Bourgogne: des litières en bois déchiqueté, haies alors ?

La frcuma Bourgogne – antenne Nièvre - participe avec la chambre d’agriculture à une expérimentation autour de l’utilisation de bois déchiqueté pour les litières, à la place de la paille. Le 9 décembre, à St Seine (58), les premiers résultats ont été présentés au gaec d’Azy. Une vingtaine de personnes ont participé.

Dans la Nièvre l'exploitation des haies hautes pour la fabrication de plaquettes de bois permet de gagner en autonomie sur les exploitations d'élevage allaitant

Avec ses 270ha et 40km de haies bocagères, le gaec d’Azy expérimente depuis 2 ans la litière bois plaquette en substitution partielle de la paille. Les haies, composantes essentielles de nos régions d’élevage, n’ont plus à démontrer leur intérêt: délimitation du parcellaire, production de bois, protection des eaux et du sol, corridor écologique et source de biodiversité, zone ombragée en période de forte chaleur.

Au-delà de ces aspects, les haies hautes peuvent aussi être une source de revenu importante pour l’exploitation et demandent moins d’entretien que les haies basses du fait des strates de hauteur différente qui limitent les essences arbustives comme les ronces, les épines ou encore les sureaux. «Au bout de 20 ans, on aura gagné 60% de temps à l’entretien et 40% de carburant», indique Etienne Bourgy de la chambre d’agriculture de la Nièvre.

Pour valoriser le bois, il est nécessaire d’obtenir des grumes de 30cm de diamètre. «Le bois d’aulne est l’arbre de bois déchiqueté par excellence qui peut être utilisé en chauffage mais aussi en litière animale», précise Benjamin Pinel de la fdcuma. Grâce aux valeurs d’accroissement des essences du bocage, le gaec d’Azy peut prélever un volume mobilisable durable annuel de 212 mètres cubes apparent plaquette (MAP), soit 53 tonnes/an équivalent paille permettant de retrouver une autonomie.

«Vive la litière au bois»

«Les années de sécheresse ont impulsé dans la Nièvre, la réflexion de remettre en production le bocage dans les élevages bovins allaitants dépendant de la paille pour les stabulations», relate le technicien de la chambre. D’autant que cette dépendance pousse ces exploitations, éloignées des régions céréalières, à parcourir parfois jusqu’à 80km pour se fournir.

Ce paillage, épandue sur une couche de 6-8 cmpermet de garder les animaux relativement propres, même après 15 jours sans apports de litière complémentaire. En 2013-2014, le paillage de la stabulation de «la loge» demandait au gaec d’Azy une heure tous les jours à la pailleuse (car située à 1km du site). Les 3 couches de plaquettes bois ont permis un gain de temps conséquent (89heures) surtout en début d’hivernage (période de vêlages). Au total, les 69tonnes de paille non utilisées en litière mixte libéreront 17ha pour assouplir l’assolement et permettre la mise en place de légumineuses ou protéagineux pour gagner en autonomie alimentaire… et ceci grâce au linéaire de haie. En 2015-2016, la litière mixte n’aura consommé que 81,5t au lieu des 108tonnes l’année passée. En 2014-2015, 1 tonne de plaquette a remplacé 1,2 tonne de paille rendant plus efficace la litière mixte.

Côté épandage, la litière au bois ne pose pas de problème. «Contrairement aux idées reçues, elle n’est pas acide bien au contraire. Les copeaux se dégradent très rapidement à la condition qu’ils restent à la surface du sol (ne pas enfouir juste après l’épandage). En effet, la matière (copeaux ou autre!) se dégrade mal en milieu anaérobie», explique Benjamin Pinel.


BOIS-BOCAGE Nouvelle ressource en litière par extraits

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