Des agriculteurs moins nombreux mais davantage en cuma

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Des agriculteurs moins nombreux mais davantage en cuma

Moins d'agriculteurs, mais plus engagés dans les cuma: ""Cela traduit l'attractivité de l'approche collective à travers l'accès à des matériels performants, et l'organisation du travail," analyse de directeur de la fdcuma Béarn Landes Pays basque.

En secteurs Béarn-Landes-Pays basque, les fédérations départementales de cuma ont fusionné il y 10 ans. Aujourd'hui, le réseau des cuma des départements des Landes et des Pyrénées-Atlantiques bénéficie d'une fédération particulièrement dynamique et bien dotée en compétences.

Les cuma des secteurs Béarn-Landes-Pays basque sont épaulées « par 23 agriculteurs-administrateur et 36 salariés », a souligné le président de la fédération dite « 640 », Fabrice Casteraa lors de l’assemblée générale de la structure en février, à Hagetmau (40). « Nous sommes toujours en veille pour faire coïncider le terrain et les messages des cuma. Vos interventions nous aident à faire remonter les messages aux pouvoirs publics », a-t-il tenu à souligner.

381 cuma dans le secteur Béarn-Landes-Pays basque

Cette présence forte qui vient soutenir la dynamique des cuma, bien ancrée dans le secteur, avec 381 cuma implantées dans les deux départements (220 dans les Landes et 161 dans les Pyrénées-Atlantiques).

Le directeur de la fédération, Richard Finot, a résumé les faits marquants, dans une atmosphère résolument optimiste: « L’année 2023 a à nouveau confirmé l’accélération de la redéfinition du maillage territorial des cuma adhérentes. Avec des dissolutions, des rapprochements et fusions, mais également la création de deux nouvelles cuma », a-t-il pointé.

Beaucoup d’investissements malgré la complexité du PCAE

Autre grande tendance: « L’année a aussi été marquée par un niveau d’investissement resté très élevé dans nos cuma. Ce malgré un dispositif d’aides régionales (le PCAE) devenu compliqué à activer pour cette nouvelle mouture. Et certainement moins incitatif ».

« Malgré tout, le premier déclencheur de ces investissements est une demande croissante des agriculteurs. Ce pour des équipements souvent en lien avec l’évolution des pratiques agricoles et des systèmes de production. Mais également via l’arrivée de nouveaux adhérents dans les cuma », a-t-il noté.

Effectivement, le taux de pénétration des agriculteurs dans les cuma continue de progresser dans les deux départements, « et ce malgré une démographie agricole en chute », a tenu à souligner Richard Finot. « Cela traduit l’attractivité de l’approche collective à travers l’accès à des matériels performants, et l’organisation du travail. »

Mais aussi, a-t-il  noté, pragmatique, « l’incapacité d’une partie grandissante des agriculteurs à renouveler individuellement leurs matériels ». Conséquence: une augmentation très significative du chiffre d’affaires des cuma du territoire « 640 », Béarn-Landes-Pays basque.

« Je ne sais pas où on va. Mais ensemble, ça sera mieux »

Philippe Frachou, co-président de la Fédération des cuma Béarn Landes Pays basque, et éleveur au Pays basque, a également apporté un témoignage inspirant.

« Il y a 10 ans, j’ai fait un tour de France pour savoir si je voulais continuer l’agriculture. J’ai pu redécouvrir mon activité grâce au réseau cuma. Aujourd’hui, j’ai les mêmes problèmes que tout le monde, mais je suis heureux de faire mon métier. Je ne sais pas trop où on va, mais il me semble que si on le fait ensemble, ça sera mieux. »

Fabrice Casteraa, le président de la Fédération des cuma Béarn-Landes-Pays basque, s’est pour sa part emparé du sujet de la main-d’œuvre: « Les exploitations évoluent. À nous de réinventer les cuma autour du service complet, de faire évoluer les mentalités. Les exploitations se concentrent sur certains ateliers. Et les coûts de l’emploi partagé ne sont rien par rapport au service apporté. »

Des emplois partagés à la clé

Les cuma adhérentes à la fédération « 640 » emploient 111 CDI (contre 105 en 2022), dont 6 apprentis. « Il est à noter que très peu de cuma ont à ce jour activé la création d’une activité « groupement d’employeurs », alors qu’il s’agit d’une forme simple à mettre en œuvre pour partager un emploi entre adhérents et s’initier à la fonction d’employeurs. »

La fédération a d’ailleurs créé un groupement d’employeurs « prêt à l’emploi », le groupement d’employeurs « Maison des cuma », qui propose aux responsables de cuma les services de 6 secrétaires-comptables et de 4 chauffeurs de machines agricoles.

Passe d’armes sur les subventions… et les prix des matériels

Le directeur de la Fédération des cuma Béarn-Landes-Pays basque, Richard Finot, a souligné, témoignages à l’appui, la difficulté des groupes à accéder au nouveau système de subventions Région/Europe. Ce PCAE, dont les critères sont négociés mais tranchés par la Région, a selon lui subi des « coups de gouvernail en cours de route » qui ont tué des projets dans l’œuf.

Maryline Beyris, agricultrice, cumiste et conseillère régionale, a reconnu des problèmes sur le système de notation des dossiers (« scoring »). Mais aussi les perturbations engendrées par les très fortes hausses des coûts des matériels agricoles, estimées à « +30% en 2 ans » (une estimation conforme à celles des experts de l’agroéquipement).

« On veut aider les cuma au maximum, mais on doit faire des choix. Avec ces hausses, on ne peut pas suivre et valoriser aux mêmes taux qu’auparavant. Il faudrait aussi que les cuma touchent davantage d’agriculteurs », a-t-elle souligné. Et de conclure: « Nous aimerions que les subventions aillent aux agriculteurs et pas aux concessionnaires. »

Fabrice Casteraa, président de la Fédération des cuma Landes-Béarn-Pays basque: « Les charges de mécanisation, c’est le fer de lance de notre action en tant que fédération de cuma. On sait que les coûts des matériels s’envolent. Qui capte? Certains agriculteurs se lancent dans des achats hasardeux -en s’appuyant sur la fiscalité…-. Quand tout va bien, tant mieux, mais c’est très dangereux avec des années irrégulières. Ce qui est le cas dans le contexte de changement climatique que nous affrontons. Nous accompagnons tous les types de projets pour connaître l’impact des investissements sur les trésoreries. »

L’ assemblée générale de la Fédération des cuma Béarn-Landes-Pays basque s’est terminée par une table ronde qui a prouvé la vitalité des initiatives et de la réflexion, sur le thème de la transmission des exploitations agricoles.

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