’épandage. Pour cela, il faudra utiliser des pendillards ou, à défaut, enfouir les effluents en fonction de la nature et de la taille des exploitations. Le plan d’action sera précisé fin 2018 et l’échéance d’utilisation de matériel adapté est en 2025. Pour anticiper la réglementation, pensez dès aujourd’hui à vous équiper de dispositifs arrières type prédisposition. L’urée est également ciblée par cette réglementation : prévoyez une substitution par de l’ammonitrate, l’utilisation d’un inhibiteur d’uréase ou encore un enfouissement de l’urée.


Cuma des 4 Saisons: des sols vivants pour plus d’autonomie

Transition agroécologique : la cuma des 4 Saisons cherche l'autonomie

Faire évoluer son sol dans le bon sens, un travail de longue haleine.

Dans le Rhône, au sein de la cuma des 4 Saisons, la gestion de la matière organique est travaillée en fonction du rapport C/N. Le méthaniseur, à proximité, fournit un digestat avec un C/N plus faible que celui du lisier ou du fumier. Pour retrouver un équilibre sans perturber l’autonomie des exploitations, il faut apporter de la matière organique dans les sols. Au fil des rencontres et des échanges, les membres du groupe construisent leur propre analyse et des pistes sont envisagées avec une utilisation des bordures de parcelles (en litière animale, en couverture des sols…) en complément de l’apport de digestat. Ce cycle de formations, d’essais mis en place par les agriculteurs et accompagné par des structures comme l’Isara Lyon, d’échanges entre eux vont induire les choix les mieux adaptés à leurs systèmes d’exploitations.


Cuma de Terragr’eau: une nouvelle dynamique de groupe

En Haute-Savoie, des agriculteurs dans la zone d’Evian sont théoriquement autonomes en matière organique mais ont une capacité de stockage de 4 mois (recommandé 6 mois). Ainsi, des vidages de cuves se faisaient à l’automne mais avec un besoin d’acheter de l’azote minéral pour compléter les apports sur les cultures. Avec Evian et la communauté de communes, un méthaniseur est construit en 2015 : il gère le stockage après la méthanisation. Ainsi, le collectif d’agriculteur a retrouvé l’autonomie complète en matière organique. Au-delà de cette autonomie retrouvée, le projet a créé une dynamique sur le territoire avec 40 agriculteurs et la création d’une cuma en 2016. Comme le dit le président, « on parle de choses qu’on n’avait pas l’habitude d’aborder ensemble ».

Par Anne-Claire Kubala
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