Des limites à l’assurance récolte

Malgré la multiplication des sinistres, l’assurance récolte multirisques climatique est encore assez répandue. Cette option est jugée coûteuse.

Malgré la multiplication des sinistres, l’assurance multirisques climatique est encore assez peu répandue. Option coûteuse dans un contexte économique difficile.

La multiplication des épisodes climatiques défavorables (sécheresse, inondations, gel, orages de grêle localisés, etc.) affecte de nombreuses exploitations agricoles. Pour gérer ces risques, il est possible de souscrire une assurance climatique des récoltes. Les contrats commercialisés concernent essentiellement les céréales, légumes, viticulture et arboriculture…

Pour Pierre Fabre expert agricole au groupe Saretec (conseil en assurances), l’intérêt de souscrire un tel contrat doit bien être évalué préalablement. S’agissant de l’arboriculture par exemple qui génère un chiffre d’affaires important par hectare, ne serait-il pas préférable d’installer des filets anti-grêle, plutôt que de payer tous les ans une prime élevée d’assurance? En matière de couverture de risques climatiques, c’est globalement tout le système d’exploitation qui est questionné. Ainsi, au lieu de souscrire une assurance de ce type, certains agriculteurs vont plutôt choisir de revoir leur assolement, diversifier les cultures pour moins exposer l’exploitation.

Situation à risques

Certaines cultures sont particulièrement sujettes aux risques climatiques. D’après Pierre Fabre, le colza par exemple fait partie de cette catégorie. Pour certaines productions sous contrat à forte valeur ajoutée, la souscription d’une assurance récolte est quasiment systématique. Citons le maïs semence.
Certaines zones plus que d’autres, sont touchées par ces épisodes violents. Ainsi, la zone Cognac a été touchée deux années consécutives par la grêle. Ce qui a compromis la récolte de raisins dans de nombreuses parcelles. Ce taux de sinistralité a pour conséquence d’impacter les tarifs proposés par les compagnies d’assurances.

Notons la présence, aux côtés des assureurs agricoles les plus connus (Groupama, Pacifica…), de nouveaux acteurs qui font évoluer le marché selon Pierre Fabre. Que ce soit en termes de prix ou de garanties.

Différents freins

Si l’assurance récolte peine à décoller, c’est en raison de facteurs multiples :

  • Une certaine complexité du dispositif d’abord: trois niveaux de garanties (socle, garanties complémentaires optionnelles, garanties optionnelles) et deux types de contrats subventionnables (par groupe de cultures ou à l’exploitation) existent. Avec des exigences particulières en fonction du type de contrat. Ainsi pour l’assurance récolte à la culture, toute la culture doit être assurée (pas uniquement quelques parcelles) et 70% de l’assolement doivent être couverts. Alors que pour les contrats assurance récolte à l’exploitation, le principe de compensation entre cultures peut compromettre le remboursement…
  • Des niveaux de remboursement, jugés insuffisants. Les seuils de déclenchement (30% ou plus) ou les niveaux de franchise (part du dommage qui reste à la charge de l’assuré et vient en déduction des dommages) sont considérés trop élevés.
  • … et des primes d’assurances assez coûteuses avec des délais de remboursement soumis au passage d’une expertise des dégâts. En contrepartie, la part subventionnée du montant de la cotisation d’assurance, ne sera versée directement à l’assuré qu’au cours de l’exercice suivant l’année de la récolte.

Démarches collectives

Certaines coopératives agricoles, comme dans le Sud-Ouest par exemple, ont négocié au bénéfice de leurs adhérents, des contrats avantageux auprès des compagnies d’assurances. Reste que ce coût assurantiel demeure une charge financière difficilement supportable pour les agriculteurs les plus fragiles économiquement. Une réalité qui interpelle une fraction du monde agricole, nostalgique d’une époque où l’Etat assumait solidairement ce rôle d’assureur, au nom de l’intérêt général.

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