L’autonomie pour tous? Des idées pour débuter et des erreurs à éviter

Elevages
Troupeau laitier au pâturage

L'herbe est un ingrédient de base pour de nombreux élevages mettant en œuvre la stratégie de l'autonomie.

02/07/2018 - 12:00

L’autonomie de son cheptel constitue un levier de progrès pour l’éleveur qui souhaite maîtriser ses charges. L’état d’esprit compte pour réussir dès les premiers pas, en évitant les faux pas. Prudence est de mise.

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Devenir autonome, «cela ne relève pas simplement du remplacement de pratiques par d’autres pratiques». La démarche consiste plutôt en «une reconception de son système avec une approche globale et économique». Romain Dieulot, animateur du réseau Civam indique: «Il ne faut pas négliger cette phase de réflexion. Le changement se fait d’abord dans la tête.» L’animateur croit néanmoins à «la révolution des petites choses» et propose quelques idées pour se lancer.

Tâter le terrain plutôt que plonger dans l’inconnu

Première idée: arrêter de mettre de l’engrais sur une prairie comprenant des légumineuses dans sa flore. Cet essai sur une petite surface vise à pouvoir observer comment elle se comporte. Ensuite, dans le but de plus compter sur la prairie, l’éleveur peut essayer de mieux valoriser ses prairies, dans un premier temps sans réduire sa récolte de maïs. «Si on parvient à fermer son silo quelque temps, alors on peut commencer à réduire le maïs.» La santé animale peut être une autre porte d’entrée. Dans ce domaine, le premier acte consiste à éviter le traitement systématique, chercher des alternatives, miser davantage sur l’observation et l’anticipation. D’une manière générale l’observation est une clé essentielle pour gérer un système herbager.

Selon les cas, la transition se fait très progressivement ou très rapidement. Attention à ne pas aller trop vite néanmoins et surtout, éviter de se lancer seul! «S’entourer d’un collectif est toujours cité comme une clé de réussite, constate Romain Dieulot. Le groupe est un moyen de confronter ses pratiques et de se rassurer.»

La fragrance de l’autonomie attise l’intérêt de votre élevage? Un des bons moyens d’y succomber est de ne pas se lancer seul.

L’autonomie jusqu’au-boutiste n’est pas toujours le meilleur calcul. Il vaut parfois mieux acheter un peu de paille ou de fourrage à un voisin. «Je me souviens d’un éleveur qui avait préféré décapitaliser son troupeau allaitant plutôt que d’acheter du fourrage. Il avait ainsi résolu son problème de déficit fourrager et récupéré de la trésorerie. Mais il s’en était ensuite mordu les doigts car il avait mis du temps à reconstituer le potentiel de son troupeau.» Enfin, si l’autonomie est basée sur la baisse des achats et donc des charges, il ne faut pas oublier la valorisation des produits.

L’autonomie est au cœur du dernier numéro spécial élevage d’Entraid, à retrouver ici.

Nathalie Tiers
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